Jai vu... TY SEGALL @ Le Clacson (Oullins, le 12 novembre 2012) image photo pochette cover

TY SEGALL

Le Clacson (Oullins)
le 12 novembre 2012





par Maxime B.

Oullins est une bourgade dont on estime la création aux alentours du IXème siècle, se situant aux Sud-Ouest de Lyon, et comptant aujourd’hui pas moins de 25 652 habitants. Incroyable, n’est-ce pas ? Bon d’accord, je partage la modération de votre enthousiasme. Oullins c’est surtout la commune qui abrite le Clacson, salle qui m’a déjà permis de voir les Left Lane Cruiser en organisant leur concert au Sonic de Lyon. Alors autant vous dire que j’aimais déjà beaucoup cette salle. Mais je l’aime encore plus depuis que j’y ai passé une soirée, le lundi 12 novembre dernier. Ah oui, j’ai presque oublié de vous dire : c’est Mr. Ty Segall que j’ai pu y admirer.

Inutile de présenter Ty Segall, Eddie vous en parle déjà suffisamment comme ça. Je n’avais pour l’instant pu qu’apprécier ses prestations studios au fil de ses innombrables albums (Ty Segall doit être à peu près le type le plus productif au monde… Il a fait combien d’album cette année, déjà ?). Alors lorsque l’occasion s’est présentée à moi de pouvoir enfin juger de ce qu’a dans le pantalon le gamin de San Francisco lorsqu’il se trouve sur scène, qui plus est dans une salle relativement petite et en déboursant à peine une dizaine d’euros, j’ai bien évidemment sauté dessus.

Il s’agit d’abord de supporter la première partie, The Lonely Cat Evil Band. Bon… Ces gars-là ont sans aucun doute d’excellentes références puisqu’on dénote instantanément les influences des 13th Floor Elevators, The Seeds, et autres génies psychédéliques des années 60. Mais en live, j’ai les oreilles qui commencent sérieusement à chauffer au bout d’une dizaine de minutes. Un tantinet répétitif, trop bruyant (mais pas vraiment dans le bon sens du terme), et surtout l’attente insoutenable avant Ty Segall… Je n’arrive pas à accrocher, et me retrouve rapidement accoudé au bar.

Je retourne un peu plus tard dans la salle, juste à temps pour apercevoir Ty Segall, Mikal Cronin et leurs comparses- aux looks de geeks dépareillés au possible les uns des autres- en train de faire leurs balances. En les voyant comme ça, l’air si innocent, on a bien du mal à se rendre compte de ce qu’est capable le Ty Segall Band. Soit, en moins d’une heure, rendre une bonne partie de l’assistance du Clacson à moitié sourd, enchaîner une quinzaine de titres tous plus énormissimes les uns que les autres… bref, foutre une grosse claque à tout le monde.

La première chose qu’il faut savoir sur Ty Segall sur scène, c’est que peu importe la durée initiale de ses chansons (qui varie généralement entre 2min30 et 3min10), chaque titre est réduit à environ deux minutes. A ça, ajoutez le fait qu’il enchaine chacun de ses titres à une vitesse du feu de dieu (oui, je suis bien conscient que cette expression n’est plus homologuée depuis environ une génération ou deux). Bref, on n’a absolument pas le temps de respirer. Du moins… pour ce qui est de la première moitié du set. Puisque la seconde partie du concert sera perturbé par quelques soucis techniques, le son de chaque instrument se coupant inexplicablement au beau milieu des envolés de distorsion du groupe, laissant la batteuse seule à bourriner sur ses fûts et Ty Segall agitant ses cheveux et s’excitant sur sa guitare sans produire le moindre bruit. Mais là où la moitié des groupes aurait pété un câble ou se serait liquéfier sur scène, Ty Segall et son groupe ne se sont absolument pas laissé démonté et en ont même joué, reprenant à chaque fois leurs titres au moment exacts où ils avaient été coupé.

Le groupe nous gratifie de la plupart des meilleurs titres de Ty Segall (« Finger », « Girlfriend », « The Drag »,« Swag », et compagnie) avant de nous offrir un rappel composé d’une reprise d’an-tho-lo-gie (et je pèse mes mots, c’est pour ça que j’ai mis des petits tirets entre chaque syllabe) de « Paranoid » des Black Sabbath, accéléré environ puissance deux, entrecoupé d’envolés guitaristiques complètement foutraques et géniales à la fois, de solos foireux à base de tapping et de passages de quinze notes à la seconde. Jusqu’à ce que… Le son soit coupé encore une fois. Mais qu’importe, le public braille le riff de « Paranoid » et ses paroles en un anglais pour le moins approximatif. Le son revient : à nouveau un bordel monstre. Ty Segall descend dans le public pour poursuivre ses élucubrations musicales au sein de la foule qui pogotte autour de lui (mais pas de manière très intelligente, notez que l’ambiance dans les premiers rangs faisait d’ailleurs un peu « sortie mensuelle de la 2nde3 du Lycée du coin », ce qui est plutôt regrettable).

Voilà, j’ai donc vu Ty Segall : je peux mourir en paix. Enfin non, je pourrai vraiment mourir en paix le jour où je verrai Ty Segall et White Fence ensemble sur scène. Là oui, je pourrai.