
On reste dans le blues-rock avec les Black Keys et l’un des albums que j’ai le plus écouté ces deux derniers mois : Attack & Release. Comme tous les groupes de blues-rock, ils sont souvent comparés aux White Stripes qui ont popularisé le genre avec brio, il faut bien le dire. Les Black Keys font aussi partie de cette mouvance bizarre qui consiste à être dans un groupe de rock dont le nom commence par « Black ». Vous avez remarqué ? Black Keys, Black Kids, Black Rebel Motorcycle Club, Black Mountain, Black Angels… Ce serait en opposition au groupe précédemment cité que ça ne m’étonnerait pas…
Non bien sûr. Le nom des Black Keys vient d’un de leurs amis souffrant de schizophrénie et appelant les gens qui ne sont pas « quite right », pas très « normaux », des Black keys. Pas très joyeux. Ce qui est intéressant c’est que les black keys sont sur un piano les touches qui comprennent une gamme souvent associée au blues-rock (la gamme pentatonique mineure qu’elle s’appelle, ne m’en demandez pas plus, je n’y connais rien). La musique des Black Keys est moins électrifiée et oppressante que celles des 22-20s dont je vous parlais hier. L’album Attack & Release devait à l’origine être un projet entre le duo de l’Ohio et Ike Turner, pionnier du rock & roll, génie du R&B etc., mais la mort de ce dernier a laissé les Black Kids avec un projet semi-fini et des tas de chansons à perfectionner sans Turner. De là est né Attack & Release, cinquième opus du duo, produit par un des producteurs les plus productifs du moment : Danger Mouse.
Concrètement, la musique des Black Keys est considérablement influencée par celle du Delta Blues, le delta du Mississippi, où est né le blues, schématiquement. Ce blues-rock est teinté de psychédélisme et de folk (ça m’a fait penser aux Cold War Kids, dont je vous reparlerais plus que sûrement), c’est plus que flagrant sur « Remember When (Side A) » (alors que « Remember When (Side B) » est beaucoup plus rock, beaucoup plus whitestripesque, si vous voyez c’que j’veux dire). Alors que le blues traditionnel se joue sur une guitare (souvent en mauvais état), le blues-rock des Black Keys est surprenant, divers, on entendu des flûtes, des xylophones… Ces petites touches donnent une autre dimension aux chansons, on arrive presque à penser à Tom Waits en écoutant « So He Won’t Break » ! L’album est éclectique, ce qui est une belle réussite pour un groupe qui a déjà 4 albums de blues-rock derrière lui et qui aurait pu se heurter à un mur créatif. C’est sans doute le génie de Danger Mouse d’avoir su orienter les Black Keys vers des sentiers un peu plus escarpés mais au final Attack & Release se révèle être un vrai bijou bluesy et un second souffle pour le groupe qui nous a sorti un des albums de l’année, pas de doute à ce sujet. Qui dit blues dit mélancolie, nostalgie, « Things Ain’t Like They Used To Be », « Lies », « Remember When », les titres parlent d’eux-mêmes !
Mon groupe préféré de blues-rock vient de changer de nom.
9,1/10
Encore une fois, tout l’album est sur Deezer à cette adresse. Il est génial ce site quand même. Voilà aussi leur MySpace. Je vous propose 4 des 11 chansons que comporte l’album, mes préférées : « I Got Mine », « So He Won’t Break » (tomwaitsien), « Lies » et « Things Ain’t Like They Used To Be ».
Ils sont en tournée, mais aucune date n’est prévue en France pour le moment, et jusqu’en décembre..
Eddie ‒ 5 juillet 2008