
In The Future
par Black Mountain
Jagjaguwar – 2008

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Depuis que j’ai découvert cet album, quelque chose comme 3 mois après sa sortie en janvier de cette année, il n’a pas quitté mon iPod, et ça les enfants, c’est quelque chose, parce que même les Stooges ont connu des va-et-vient, mais le In The Future, second album des Canadiens de Black Mountain, non, ils ont trouvé leur place et ne l’ont pas lâchée. Ce disque est monstrueusement bon, ambitieux et démesuré, un vrai album de rock. Pas du pop-rock, du garage-rock, du glam-rock, du hard-rock, du punk-rock, non, du bon gros rock de derrière les fagots qui vous met sur le cul dès les premières secondes.
Je n’aime pas Muse, Matt Bellamy m’énerve, je n’arrive pas à écouter une seule de leur chanson en entier, mais je suis obligée de reconnaître qu’ils savent faire du rock, et qu’ils ont de l’ambition, qu’ils n’ont pas peur d’aller dans la démesure, que ce soit sur disque, ou en concert. Ceci étant dit, je n’aime pas Muse.
Le rock de ces 5 Canadiens est tout aussi démesuré, dénué de complexes, de timidité, il est nourri par le rock des seventies, par Led Zeppelin, King Crimson, le Velvet Underground et Bruce Springsteen. J’ai envie de sortir toutes les expressions éculées du genre : « ils envoient le bois », « ils poutrent grave » et autres métaphores buissonières, mais je vais essayer de reprendre mes esprits. Il faut me comprendre : quand j’écris une chronique, j’écoute l’album en même temps, et ce In The Future contient des bombes nucléaires qui arrivent arrivent à couper toutes les connexions de mon cortex cérébral en un seul riff gigantesque de guitare comme dans « Queens Will Play » qui a l’art de me faire hérisser les poils sur les bras, tout comme les trois-quarts du disque en fait. Cette chanson me permet de vous évoquer la voix de Amber Webber, seule fille du groupe, dont la voix est absolument sublime, épique, dramatique, incroyable.
Ambition, c’est le mot qui domine toutes les critiques que j’ai pu lire, qu’elles soient positives ou négatives. Oui, ils ont de l’ambition, ils envoient le bois et poutrent grave, balancent des sons caverneux, démentiels, futuristes, contrastant forcément avec le rock mollasson qu’on a pris l’habitude d’entendre. On a aussi pris la mauvaise habitude de nous étonner de la qualité des albums des grands groupes comme Motörhead ou AC/DC. Et de nous exclamer : « ça c’est du rock, du vrai ! », comme si de jeunes groupes ne pouvaient plus recréer des disques gigantesques comme un Ace of Spades, Back in Black, le IV de Led Zep ou le Sticky Fingers des Stones. Et bien ce sont des Canadiens qui nous remettent en place avec ce In The Future qui vous pète à la tronche dès « Stormy High », vous donne le temps de rabaisser votre rythme cardiaque avec « Angels », et vous achève avec « Tyrants », chef-d’oeuvre de l’album, oscillant entre des moments très calmes et des envolées guitaristiques à vous dresser les cheveux sur la tête.
Et on en est qu’à la troisième piste. Sur l’hypnotique et groovy « Wucan », le chanteur et leader du groupe Stephen McBean souffre d’une crise aïgue de coldplayite qui ne gâche en rien la chanson. Les harmonies vocales du très folkeux « Stay Free » (qui figure sur la magnifique bande-originale du film Spiderman 3) sont magnifiques, l’émotion dégagée rappelle ce que peut provoquer n’importe quelle chanson de Neil Young. « Wild Wind » est à part, beaucoup trop courte, très psychédélique, très britannique, très enjoyable, donc. « Evil Ways » atteint encore une fois des sommets dans la démesure, des orgues immenses, des guitares perçantes, c’est métallique, c’est grandiose, sans temps morts, un véritable mur du son qui vous arrive en plein dessus, inévitable et magnifique.
In The Future est un disque majestueux, heavy dans tous les sens du terme et qui tient la dragée haute à tous les classiques rock. Tout simplement impressionnant. Et croyez-le ou non, mais leur premier album éponyme est presque aussi bon. Black Mountain est un grand, très grand groupe.
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Eddie Williamson ‒ 31 octobre 2008