
Rest Now Weary Head !
You Will Get Well Soon
par Get Well Soon
City Slang - 2008

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J’adore l’Allemagne. J’ai la chance d’être d’une génération qui n’associe plus automatiquement l’Allemagne à ce pays gris et triste, mais à une scène musicale bien plus excitante que la scène française. Cependant rares sont les groupes allemands qui m’enthousiasment démesurément, comme beaucoup de groupes américains par exemple. Et même si je reconnais toujours en eux une grande qualité, je les labellise toujours avec l’étiquette « prometteurs » et je n’y reviens pas très souvent. Mais je sens que je vais revenir souvent à Get Well Soon.
J’aime le nom du groupe, j’aime le nom de l’album – bien qu’il soit un peu trop fourni en mots -, j’aime la pochette, j’aime même le nom du label, bref, avant même d’écouter l’album, j’aimais bien. Je vous avais balancé un extrait il y a quelques temps, « Prelude », qui, comme son nom l’indique, ouvre l’album. Instinctivement – si on peut vraiment parler d’instinct en musique – j’ai pensé : « Mmmmmh… ». Et avec un nombre aussi proéminent de « m », cela ne pouvait signifier qu’une chose : ça sentait le grand album.
Si vous suivez ce blog, vous savez que je n’ai jamais partagé l’enthousiasme général qu’il semble y avoir pour Radiohead ou Coldplay. La plupart du temps, ces deux groupes m’ennuient profondément. Mais si toutefois vous continuez à lire ce blog tout en appréciant ces deux groupes – merci !!! – alors vous avez de très grandes chances d’apprécier, que dis-je, d’adorer Rest Now Weary Head! You Will Get Well Soon, le premier album de Get Well Soon, le groupe de Konstantin Gropper, jeune Allemand de 26 ans qui est entré avec fracas dans la cour des grands compositeurs pop et post-rock de la décennie – j’aurais voulu dire « du siècle » mais on est pas chez les Inrocks non plus – à l’instar d’un Thom Yorke ou d’un, oui, osons le dire, Chris Martin.
Si j’ai un point négatif à souligner, c’est la voix de Konstantin, qui est un peu faible par rapport au reste. Mais quels restes ! Après 3 années entières de préparation, quelques EPs sortis pour faire monter la curiosité outre-Rhin et générer une écume grandissante sur les lèvres des critiques allemands, cet album se révèle être majestueux à tous les étages. Un songwriting mélancolique, des arrangements irréprochables, des mélodies qui auraient eu leur place sur un album de Radiohead s’ils ne s’étaient pas perdus en chemin, bref, tout cet album sent le travail d’orfèvre. S’il fallait user de quelques stéréotypes pour encadrer Rest Now… alors je ne pourrais passer à côté de « pop-rock », terme plutôt galvaudé mais qui prend de nouveau son sens dans cet album.
L’instrumentation orchestrale volcanique de « Prelude » fait penser à tout ce qui a pu sortir de mieux des Canadiens d’Arcade Fire, et l’audace musicale que montre le groupe tout au long de l’album, se baladant entre ambiances balkanisantes et modern pop n’est très sincèrement jamais extrêmement surprenantes mais tout simplement deux ou trois tons au-dessus des autres groupes pop-rock ou ou indie-pop actuels. Pour en apprécier l’excellence, Rest Now… nécessite plusieurs écoutes, même si une suffit à se rendre compte de sa beauté. Chacune des 14 chansons impressionne par sa maturité – même si certaines paroles sont très cliché, ou malhabilement cyniques -, la méticulosité des arrangements, les variations, le mélange des styles et, pour faire simple, pour leur beauté. Oui, cet album est beau. Pas surprenant, mais d’une beauté renversante. Oubliez Viva La Vida, le premier album – premier album !!! – de Get Well Soon est ce qu’il y a de mieux à se mettre dans les cages à miel en ce moment en terme de pop-rock bien léché.


Get Well Soon sera au Festival des Inrocks. Allez voir la programmation pour plus d’informations.
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Eddie Williamson ‒ 19 septembre 2008