
The Rhumb Line (LP)
par Ra Ra Riot
10 tracks – Columbia - 2008

“Requiem pop de toute beauté”
Il est toujours impensable de croire que l’on peut se remettre rapidement de la mort d’un proche. Les Ra Ra Riot sont un groupe de rock, mais avant tout un groupe d’amis, tous étudiants, qui ont un jour décidé de faire de la musique ensemble. Ce sont même de brillants étudiants, avec des gueules de nerds ; l’un d’entre eux, Milo Bonacci, a dû choisir entre partir continuer ses études – architecture italienne, quelle horreur – en Italie ou garder sa place de guitariste dans son groupe. Il est parti manger des spaghettis, puis est revenu, toujours en tant que guitariste, dans une nouvelle formation : Ra Ra Riot. Avec comme compagnons de route un chanteur diplômé de physique, une violoniste et une violoncelliste aux formations classiques et un bassiste étudiant en peinture, provenant tous de la promotion 2006 de l’université de Syracuse.
Le groupe enregistre un premier EP prometteur, et après un concert dans le Massachusetts, leur batteur, John Pike, meurt noyé dans l’océan dans des circonstances encore inexpliquées. Le retentissement du choc n’a pas fini de raisonner dans les cœurs des membres de Ra Ra Riot, d’autant que Pike a largement participé à la conception et à l’écriture de leur premier LP, The Rhumb Line, qui est largement hanté par sa présence.
Loin de tomber dans le mélodrame, l’album est au contraire fait d’une pop triomphante d’une rare qualité, aux arrangements complexes, mais enveloppée dans une atmosphère new-wave qui sait se faire macabre et optimiste dans la même chanson, que ce soit dans celle qui ouvre le disque, « Dying Is Fine », ou « Ghost Under Rock ». Les thématiques de l’eau et de la mort sont très présentes, mais l’ambiance n’est pas pesante, les archers de Rebecca Zeller et Alexandra Lawn savent se faire légères tandis que la pop remuante des 3 garçons arrive à nous décrocher des sourires de plaisir tant elle est bien ficelée et dépourvue d’une production lourde, comme c’est le cas avec beaucoup des productions pop new-yorkaises actuelles.
Cet album est celui d’un groupe qui essaye de se relever sans qu’on éprouve la moindre pitié pour ses membres qui affirment leur envie de vivre, d’oublier le tragique de la situation, de l’exorciser une bonne fois pour toutes, même si de l’aveu même de Milo Bonacci, « nous y pensons tous les jours ». Ils ne tomberont pas dans l’alcool ou la drogue, ils sont trop bien élevés pour ça, mais continueront à produire de la musique à mi-chemin entre Arcade Fire et Vampire Weekend, poignante, effervescente, électrisante, fougueuse, introvertie, et foutrement bonne.

Je vous propose le clip de « Dying Is Fine ».
Et vous pouvez aller écouter l’album sur Jiwa !

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Tracklist : 1. Ghost Under Rocks | 2. Each Year | 3. St Peter’s Day Festival | 4. Winter ’05 | 5. Dying Is Fine | 6. Can You Tell | 7. Too Too Too Fast | 8. Oh, La | 9. Suspended In Gaffa | 10. Run My Mouth
MySpace : myspace.com/ratratriot
Eddie Williamson ‒ 2 septembre 2008