15 vidéos live de légendes du blues acoustique

La musique blues n’a toujours pas réussi à me lasser. Elle parait répétitive pour beaucoup de monde, mais j’ai chopé le virus et je vois mal comment je pourrais me passer de cette musique. J’aime à égales mesures le blues acoustique et le blues électrique, et je voulais donc vous proposer une sélection de vidéos live de quelques artistes majeurs de ces deux pans du blues. Le live est une façon différente d’apprécier ce son si particulier et toutes ses nuances, et de mettre un visage et des mimiques sur ces noms légendaires. J’espère que vous apprécierez et que vous reviendrez pour la sélection de blues électrique !

Booker « Bukka » White – « Aberdeen Mississippi Blues » (?)

On commence avec Bukka White, redécouvert en 1961 grâce à une reprise de « Fixin’ to Die Blues » par Bob Dylan, qui pensait d’ailleurs que White était mort. Cette vidéo montre l’excellente technique (quelle main droite !) et l’attitude quasi-rock’n’roll de Bukka White, qui est par ailleurs un cousin d’un certain B.B. King.

Bessie Smith – « St. Louis Blues » (1929)

Très rare de voir la reine du jazz-blues en vidéo, qui accompagna tous les plus grands en tournée, de Louis Armstrong à Fletcher Henderson. Sa voix est absolument légendaire et n’est malheureusement pas extrêmement bien mise en avant dans cette vidéo datant, a priori, de 1929.

Big Joe Williams – « Baby Please Don’t Go » (ca 1966)

Big Joe était une bete de scène, et il eut la bonne idée de vivre jusqu’à l’âge de 72 ans et régala donc les fans de blues dans les années 60, quand tous ces vieux bluesmen ont été redécouverts. Ce morceau a été enregistré en 1935 et a été repris par à peu près tout le monde, des Stones à AC/DC en passant par les Doors et Dylan. Ce mec avait méchamment la classe, comme le démontre cette performance live.

Reverend Gary Davis – « Death Don’t Have No Mercy »

Avec « Dark Was the Night » de Blind Willie McTell, c’est la vidéo que je montre en priorité à ceux qui ne connaissent pas encore le blues. Une guitare mal accordée, un mec dans la pénombre, une voix d’outre-tombe qui chante sur la misère du monde. Musicien itinérant, pasteur baptiste, professeur de guitare, le Révérend Gary David en a mis plein la vue dans les années 60 à tout un tas de gens méconnus comme Bob Dylan, Dave Van Ronk ou Grateful Dead.

Son House – « Grinnin’ In Your Face »

Un peu comme la guitare pas super bien accordée de Blind Gary David, Son House s’en foutait pas mal d’être en rythme ou d’accorder sa guitare. Tant que l’émotion blues passe, et Son House était incroyable pour cela, c’est l’essentiel. ne passez pas à côté de « Death Letter Blues », ou de n’importe quelle vidéo live de Son House que vous pourrez trouver sur YouTube. Sa technique de slide guitar est assez fantastique.

Sonny Boy Williamson – « Keep It To Yourself »

Si vous vous demandiez si mon nom était vraiment « Williamson », et bah non. C’est un showman, il joue de l’harmonica sans les mains, échange très souvent avec son public… Comme Little Walter, il a un tempérament colérique et quitte rarement sa flasque de whisky. Il régala le public anglais pendant des années, comme pendant la performance ci-dessous.

Skip James – « Crow Jane » (1967)

Avec sa voix haut perchée, si vous ne pretez pas attention aux paroles, vous pourriez croire que c’est une chanson limite gai, mais en fait elle est plutot effrayante : « And I wanna buy me a pistol, wants me forty rounds of ball / Shoot Crow Jane, just to see her fall ». Après une session d’enregistrement où il enregistra une trentaine de morceaux (le plus souvent des reprises), il disparut de la circulation jusqu’au blues revival des années soixante.

Big Bill Broonzy – « Hey Hey » (1956)

Incroyables captation live de Big Bill Broonzy en 1956, où il fait la démonstration de son talent de guitariste, avec un jeu et une technique hors du commun à l’époque. On dirait un court-métrage d’Ingmar Bergman, et la nana qui apparaît dans les premières secondes est un peu flippante, mais cela n’enlève en rien le caractère exceptionnelle de cette vidéo.

Lonnie Johnson – « Too Late to Cry Baby » (ca 1965)

Essayez de retenir son nom, car Lonnie Johnson est probablement l’un des meilleurs guitaristes de jazz et de blues des années 20 et années 30. Après quelques succès modérés et une tournée avec Bessie Smoth, il est retombé dans l’anonymat et s’est même retrouvé concierge (la Grande Dépression est passée par là aussi). Le revival blues des sixties l’a un peu remis dans le radar du public, mais il reste peu connu. Il est cité par Django Reinhardt comme l’une des ses principales influences et il suffit de regarder cette vidéo.

Memphis Slim – « Everyday I Have the Blues »

Un peu de piano, enfin, avec Memphis Slim, grand précurseur du rock’n’roll (Jerry Lee Lewis lui doit beaucoup) qui inventa son propre style de boogie woogie, inspiré du jump blues, une forme de blues très rythmée et dansante. Il a tout explosé en 1947/1948 avec une tripotée de morceaux devenus des classiques instantanément. Il profita beaucoup du revival blues et enregistra une dizaine d’albums pendant cette période. Ce morceau n’illustra pas forcément très bien son boogie woogie, mais, en plus d’être mon morceau préféré, démontre le talent du bonhomme.

Sleepy John Estes – « Mailman Blues » (1966)

Avec Yank Rachel ici à la mandoline, Sleepy John Estes a un style de chant particulier : on dirait vraiment qu’il pleure tout le temps. Et il sonnait comme un vieillard déjà dans les années 30. Avec son style de blues très simple et puissant, il ne cessa d’enregistrer pendant soixante ans, mais est malheureusement toujours resté pauvre. Son style distinctif et sa large discographie, très accessible par ailleurs, en font un des artiste blues les plus importants.

Mississippi John Hurt – « Spike Driver’s Blues » (ca 1965)

Ah, on savait faire de la télé dans les années 60 ! Comme Sleepy John Estes, John Hurt fait du country blues (plus précisément du Piedmont blues, mais on s’en fout), ce qui explique sa présence dans l’émission de la légende folk américaine Pete Seeger. Il a un style délicat de fingerpicking très syncopé qui donne envie de dodeliner la tête en l’écoutant. C’est cette délicatesse qui fait sa particularité, et sa technique irréprochable a été très influente auprès des plus jeunes générations de musiciens blues.

Arthur « Big Boy » Crudup – « So Glad You’re Mine » (1972)

Elvis le citait comme influence et a repris son morceau « That’s All Right (Mama) », qui fut son premier gros succès. Cette vidéo représente à mon sens plutôt pas mal son style, et en sachant qu’il a été une influence d’Elvis, je ne peux m’empêcher d’imaginer ce que ce morceau donnerait en accéléré, et ouais, ce serait du rock’n’roll. Les reprises de ses morceaux par des stars (Elvis, mais aussi Elton John, Rod Stewart…) lui ont causé une tonne de problèmes de royalties qui l’ont tellement emmerdé qu’il décida d’arrêter la musique dans les années 50. Il a rendu riche un sacré paquet de monde, mais ne toucha quasiment rien.

Dr. Ross – « Feel So Good »

Le « one-man-band » Dr. Ross commenca à enregistrer dans années 50, surfa sur la vague revival blues des sixties et connu un joli succès, notamment en Europe. Il gagna aussi un Grammy en 1981 et gagna en popularité, et comme vous pouvez vous en douter en regardant cette vidéo, ses concerts étaient très prisés. Il joue un style de blues venant de Detroit, popularisé par John Lee Hooker, et se distingue par son utilisation d’un paquet d’instruments (ils ajoutaient de la basse, du piano) qui donnait une nouvelle ampleur au blues.

R.L. Burnside (1984)

J’ai découvert cette pépite en travaillant sur cet article, et c’est pour ce genre de vidéos que j’adore YouTube. Une session privée de R.L. Burnside, avec son style hypnotique si particulier, avec ce petit quelque chose de musique malienne (dans le slide, vous ne trouvez pas?) et cette voix puissante, a tapé dans l’œil de Jon Spencer qui l’invita à enregistrer avec le Blues Explosion dans les années 90. Cette session est du pur plaisir blues en boite.

Et parce que 15 vidéos n’est vraiment pas assez, voici encore une fois Eddie James « Son » House en live :

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