par Danger Mouse & Sparklehorse
Aucun accord n’a encore été trouvé avec EMI pour pouvoir sortir ce Dark Night of the Soul en bonne et dûe forme. Déplorant ce problème, Danger Mouse et Sparklehorse ont décidé de sortir eux-mêmes l’album, en proposant à chacun d’aller sur le site du projet acheter le livre de photos de David Lynch accompagnant l’album et un CD-R vierge. Le message étant apparemment : “on emmerde EMI, téléchargez notre album et gravez-le.” Il y a toujours un espoir pour que l’album sorte physiquement un jour, mais bon sang quel gâchis de la part d’EMI. Mais surtout quel chef-d’oeuvre.
Sortie : mai 2009
Label : auto-produit
Stéréotypes : Rock, Folk
Liens : Site - Ecouter - Téléchargement
Dark Night of the Soul c’est d’abord un texte mystique écrit au 16ème siècle par Saint Jean de La Croix, un carmélite espagnol qui a voulu décrire une période de sa vie spirituelle et slon lui une période que traversent tous les croyants pour atteindre l’union divine. Bref, la nuit obscure est devenue une métaphore de la solitude, du chagrin, du doute…
Dark Night of the Soul c’est ensuite un album initié par le producteur new-yorkais Danger Mouse (Gnarls Barkley, Gorillaz) et du poète, compositeur et génial mélodiste Mark Linkous, aka Sparklehorse. Monsieur David Lynch fait aussi partie du projet : il chante sur “Dark Night of the Soul” et a réalisé un livre de photographies influencées par la musique créée par Danger Mouse et Sparklehorse. Une exposition a également lieu jusqu’au 11 juillet à Los Angeles. L’ombre de l’étrange bonhomme a sans doute régné sur l’enregistrement de ce disque…
En fait j’essaye de comprendre comment se fait-il que ce soit aussi bon, comment l’alchimie s’est-elle faite… Dark Night of the Soul est un album collaboratif, rempli d’invités prestigieux. Cette simple phrase a l’art de faire peur. Comment concilier les egos de chacun pour réussir un disque cohérent et intéressant pour tous ?
Pourtant les faits sont là, cet album est un chef-d’oeuvre. Un peu comme si un jour au McDo on vous amenait un hamburger qui ressemble vraiment à la photo de la publicité. Ok, l’analogie est à chier, j’ai pris la première qui m’est venue, mais vous avez saisi l’idée. Sur le papier, tout semblait absolument incroyable. Danger Mouse, Sparkehorse, David Lynch, Iggy Pop, Black Francis, Julian Casablancas, les Flaming Lips et d’autres énormes talents du rock se réunissant, ça de quoi faire frémir, non ?
Comme le texte de Saint Jean de La Croix, les paroles de Mark Linkous donnent à réfléchir sur soi-même. Elles décrivent une certain idée de la condition humaine, sombre, à la limite du désespoir… Mark Linkous est la vraie star ici. Danger Mouse fait un super boulot de production, les invité(e)s sont au top de leurs capacités et toutes leurs qualités vous exploseront aux cages à miel, mais Linkous impressionne par ces textes empathiques (j’aurais tout autant pu dire dépressifs, autant vous prévenir) et ces petites mélodies magnifiées par son comparse Danger Mouse. Je me demandais ci-dessus si Lynch avait été le catalyseur de ce projet, mais non, c’est Linkous. J’imagine assez bien la réaction de chacun des invités à la découverte des paroles, à l’écoute de la musique… “Ok, là il faut vraiment pas que j’foire”.
L’album se divise en 4 parties (folk - punk/rock - psyché - country/folk/Lynch) assez distinctes et elles sont toutes aussi intéressantes.
“Revenge” ouvre le disque et me met une claque émotionnelle mémorable, au moins aussi mémorable que la première écoute de l’album de Bon Iver. Le meilleur des Flaming Lips et de Sparklehorse réuni en un peu moins de 5 minutes. La voix de Wayne Coyne est merveilleusement mis en valeur, comme d’ailleurs tous les atouts de chacun des invités. Chacun semble s’être approprié les textes de Linkous avec facilité et l’interprète sans jamais les dénaturer. Le problème des albums de ce genre, c’est qu’ils n’arrivent jamais à avoir une personnalité propre. Chaque chanson est celle de l’invité et le projet originel disparaît des esprits. Ce n’est pas le cas de Dark Night of the Soul. L’alchimie est parfaite, l’équilibre individualités/collectif est parfait. “Just War” avec Gruff Rhys (Super Furry Animals) et le merveilleux “Jaykub” avec Jason Lytle. Arrivés là, vous vous demanderez sûrement comment ça peut être meilleur.
Arrive la seconde partie plus rock avec d’abord l’excellent (je vais manquer de superlatifs dans 2 paragraphes) “Little Girl” avec le toujours aussi nonchalant Julian Casablancas qui a rarement aussi bien chanté depuis Is This It avec cette mélodie obsédante et ce solo de guitare qui a hérissé mes poils et ceux, plus nombreux, de Ju. C’est bon, c’est très bon, c’est de mieux en mieux et arrivée là je n’avais aucune idée jusqu’où ça pourrait aller. “Angel’s Harp” avec Black Francis (Pixies) est plutôt décevante par rapport à l’ensemble, je trouve qu’elle manque de subtilité.
Et puis v’là Iggy Pop. Et le relatif désespoir qui m’avait assaillie à l’écoute de son dernier album, jazzy et inspiré par Michel Houellebeck (sic et re-sic), s’est évaporé. Quelle chanson ! Quelle voix de punk crooner (et pas l’inverse) ! Ca me fout les frissons que rarement ça me les a foutu avec Iggy Pop, ça doit bien remonter à Raw Power. J’aimerais beaucoup qu’il s’inspire de cette expérience avec Danger Mouse et Sparklehorse pour son prochain disque (mieux, qu’il re-collabore avec eux !!).
La troisième partie est psychédélique, et jamais de morceaux psychédéliques ne m’ont semblé si doux à l’écoute. “Everytime I’m With You” est la deuxième grande claque émotionnelle du disque, un chef-d’oeuvre chanté par Jason Lytle qui est pour moi la grande révélation de cet album. Et ça continue… “Insane Lullaby” avec James Mercer (The Shins) qui a été parfaitement décrite par Eric Harvey de Pitchfork : “He sounds like he’s lost, but he also sounds like he’s loving it.”. C’est cacophonique au possible, et au beau milieu de ce tintamarre z’avez la voix plus splendide que jamais de Mercer. C’est magnifique.
Et ça continue avec la quatrième partie du disque où Mark Linkous s’associe au chant avec Nina Persson des Cardigans sur “Daddy’s Gone”, puis “The Man Who Played God” avec Suzanne Vega (!) avant que Vic Chesnutt et David Lynch clôture l’affaire avec une classe intemporelle, respectivement sur “Grim Augury” (sans doute le plus beau texte de l’album, qui va comme un gant au cultissime Vic Chesnutt) et “Dark Night of the Soul”. La classe. La super-méga-classe américaine. Je me lève et j’applaudis.
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10 commentaires
Hello
Aurais-tu le lien d’un site sur lequel nous puissions trouver les paroles ?
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Non, malheureusement ; et elles ne sont pas non plus dans le book photo de Lynch. Mais c’est une bonne occasion de bosser ton anglais :-p
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J’en ai trouvée une partie ici :
http://lyricwiki.org/Danger_Mo....._The_Soul_(2009)
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Faut vite que j’écoute ça !
Jason Lytle a déjà fait un paquet de merveilles avec Grandaddy, Summer Here Kids restant ma préférée.
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Comment ça les poils plus nombreux de Ju ???
(-;
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C’est vrai que j’en sais rien.. lol !
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Cool
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wooo là là c’est magnifique. Merci. Mes -assez peu nombreux- poils se dressent toutes les 2 secondes. Je regrette de ne pas pouvoir écouter tout ça autrement qu’en streaming, j’aimerais pouvoir emporter partout avec moi cette boîte à bijoux.
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C'est le disque de cette année qui m'a donné envie de moi aussi faire partie des critiques rocks amateurs.
http://popupmonster.wordpress.com/2009/09/10/da...
Mon style y est approximatif et spontané, l'oeuvre en question est vraiment à découvrir, j'ai peur que des expérience comme celle là se répètent, que des artistes inventifs en soient réduit à brader leur art, où l'offrir… en même temps il y a là un pied de nez assez nickelé ou comme le chantait Marilyn Manson dans le premier morceaux de Antichrist Superstar “I don't have enough middle finger”
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Jason Lytle : les mythiques Grandaddy voyons Eddie !
L’album Sophtware Slump ! Un des grands disques pop des 90’s, presque du niveau de ceux de Sparklehorse, c’est dire!
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Néanmoins disque sublime il est vrai.
D’ailleurs Sparklehorse vient de sortir un album avec le bidouilleur electro Fennesz!
Absolument expérimental et aérien, définitivement magnifique (et c’est en écoute intégrale sur deezer).
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l’album est “divin” et c’est le plus haut compliment que je puisse faire mais neamoins il y a 10 ballades et chansons hyper douces,on dirait un best off de ballades de rock,c’est pas assez enegetiaqe voir meme soporifique ,ça va 5 minutes mais voilà koi c’est soulant ,j’ai pas envie de m’endormorir en ecoutant de la musique et je pense que emi a pensé comme ça,que c’étais pas assez commerciale.
neamoins little girl,dark night of the soul,everytime i’m with you et revenge sont des tueries!!!
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