
Intimacy (LP)
par Bloc Party
Vice – 2008

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Difficile d’avoir plus de doutes sur la qualité d’un album que lors de la sortie – sur Internet – du nouvel album des Londoniens de Bloc Party, sobrement intitulé Intimacy. Le succès légitime de Silent Alarm, l’album des débuts pour la bande de Kele Okereke et qui s’était très rapidement imposé comme un des meilleurs albums indie-rock de 2005, recueillant les suffrages de toute la presse musicale, avait fait peser sur le groupe de nombreuses attentes quant à leur second album, A Weekend In The City, beaucoup moins excitant que le premier, dans lequel les Anglais ont essayé d’approfondir leur style, de le rendre plus imposant, sans vraiment y arriver. Ce troisième album est celui de la rupture.
Le premier extrait de Intimacy avait confirmé les doutes de beaucoup sur la nature de l’album. L’ayant – virtuellement – en mains, je peux vous dire que « Mercury »[1. Tapez 'Mercury' dans la recherche en haut de page] est la chanson la moins réussie de l’album, trop répétitive, mal de tête assuré, paroles plus ou moins stupides… Elle avait au moins eu le mérite de nous prévenir : l’orientation de cet album va nous surprendre. Si vous en étiez restés à Silent Alarm, attendez-vous à être choqués. Si vous aviez aimé A Weekend In The City - bravo – vous observerez une certaine continuité dans l’évolution musicale de Kele Okereke, le leader du groupe dont c’est l’intimité qui est révélée dans les paroles de l’album – les ruptures amoureuses sont toujours, toujours sujettes à l’écriture.
Carrément orienté dance, Intimacy est, de l’avis même du très timide Kele – mais qui se transforme en bête de scène à chaque concert -, destiné à faire danser, et non à l’immersion musicale tranquille au fond de son canapé. Si les paroles sont introverties – et pas super intéressantes -, la musique envoie méchamment l’bois. « Mercury » est à oublier. C’est comme un mauvais trip. On l’écoute une fois, on a envie de la réécouter pour être bien sûr de ce qu’on a entendu, on a du mal à se faire un avis, on la réécoute une troisième fois, on commence à sentir vibrer son oreille interne, on ne comprend toujours pas à quoi on a affaire, et avant même que l’on s’en aperçoive, on a envie de s’exiler au fin fond d’une caverne afghane. J’exagère à peine.
Heureusement le reste vaut les 4E que j’accorde volontiers à cet album au moment où Thierry Henry marque contre la Serbie (22:11). N’allez pas croire les critiques qui vous diront que cet album est en demi-teinte, un album de transition, non, c’est un putain d’album, une rupture réussie, peaufinée depuis 2007 et qui est parachevée par cet opus dont plusieurs pistes sont du niveau d’un « Banquet » dans un style complètement différent.
Il vous faudra peut-être écouter plusieurs fois cet album pour vous remettre du changement. Je dois avouer qu’à la première écoute, j’ai été plutôt interloquée, et au fur et à mesure des écoutes, chaque piste s’est révélée plus puissante, la voix Kele Okereke n’ayant jamais été aussi belle notamment sur « Biko » et « Zephyrus » qui sont juste magnifiques. D’autres perles se cachent sur cet album d’un des groupes anglais les plus talentueux de la décennie, et sûrement le meilleur album de « dance-punk » que j’ai entendu, à renvoyer les Black Kids sur les bancs de l’école.

Les deux extraits que je vous présente ne sont pas mes préférés mais montrent très bien les 2 facettes d’Intimacy et, indubitablement, sa qualité. Et Nicolas Anelka marque le deuxième but à cet instant (22:21), c’est beau.
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Tracklist (love) : 1. Ares | 2. Mercury | 3. Halo | 4. Biko | 5. Trojan Horse | 6. Signs | 7. One Month Off | 8. Zephyrus | 9. Talons (single) | 10. Better Than Heaven | 11. Ion Square
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Eddie Williamson ‒ 10 septembre 2008