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Octahedron (2009)Octahedron

par The Mars Volta

Album 3 étoiles

Sortie : 23 juin 2009
Label : Mercury
Stéréotypes : Prog-rock
Liens : Site - MySpace - Acheter

Le groupe de prog-rock texan The Mars Volta sortira le 23 juin son cinquième album, successeur de The Bedlam In Goliath (2008). Le relatif succès commercial de ce dernier disque (vu la situation de l’industrie du disque, il vaut mieux prendre des pincettes) avait presque ennuyé Omar Rodriguez-Lopez, le guitariste du groupe (“We really don’t understand it at all.”), et pourtant il était largement mérité. Octahedron était présenté avant son arrivée comme un album “acoustique”, ce qui m’avait plutôt inquiétée…

J’attends toujours chaque album de The Mars Volta avec impatience, et encore plus depuis The Bedlam In Goliath qui m’a vraiment rendue fan du groupe (cf: ma chronique), après quelques disques que j’ai trouvé intéressants, mais pas détonnants. Non pas que j’en parle tous les jours à tous les gens que j’croise, mais à la moindre news du groupe de prog-rock américain. Tiens, savez-vous ce que veux dire “prog-rock” ? Littéralement, ça signifie “rock progressif”. Je trouve ce terme super-prétentieux. Les autres formes de rock sont stagnantes ou dépressives ?

Bon, mise de côté la mise en boîte énervante, j’dirais simplement que les groupes de prog-rock ont pour principale crainte de se retrouver catégoriser de “mainstream”. Les structures des chansons sont donc différentes de tout ce qui passe à la radio (pour schématiser, vu que c’est le jeu), s’inspirant du free jazz, du rock psychédélique, des improvisations en tous genres… Pas de limites, que ce soit dans les instruments utilisés, la manière dont ils sont utilisés, la longueur des chansons, etc…

The Mars Volta avait balancé un album bien énervé et carrément jouissif de bout en bout avec The Bedlam…, et Octahedron devait être leur “album acoustique” selon les propres mots de Omar Rodriguez-Lopez, le génial guitariste du groupe. Bien entendu, ce n’est pas un album acoustique du tout, mais…

… mais oui, c’est un album plus “calme” que le précédent, mais aussi moins surprenant. Il y a bien entendu quelques grosses pistes épiques pour lesquelles le groupe s’est rendu célèbre : “Cotopaxi” et “Desperate Graves” sont un condensé de tout ce que j’aime chez le groupe, la voix aïgu incroyable de Bixler-Zavala, la batterie MONS-TRUEUSE de Thomas Pridgen, qui est impressionnant et étonnant tout au long de l’album, comme d’habitude ai-je envie de dire, et la guitare de Rodriguez-Lopez qui maîtrise comme toujours son sujet. Le groupe est toujours excellent, mais… il manque quelque chose. Ce disque est - mon dieu, oserai-je ? - presque accessible. Si.

Et ça, j’aime moyen. En fait ce sont les raisons pour lesquelles ce disque est plus accessible aux “non-initiés” qui me déplaisent. Les chansons sont… eh bien ce sont des chansons, déjà. Et la voix de Bixler-Zavala est moins soluble dans des chansons quasi-pop comme “Halo of Nembutals” qui est pour le coup pas surprenante du tout. Le groupe m’avait habitué à des choses plus intéressantes, et cette chanson, même si je l’écoute avec plaisir, manque de folie, d’originalité (encore une fois, par rapport à ce à quoi ils m’avaient habitué, parce qu’une chanson pareille par un autre groupe, je ne m’agenouille pas, mais presque, ‘voyez) …

Sur ces chansons plus calmes, moins déstructurées, les talentueux musiciens du groupe distillent toujours des arrangements qu’il est impossible de retrouver chez n’importe quel groupe, mais même si Axl Rose aurait rêvé d’avoir une chanson comme “Luciforms” sur son dernier disque, je ne peux m’empêcher de me demander en écoutant “Copernicus”, “With Twilight As My Guide” et “Since We’ve Been Wrong”, où je me suis ennuyée ferme (!!!), si Octahedron peut encore être qualifié d’album de “prog-rock”. Ou alors du “prog-rock alternatif” (sic).

Sentiment très mitigé donc, même si plusieurs sortent très clairement du lot. Si vous n’avez pas encore accroché à The Mars Volta, peut-être trouverez-vous ce disque à votre goût, mais moi il me manque ce que j’avais trouvé dans le précédent : de la folie, de l’incroyable, des structures de chansons complètement dingues, un émerveillement permanent… La musique du groupe est toujours complexe, avec des arrangements mélodiques à tomber par terre, les paroles sont toujours complètement incompréhensibles pour mon plus grand plaisir, mais voilà, ce n’est pas le Mars Volta que j’aime passionnément. C’est étrange parce que si j’avais découvert ce disque avant d’écouter The Bedlam In Goliath, je l’aurais sans doute mieux apprécier. Mais connaissant les capacités du groupe, j’ai l’impression qu’ils les ont moins bien exploitées sur celui-là.

Octahedron est tout de même un très bon disque, parce que les musiciens sont géniaux et le chanteur incroyable, mais je ne peux me défaire de ce sentiment de frustration.

Votre avis ?
[ratings]
Mlle Eddie ‒ 9 juin 2009

7 commentaires

  1. Shecomesincolour , le 10 juin 2009 | #

    Je vais peut-être essayer de découvrir cet album. J’avais beaucoup aimé deloused in the comatorium et détesté amputechture (je n’ai jamais écouté les autres sinon). J’espère que le côté grandiloquent-je-te-lance-au-visage-tout-ce-que-je-sais-faire est absent du disque

    http://fr.ulike.net/Shecomesincolour

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  2. Aenima , le 11 juin 2009 | #

    Bonjour par ici,

    Tout d’abord, je me permets une petite dérive en préambule de mon premier commentaire. J’ai découvert le blog de Mademoiselle Eddie il y a quelques semaines, et je voulais saluer autant la qualité du choix que du fond de ses chroniques.

    Pour en revenir à The Mars Volta, je les ai connus dès leur premier album, et donc mon avis différa peut-être un peu de ceux qui l’ont découvert récemment.
    Le rythme plutôt effréné du groupe en matière de sortie d’albums (jugez plutôt, 5 albums en 6 ans ! sans compter les side-projects d’Omar Rodriguez) ont fini par émousser quelques peu la créativité du groupe, qui pour ma part, à fait un quasi sans-faute jusqu’à “Amputechure”, album de la maturité du groupe, et sans doute le plus homogène.The Mars Volta a toujours été difficilement accessible, tant le groupe aime rompre avec les standards et repousser les barrières psychédéliques à coups d’effets en tout genre, de breaks explosifs, d’influences diverses (influences plutôt métal sur “De loused in comatorium”, sonorités latines sur “Frances to Mute”,etc.). Ce foisonnement musical nécessite de multiples écoutes pour en saisir la substance. Beaucoup décrochent faute de ne pas avoir eu le courage d’écouter suffisamment longtemps les albums (dont l’écoute répétitive finit par magnifier certains enchainements et révéler une certaine addiction) et je peux les comprendre. Cette débauche d’énergie peut en fatiguer plus d’un, jugeant ces compositions trop chaotiques et brouillons. Pourtant, en ce qui me concerne, les albums les moins accessibles (avec un potentiel créatif très important)ont toujours été ceux qui sont restés le plus longtemps sur ma platine.

    Bon, revenons en à nos mouflons,j’avoue qu’après le déluge sonore de Amputechture (et notamment ses excellents passages cuivrés free-jazz), après la finesse du jeu de l’ex-batteur John Théodore, j’ai été nettement moins emballé par “The Bedlam in Goliath” (bien que toute la mythologie et le contexte de l’album s’avérait très prometteur et alléchant), qui m’est apparu moins ambitieux et moins innovant que les précédents opus. De plus, le concert auquel j’ai assisté, qui marquait la tournée de l’album, n’a pas été à la hauteur de mes attentes. Enfin, je ne voudrais pas bouder le plaisir de certains, et The Mars Volta reste un des groupes contemporains les plus intéressants (mélange de rock prog seventies et de sonorités modernes),mais je vous conseille, si ce n’est déja fait, de vous pencher en premier lieu sur “De Loused in the Comatorium”, “Frances the Mute” (malgrès quelques passages minimalistes trés dispensables) et “Amputechture” (et ses Tetragrammaton”, “Viscera Eyes” et “Day of the Baphomets” qui font déja figure de classiques).

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  3. tympan , le 14 juin 2009 | #

    Bonjour, pas vraiment d’accord avec cette critique, mais comme on dit les avis c’est comme les trous du cul, tout le monde en a un :)
    Je trouve cette album plein d’émotion, de finesse et de grace, l’un de leur meilleur album à mon gout, beaucoup moins intense de TBIG mais beaucoup plus mélodique et catchy.
    On pourait même appeler ça un album pop rock, mais dans le bon sens du terme.
    TBIG c’est du lourd mais ça manque de finesse et de simplicitée pour moi, cet album est génial mais ça manque litteralement d’âme émotionelle que porte se groupe depuis leur début, c’est pour cette raison que TBIG et l’album que j’aime le moins. je préfere amputhecture dans le style chaotique car il reste parsemé de grace et de psychedelisme divin.
    Mais TBIG reste pour moi le meilleur album de l’année 2008, en fait à chaque fois que TMV sortent un album il devient l’album de l’année c’est pas compliqué.
    Pour en revenir à Octa. à la première écoute j’ai étais dérangé par le côté mellow et pop de cet opus, mais au bout de quelques écoutes je le trouve fabuleux, l’escence même de la sensibilitée et de l’émotion du groupe, malgrés ça “simplicitée” (qui ne l’est pas vraiment) des morceaux laissent prédir des passages épiques en live, les envolées lyriques et la folie de Pridgen donnent à la grace une fureur vicerale qui fait partie des aspects originels du groupe.
    Un album fin, qui se digère comme de la gastrinomie de grand restaurateurs étoilés, et qui relaxe comme un bain moussant au milieu des nuages.
    A écouter avec un son de bonne qualitée, au casque et dans le noir, et comme tout leurs albums si on arrive à se plonger dedant c’est un voyage interstellaire assuré.

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  4. Flonou , le 29 juin 2009 | #

    Je comprend parfaitement cette critique même si je ne suis pas d’accord (eh oui sinon c’est pas drôle :) )

    Pour moi j’ai au contraire retrouvé mes premières amours avec TMV dans cet album, cet espèce de côté led zep qui est omniprésent dans de-loused (je reste persuadé que led zep aurait fait le même album que ce premier TMV s’ils avaient toujours existé).

    Alors oui l’album est accessible, c’est l’occasion d’enroller des gens :) j’écoute ce disque en boucle depuis 3 jours et il a vraiment réussit à réveiller cette mélancolie qui dormait en moi en attente du groupe qui la réveillera à nouveau (je suis de plus en plus difficile sur ce point alors autant dire que là même si ça parait tout banal, ils ont fait fort).

    Sinon bah bonne continuation :)

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  5. leox , le 8 juillet 2009 | #

    facile tout ca !!!j’aime bien critiquer mais sans oublié le respect !bande de fion , j’aime bcp le dernier albume, il est sublime le travaille reste impressionant ; c leurs music laissé les exprimer ce quils veulent comme ils le veulent ,meme si ils sont plus calme§ mettez vous au boulot si vous trouvé que vous pouvé mieu faire…enfin bon il est vraiment super les melodies , les paroles …bref c du mars volta et je connai bien!serieu

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  6. SimaPang , le 11 juillet 2009 | #

    Hm…

    Etant fan de The Mars Volta depuis quelques temps déjà, de leur EP “The Tremulant” (d’une vraie qualité, qui ne se souvient pas de Concertina surtout sur le CD live Scabdates) à Amputechture (Mecchamputecture, Tetragrammaton, Day of the Baphomets, Asilos Magdalena - qui pour le coup était vraiment acsoutique)… Je trouve que c’était plutôt The Bedlam in Goliath qui était clairement l’album le moins réussi.

    Outre le remplacement de Jon Theodore (ce batteur est juste incroyable tant il manie et mélange les registres à sa guise), il était bien trop brouillon pour le coup. On ne peut pas parler de folie artistique, vu que c’est ce qu’on avait déjà dans une envergure titanesque dans les deux albums précédents et les albums de Omar Rodriguez Lopez. Ou bien, TBIG était de la folie un peu trop folle - avec moins d’intérêt pour coup, chacun le dira comme il le souhaitera. Là à part quelques morceaux pas mal, la majorité était bien trop décousue et métal en fait. Ca ne sonnait plus The Mars Volta, ça sonnait juste bruyant, fou, psychédélique… Et bien trop bruyant.
    De la finesse, de la mélodie, le tout mélangé à une folie solaire… Non, à part quelques morceaux, c’était mission impossible pour en trouver.
    En gros, sans quelques riffs et la voix, l’album aurait pu être fait par un autre groupe.
    At the Drive in - l’ancêtre de TMV - avait même de meilleurs morceaux dans l’genre, c’est dire.

    Enfin, revenons en à ce nouvel album.
    Alors oui, il est plus soft, il est moins bourré à la Vodka, mais il n’en reste pas moins meilleur que Bedlam in Goliath. Sans atteindre la qualité des albums d’avant, il s’en rapproche, et ferait presque oublier la semi déception de TBDI.
    Un bon album donc.

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  7. Bisounours , le 30 décembre 2009 | #

    Arretons de nous prendre la tete, The Mars Volta est juste un groupe énorme qui n’a fourni que des bon cd. Ils ont en plus le luxe de changer (plus ou moins) d’esprit à chaque fois. Enfin de compte peut etre que ça que n’aime pas les gens… le changement.

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