DOUR 2011 : Jour 1 (14 juillet)Pour faire court : le festival de Dour c’est 200 groupes, répartis sur 7 scènes, durant 4 jours. Cette édition aura encore une fois battu tous les records d’affluence, avec 160 000 visiteurs au total et 35 000 campeurs un peu suicidaires sur les bords (mieux que Glastonbury, un record en Europe).Toute l’originalité du festival réside dans sa programmation. Ici, vous ne trouverez pas ces daubes radiophoniques, ces groupes très vendeurs en merchandising musical, qui polluent nos oreilles et que tous les festivals ou presque s’arrachent. Non, la programmation de Dour se nourrit principalement de découvertes et les têtes d’affiches sont plutôt alternatives. Pour le moins éclectique, celle-ci allie rock, pop, reggae, métal, électro… ainsi qu’un tas de styles musicaux aux noms imprononçables.Dour, c’est également un public aussi dingue que divers, assurant une ambiance incroyable lors de chacun des concerts du festival. Et l’affiche de cette année, malgré un regrettable manque de Rock’n'Roll et de rock psychédélique selon moi, se révèle être de la pure folie. Au cours de mon périple, j’ai dû voir une bonne quarantaine d’artistes, que ce soit sur la Grande Scène en plein air ou sous les 6 chapiteaux (même si je confesse avoir soigneusement évité le Magic Sound System, le De Balzaal et la Cannibal Stage, scènes respectivement consacrées au rap français, au dubstep et au métal).Après le traditionnel apéro d’arrivée au camping, je me meus* impatiemment vers le site du festival. J’y assiste à la toute fin du set de Romano Nervoso et leur rock efficace mais assez répétitif, d’où s’extirpent quelques bons titres et quelques bons riffs. Mis à part ça, pas grand chose à signaler.Les Great Mountain Fire s’en sorte bien mieux, avec leur pop composée d’une voix et d’un synthé entraînants, sur fond de guitares légères. Au petit jeu des comparaisons bateaux, les « Cinderella », « Crooked Heat » ou encore « If a Kid » ont un sérieux air de ressemblance avec les Phoenix et Two Door Cinema Club. Une prestation convaincante et le live, tout comme leur unique album « Canopy », se laisse aisément écouter.Vient ensuite l’heure d’un groupe que j’avais au préalable repéré, la troupe américaine de The Budos Band. Leur musique instrumentale m’aura au final assez déçu. Je m’attendais en effet à me sentir davantage emporté par leur jazz mêlant des cuivres à de sinistres synthés à la Doors, appuyés par des percussions et des guitares rythmés.Le public est pour l’instant assez clairsemé – début de festival oblige – mais l’ambiance commence déjà à monter. Après un bref retour au camping, je me retrouve sous l’un des chapiteaux vers 20h pour apprécier le show coloré et festif des I’m From Barcelona. Mais pour cause de retard de la formation suédoise, le spectacle est reporté à 1h. Il faudra donc patienter.21h, je me dirige pour la première fois de la journée vers la Last Arena – comprenez la Grande Scène – puisque c’est l’heure de Kyuss. Ce groupe américain, assez mythique pour les connaisseurs et formé à la fin des 80′s, comptait à l’époque le grand Josh Homme des QOTSA dans ses rangs, rien que ça. Mais le concert a bien failli être annulé puisque, la veille, le bassiste Nick Oliveiri s’était retranché pendant 4 heures chez lui avec une arme chargée, encerclé par la police, accusé par sa petite amie de l’avoir violentée. La caution réglée (à l’aide d’une éventuelle participation du festival ?), les Kyuss ont pu, en définitive, assurer leur set au complet. Un speaker les présente brièvement (la présence d’un speaker à un festival constituant un fait suffisamment rare de nos jours pour être souligné). Même si les bombes « Green Machine » et « Thumb », entre autres, font plaisir à mes petites oreilles ( et les violentent un peu, aussi), je reste quelque peu sur ma faim. Les américains envoient méchamment mais souffrent d’un manque cruel de communication, que ce soit avec le public ou même entre eux. Certains appelleront ça du professionnalisme, mais la froideur dégagée par le groupe est assez gênante selon moi.Yannis Philippakis (Foals)Lassé, je quitte la grande scène avant la fin du set afin d’être mieux placé pour le concert de Foals. J’assiste alors à l’une des plus grosses claques du festival. Dés les tout premiers instants, une ambiance surréaliste, amplifiée par un lightshow captivant, s’installe. Les titres s’enchaînent à une vitesse infernale. Ceux de la première galette du groupe sont privilégiés et soulèvent toute la foule (« Red Socks Pugie », « Olympic Airways », « Electric Bloom », « Balloons ») tandis que ceux du deuxième album sont de véritables chefs d’œuvres de subtilité musicale (« Spanish Sahara »). Au final, l’absence du tube « Cassius » restera la seule mauvaise note du set. Mais punaise, quelle performance et quelle ambiance. Les guitares aériennes, la batterie sautillante et l’énergie dégagée par l’ensemble sont tout bonnement incroyable. Un live qui constituera pour sûr le point d’orgue de cette soirée.Je quitte rapidement le chapiteau et me dirige vers la Last Arena, où se produisent des légendes du Hip Hop américain : Cypress Hill. Bon ok, ces types sont de vrais branleurs : on chope le sample de chansons archi connues et on fait du rap par dessus. Le mythique « Insane in the brain » ? Pompé sur le « Jump Around » de House of Pain. « Hits from the Bang » ? « Son of a Preacher Man » de Dusty Springfield. Mais il n’empêche que ces gars-là parviennent sans problème à faire monter l’ambiance et la quasi totalité de la foule se trémousse irrésistiblement. Les tubes les plus connus cartonnent littéralement, les plus récents sont cependant accueillis avec moins d’enthousiasme.Passé minuit, la programmation bascule dans l’électro. Mais avant ça j’effectue un bref détour par le live des belges de Vismets, au moment même où ceux-ci interprètent leur bon single « Wasted Party ». Pour le reste, tout semble un peu copié sur leurs compatriotes Ghinzu, à qui ils semblent emprunter la façon de chanter et de s’habiller, ainsi que le son puissant des guitare et des synthés. Ça fonctionne, ça tourne bien, mais on s’en lasse vite.Sen Dog (Cypress Hill)J’abandonne finalement l’idée d’aller voir I’m From Barcelona (déjà vu, et puis ils tournent régulièrement) et préfère me rendre sous l’un des chapiteaux pour Boys Noize. Le Berlinois, véritable référence en la matière, nous balance aux oreilles plus d’1h45 d’électro impressionnant et efficace, au beau milieu d’une ambiance toujours aussi survoltée. Sonné, je tente quand même l’expérience Beat Torrent, ou comment passer des tubes que tout le monde connaît (« Thunderstruck » d’AC/DC, « Warp 1.9 » des Bloody Beetroots et j’en passe) histoire d’assurer l’ambiance, tout en trafiquant quelques machins à peine audibles aux platines. Musicalement totalement dénué d’intérêt, donc. Épuisé, je n’ai finalement pas le courage de me rendre au set de Laurent Garnier, venu effectuer son marathon de 5 heures de mix (!).Ainsi s’achève donc cette première journée, déjà complètement dingue et annonçant plutôt bien la suite du festival. Si certains groupes se seront largement montré à la hauteur de l’événement (Boys Noize, Foals), d’autres auront effectué des prestations un peu plus contrastées (Cypress Hill, Kyuss). Les Great Mountain Fire, quant à eux, resteront l’une des plus belles découvertes du festival selon moi.Prochain épisode => DOUR 2011 Jour 2 : Ice Cube, Stupeflip, Klaxons, Pulp… Bientôt sur Le Choix !Ci-dessous une petite playlist des meilleurs artistes mentionnés plus haut :* Au Choix on n’a pas peur d’employer le verbe mouvoir avec un naturel désarmant. Sachez-le.Photo 1 : Copyright Brian Ravaux – ImmortalizR Photo 2 : Copyright Kmeron Photo 3 : Copyright Kmeron