LES ARDENTES Liège, le 5 juillet 2012 par Maxime BLe festival des Ardentes, qui se déroule à Liège pour la septième année consécutive, doit être à peu près l’un des seul capable de réunir 50 Cent et le Jon Spencer Blues Explosion dans la même soirée, ou encore, Cypress Hill et Milow à quelques heures d’écart… Niveau cohérence, c’est raté, mais visiblement ça appâte pas mal de monde, puisque les organisateurs ont comptabilisé cette année pas moins de 67 000 spectateurs sur quatre jours. Voilà pour les présentations, en gros. La prog étant bien trop inégale à mon goût, je ne m’y suis rendu qu’un seul jour qui avait, pardonnez-moi l’expression, rudement bien de la gueule. Oui, parce que si caser Cypress Hill et Milow dans le même festival (pire encore, dans la même soirée !) relevait d’une faute de goût des plus barbares, les programmateurs ont visé particulièrement juste en réunissant deux véritables légendes à l’occasion de la journée d’ouverture du festival, à savoir Madame Patti Smith suivi de Sir Morrissey lui-même. Autant dire que quand vous vous apprêtez à voir de telles pointures le soir même, le reste de la journée, sympatoch sur le papier mais sans casser trois pattes à un canard non plus, vous paraît alors bien fadasse.Je me promène tranquillement sur le site histoire de faire un peu de repérage parmi la foultitude de stands de pub, d’asso, mais aussi et surtout de nourritures (parce que c’est important, oui). Le premier concert de la journée débute à 13h20, et c’est de Here We Go Magic dont il s’agit. Un indie rock/pop tout droit venu de New York qui prend parfois des accents psychédéliques voir expérimentaux en live… Pas mal, pas mal ! En réécoutant leurs diverses galettes, force est de constater que c’est un poil moins bon sur album qu’en live. Quelques titres sortent tout de même du lot comme « How Do I Know » qui me fait pas mal penser à du Oh No Oh My, ou encore « Make Up Your Mind » et son couplet répétitif qui reste bien imprégné dans ta cervelle.Les belges de School Is Cool leur succèderont dans un registre sensiblement similaire, quoique bien plus popisé, notamment au niveau du chant. Leur set me plait beaucoup moins, donc, en particulier en raison d’un jeu de scène un peu inutile par moment. L’après-midi semble s’enliser dans la médiocrité avec la performance de Birdpen, groupe qui compte notamment parmi ses rangs l’une des voix de Archive, Dave Pen (ce qui ne joue pas en leur faveur auprès de ma personne puisque je n’ai jamais réussi à accrocher au son de ce groupe). Musicalement, c’est mou et dépourvu de toute originalité. Scéniquement, Dave Pen ferme trop les yeux lorsqu’il chante pour qu’il puisse me plaire. Il joue les mecs torturés, ce genre de choses… Rah c’que c’est agaçant ! Bref, je déserte rapidement la scène sur laquelle ceux-ci se produisaient.A l’inverse, le set de Sallie Ford accompagnée de The Sound Outside remonteront carrément le niveau de cette après-midi pour l’instant assez timide. Originaire de Portland, dans l’Oregon, Sallie Ford s’appuie sur une voix pour le moins atypique (et un physique pas facile) afin de nous produire un genre de rockabilly moderne composé d’une contrebasse, guitare demi-caisse et tout le tralala. Bref, allongé dans l’herbe, cela forme quelque chose de tout à fait appréciable.Et puis… on en arrive à mon trou noir de l’après-midi. Je passe complètement à côté de plusieurs groupes qui ne me disaient pas grand-chose sur le papier, à savoir Shearwater, Maverick Sabre et Soko. Je reprends mes esprits aux alentours de 18h30, juste à temps pour la performance du gourou en pyjama et aux pieds nu, Edward Sharpe, accompagné des Magnetic Zeros. J’avais déjà pu les voir à Rock En Seine et leur album Up From Below m’avait assez plu, même si la moitié de leurs titres sont composés de « Oh oh », de « Ah ah » voir même, parfois, dans un élan d’incroyable originalité, de « Ouh ouh » particulièrement inspirés. Quelques-unes de leurs chansons sont tout de même assez jolie, comme « 40 Day Dream », « Janglin » ou encore l’inévitable single « Home », ponctué de petits sifflotements qui reste aisément ancrés dans la tête.Le groupe Warpaint est une véritable énigme pour moi. En album, je trouve ça juste nul. Et pourtant, c’est la deuxième fois que je les vois en concert, et c’est la deuxième fois que cela me plait. Le côté planant et lancinant disparait, de même pour ce qui est du flot de reverb noyant les voix sur l’album, afin de laisser place à quelque chose de bien plus rock, notamment grâce à une batterie résolument énergique et aux sonorités lugubres et psychédéliques (il faudrait sérieusement que j’envisage de cesser d’employer ce mot sans arrêt) des guitares. Bref, si vous voulez réellement juger des qualités des californiennes de Warpaint, c’est en live que le groupe s’apprécie réellement, sans aucun doute.Je pars un peu avant la fin histoire de ne pas être trop mal placé pour les Ting Tings. Bon d’accord, musicalement parlant, ce que font les deux mancuniens ne relève pas d’une quelconque inspiration divine ni d’un génie incommensurable ou quoique ce soit. Mais leurs singles « That’s not my name » ou encore « Shut up and let me go » incluent des riffs tout à fait efficace et ont une certaine dimension tubesque indubitable. On se demande souvent d’où certains sons sortent (comprendre ici : les Ting Tings n’ont rien contre les boîtes à rythmes, les guitares préenregistrées et ce genre de choses), mais Katie White, cible de nombreux et distingués « A poooiiiiil ! » émanant du public, a le mérite de bien occuper l’espace scénique et a une certaine facilité à foutre l’ambiance.Je quitte encore une fois un concert avant la fin, mais cette fois-ci c’est tout à fait justifié, puisqu’un mythe vivant se produit sur la scène intérieure en la personne Patti Smith (et pourquoi pas sur la grande scène me direz-vous ? aucune idée, moi aussi j’ai trouvé ça aberrent en tout cas). Bon, je ne vous présente pas le personnage (d’ailleurs ça m’arrange bien parce que je dois vous confesser que je ne connais pas très très bien son œuvre et j’en rougis honteusement). Dès les premiers instants du set, Patti Smith annonce la couleur : la dame n’a absolument rien perdu de sa fougue et de son énergie. Elle brandit régulièrement le poing avec rage et conviction comme sur « People Have The Power ». Du début à la fin du set, on se retrouve happé par l’incroyable aura que dégage Patti Smith. Le mot « classe » doit être à peu près celui qui résume le mieux sa prestation, clôturée par un enchainement de la mort qui tue qui restera pour moi comme l’un des plus grands moments live inimaginable, avec « Pissing in a River », suivi de « Because The Night » et enfin « Gloria ». Wow. Du haut de ses 65 ans, Patti Smith vient de foutre, musicalement parlant, un bon gros coup de pied là où je pense à tous les groupes de p’tits jeunots qui s’étaient succédés jusqu’alors durant l’après-midi. Bravo.Je n’ai jamais compris ce qu’il se passait autour de ce groupe, White Lies, alors je préfère profiter de l’heure qui suit pour me remettre du concert de Patti et me refaire une santé avant le concert de Morrissey.Morrissey, putain ! Je suis un grand fan des Smiths, alors forcément pour moi, voir Morrissey (oui, je le redis encore une fois au cas où vous n’auriez pas compris, c’est bien d’un concert de Mo-ri-ssey dont il s’agit, bon sang !), c’est quelque chose. Par conséquent je connais bien plus la discographie des Smiths que celle de Morrissey, à laquelle il accordera d’ailleurs ce soir une place bien plus importante. Mais qu’importe, rien qu’entendre la voix de Morrissey en live me fait un effet fou et m’hérisse le poil. On n’aura eu droit qu’à cinq titres de la bande de Johnny Marr, d’ailleurs : « Shoplifters Of The World Unite » qui entame le set, précédé d’une musique fantasmagorique et grandiloquente au possible; « How Soon is Now », complètement surréaliste ; « Meat is Murder », le magnifique « I know it’s over » et enfin, punaise, « Still Ill ». Scéniquement, on a à faire à une grosse production, avec écran géant au fond de la scène sur lequel sont projetés des images tout au long du live, lightshow bien balèze, et chemises à pois pour Morrissey, qu’il ôtera même l’espace d’un instant avant d’en renfiler une encore plus jolie (ou de mauvais goût, c’est au choix). Au terme d’une heure trente d’une performance parfaite, je me sens juste… bien, reposé, heureux.J’hésite à me rendre sous la scène couverte pour les Caravan Palace, de peur de venir perturber mon humeur apaisée. Finalement c’eut été une terrible erreur. Je ne suis pas trop trop fan de ce que ces gars font sur album, mais ils font plus que faire le boulot sur scène (où trône d’ailleurs un putain de décor bien stylé et tout à fait cohérent vis-à-vis du son qu’ils ont su créé) et ils arrivent à concevoir une ambiance électrique qui envahit l’entièreté de la salle.On quitte le festoch, Liège, avec quelques regrets en jetant un œil à la programmation des jours suivants, mais avec le sentiment d’être des putains de privilégiés. On n’aura peut-être pas vus les Patti Smith et Morrissey de leur grande époque respective, mais ceux-ci nous ont tout de même livré de très grandes prestations. La grande classe.0 Ardentes 2012 by Eddie Williamson on Grooveshark Tweeter Publié par Maxime B. le 11 août 2012 dans la catégorie Concert. « MENOMENA – « Heavy Is As Heavy Does » » J’ai vu… BRIAN JONESTOWN MASSACRE (Le Trianon, le 4 juillet 2012)2 grifouilles Margaux B août 12, 2012 @ 10:27:09Je trouve justement que la force des Ardentes, c’est de savoir faire un festival ou se bouscule des tous petits groupes et des géants, avec des « fautes de goût » (hum hum…) tout en restant un festival à taille humaine et dans une ambiance relax et cool (et avec une organisation clairement meilleure que celle de Dour, ou ces derniers se disent « On a une bonne affiche, le reste on s’en fout, et tu peux bien crever et payer tes douches »).La preuve en est: Le deuxième soir ou jouaient Balkan Beat Box et un peu plus tard Marylin Manson… Monde de différence!! Et pourtant, programmés à quelques heures d’écart. Les fans du « freak » se sont ramenés en masse en début de journée afin d’être bien placé pour leur idole… (C’était d’ailleurs, assez marrant). Les Balkan Beat Box se sont ramenés, en se rendant bien compte que ça allait pas être de la tarte de faire danser sur du saxo et des percu’ de malades ces fans de Marylin Manson. Hé beh, ce que j’ai trouvé beau, c’est que malgré des débuts avec une ambiance un peu floppi-floppa, ils ont quand même réussi nom de dieu! Des fans vêtus de noir qui gueulaient « SATAN » le reste de la journée, bah là, ils ont fermés leurs gueules, ils ont écoutés, ils sont passés au dessus de leurs préjugés et ils ont commencés à danser, taper dans leurs mains et voila, concert de malade!Pour ce qui est de Patti Smith dans la scène couverte mais c’était tellement mieeeeuuuuux que sur la grande scène!! Cela donnait une atmosphère …gniah je ne trouve même pas les mots mais ça donne une impression « on rassemble les gens », plus que si elle avait été programmée sur la grande scène et que la moitié du public se serait éparpillés/assis sur la plaine. Non, non, non, vraiment, non. Je pense qu’il faut arrêter de réfléchir en terme « Toi t’es archi-connu, on te met sur la grande scène, qu’importe si ça fout en l’air l’ambiance de ton concert », là c’était à l’intérieur, c’était électrique, je vais faire ma grosse hippie en disant ça mais je me suis sentie « en communion » avec les reste du public (on ne rit pas). Oui, je sais pas, une ambiance particulière qui méritait un cadre peut-être plus « intimiste ».Enfin bref je suis pas une « pro-ardentes », j’ai d’ailleurs trouvé que l’affiche de cette année était beaucoup moins attirante que celle des précédentes éditions, mais je me devais quand même de donner mon (long) avis sur cette review. Maxime B. août 22, 2012 @ 14:53:18Sur le papier, mettre Patti Smith sur la petite scène était pas une mauvaise idée… Mais je ne suis décidément pas fan du tout de cette « petite scène », qui se résume finalement à un hangar assez froid et où l’acoustique de chaque concert peut souvent devenir assez détestable. Par exemple pour Patti Smith il y avait une espèce de brouhaha général pendant et entre chaque chanson qui était assez gênant. Et puis paradoxalement je trouve la grande scène des Ardentes assez intimiste… Enfin peut-être pas intimiste mais elle reste à taille humaine quoi !Niveau organisation et compagnie, je suis à peu près d’accord avec toi : celle des Ardentes est irréprochable.Par contre pour ce qui est de la cohérence de la prog, l’exemple Manson / Balkan Beat Box montre que de tels écarts peuvent fonctionner… parfois. C’est malheureusement assez rarement le cas ! M’enfin ce qui me gênait cette année c’était surtout la qualité de la prog, elle est clairement moins bonne que celle de l’année dernière, elle même moins bonne que celle de l’année précédente. Et puis les grands écarts de genre c’est cool, il en faut toujours dans un festival, mais certains me laissent tout de même carrément sceptique. Enfin je trouve qu’en règle générale les têtes d’affiches ne sont pas très très bien choisies (genre l’année dernière : Snoop Dogg, Mika, Limp Bizkit, Sum 41… Bon après c’est une question de goût mais bon…).Laisser un commentaire Annuler la réponse.