
Caravan Palace
par Caravan Palace
Wagram – 2008

MySpace | LastFM | Acheter (9,99€, mp3)
Après un nombre incalculable de concerts, d’abord en région parisienne grâce au Café de la Danse qui les a beaucoup soutenu et leur a permis de se faire connaître (bravo et merci à eux), puis partout en France dans des festivals de toutes sortes et de toute notoriété, au quatre coins de France et d’Europe, puis des concerts en tête d’affiche, Caravan Palace a enfin sorti son premier album le 20 octobre dernier. Ceux et celles qui les ont croisés en concert n’ont pu qu’être agréablement étonnés, impressionnés et, surtout, ressortir de la salle avec le sourire au lèvres, et l’envie irréfrénable d’aller acheter leur disque. C’est enfin possible, et je vous le conseille. Je vous en exhorte même.
Il est (déjà) coutume de dire que le tango avait son Gotan Project, et qu’à présent le jazz manouche à son Caravan Palace. Tout comme le jazz manouche de Django Reinhardt vous donne une envie irrépressible de taper du pied en rythme, le swing jazz sauce électro de Caravan Palace vous entraîne, et tel le joueur de flûte de Hamelin, ce sont tous les auditeurs et auditrices de la salle qui suivent le rythme imposé par le groupe. Leur style est parfaitement au point, et il est parfaitement original. Comme si le Quintette du Hot Club de France rencontraient Vitalic dans un bar et que, ronds comme des ballons, ils décidaient de jammer jusqu’au petit matin.
La folie des années 30, la chaleur manouche, le tout propulsé par de l’électro habilement distillé, tout ça forme un électro-jazz d’une qualité dingue, qui a séduit tout ceux et celles à qui j’ai fait écouter « Brotherswing », « Jolie Coquine » ou « La Caravane » qui sont bien évidemment présents sur leur premier album éponyme sorti chez Wagram, véritable machine à tubes de gros calibre et qui touche juste de « Dragons » au véritable hymne « La Caravane », qui clôt magistralement ce voyage étourdissant.
Petit retour en arrière : Caravan Palace c’est au départ 3 mecs adorateurs de Django et d’électro (Hugues Payen (violon), Charles Delaporte (contrebasse) et Arnaud Vial (guitare), tous programmateurs) qui ont le désir un peu fou de mélanger tout ça et de voir ce que ça donne. Ils rencontrent des gens tout aussi fous qu’eux, une chanteuse, Colotis Zoé, rencontrée via MySpace, qui possède un bagage de clarinettiste classique et de chanteuse lyrique, et un charme fou, Chapi, un clarinettiste merveilleux, et Toustou aux platines, qui se charge du scratch, des samples, et de se faire tomber d’accord les amateurs d’électronique, de jazz, de pop, de tout, quoi. D’autres personnes les rejoignent sur scène et surtout sur ce disque (en vrac : un saxophoniste, un pianiste, 2 guitaristes, une danseuse de claquettes, et Aurélien Trigo, homme à tout faire puisque qu’il joue du violon, de la guitare et scratche) (ça m’étonnerait pas que ce soit lui qui faisait à manger pour le groupe lorsqu’ils étaient en studio).
Tout le temps passé sur les routes (1 an et demi) leur a assuré un public aussi nombreux que varié, et une base solide de fans qui devrait assurer le succès de ce disque, et leur permettre d’en faire une dizaine d’autres. Je ne vois pas d’autres mots pour décrire ce disque que : imparable, addictif, foutrement bien arrangé, tellement éclectique que ça en donne le tournis (à moins que ce soit le fait de secouer la tête en rythme pendant un peu moins d’une heure ?).
Si vous n’êtes pas fan de jazz (que vous trouvez ça chiant, monotone…), précipitez-vous sur ce disque et devenez fan de jazz (enfin.. d’électro-jazz, mais c’est une subtilité de langage). Il n’y a pas moins monotone que cet album, vous êtes embarqués dans un voyage à la fois géographique et temporel : vous ne savez plus très bien si vous êtes sur une piste de dance-floor du 22ème siècle ou dans un café parisien des années 30.
Si vous n’êtes pas fan d’électro (que vous trouvez ça chiant, monotone…), précipitez-vous sur ce disque et devenez fan d’électro (enfin.. d’électro-jazz, mais je me répète là, non ?). La musique de Caravan Palace est élégante, variée, pleine de nuances, travaillée mais sans perdre ce qui en fait des bêtes de scène : leur folie, leur honnêteté et le plaisir qu’ils prennent à jouer LEUR style.
Allez-y les yeux fermés et accueillez la caravane dans vos cages à miel, elle y trouvera sa place sans problèmes.
Voilà de quoi vous inciter à vous procurer l’album (tout est extrait de leur MySpace) :
CARAVAN PALACE « Ended »
CARAVAN PALACE « Brotherswing »
Votre avis ?
[ratings]
(le nom du groupe vous dit quelque chose ? C’est normal)
PS : « Star Scat », qui figure sur cet album, a été choisie par Adidas pour illustrer sa nouvelle campagne de pub. Je vais guetter ces pubs sur le Net et MTV…
Eddie Williamson ‒ 25 octobre 2008