LES PLAGES ELECTRONIQUES Cannes, le 12 juillet 2012 par Laura-MaïPar un mois de juillet français bien pluvieux, je décidai de migrer du côté de la French Riviera voir si de la bonne musique et des gens sympas ne m’y attendaient pas. Evidemment, je ne pouvais pas faire comme si ne se tenait pas, à Cannes, tous les étés, le festival de musiques actuelles le plus cool du sud de la France, j’ai nommé « Les Plages Electroniques ». C'est vraiment le lieu idéal pour des vacances réussies sous le signe de la musique ! Spectatrice séduite de la première soirée (le 5 juillet, line up electro avec, à l’honneur, la team Ed Banger) je contacte l’agence Fonétiq (en charge de la com’ des Plages) pour un live-report sur la soirée du 12 : je suis accueillie par une équipe aussi sympa que pro… quand légèreté rime avec sérieux, le show qui s’annonce n’en paraît que plus alléchant.DJ DiamsJ’arrive sur la plage bien connue du Palais des Festivals (débarrassée de ses plateaux télés et de photo call éphémères de la quinzaine du cinéma), au son d’un set d’entrée à la fois dynamique et progressif : le line up de ce jeudi met en avant la bass music, servie d’entrée par DJ Diams, artiste originaire de Cannes, écumant les clubs et scènes de festivals depuis maintenant plus de quinze ans. DJ Diams est aussi concentré que talentueux et l’on reconnaît le bon DJ parmi les autres à la selection pointue qu’il propose, laissant deviner un travail en amont qui bannit définitivement l’image du passeur de disques branleur.Il fait beau, les filles sont belles et vulgaires, les garçons sont excités bruyants : tout va bien dans le meilleur des mondes pops et sucrés, DJ Diams a bien chauffé le périmètre… la soirée est lancée et n’attend que d’être confirmée… MC2Sur le coup des 20h30, à l’heure où certains commencent seulement le deuxième apéro, arrivent sur la grande scène encadrée de vagues « bleu carton » les deux garçons vitaminés du groupe MC2 (composé de Vincent Ponsaillé aka C.Kel et Didier Simione aka Miosine).Le EP Beat Em Up m’avait fait excellente impression, il faut bien le dire. Seulement, trois titres, c’est peu, ça donne faim… pour avoir pu discuter un quart d’heure avec eux et découvert des têtes aussi bien faites que leurs titres, le moins qu’on puisse dire est que je les attendais… je n’ai pas été déçue. Une heure et demie de show à la fois calibré et brut : c’est pour moi la grande réussite du duo et la raison pour laquelle je peux sans hésiter parler de mon coup de cœur de la soirée… allez, de l’été ! Il y a du beat autant que de la mélodie, laquelle est discrètement amenée de loops en breaks, de sorte que l’ensemble reste toujours rythmé et dansant. Il faut dire que ce live laisse voir une équipe de relai, dans laquelle chacun maîtrise sa partie tellement bien que l’improvisation est possible à chaque mesure : c’est ça aussi, la musique qui tourne. Je terminerais sur l’impression un peu « rock-stars » que m’ont laissé nos deux beat-boys : un poil déglingués, hyper stylés, et surtout second degrés, on a envie de les recroiser très vite sur une scène européenne du type Sziget ou Calvi, avec l’intuition certaine que cela ne devrait pas tarder… j’ai vu passer un tweet qui parlait de « studio time »… Guys, n’en doutez pas, je reste branchée pour suivre de près cette affaire. DJ MuggsPendant le live de MC2, doucement mais sûrement, la plage s’est remplie : pour l’arrivée de DJ Muggs, elle est bondée de monde, tandis que la nuit est tombée. Il faut dire que le set qui commence n’est pas orchestré par n’importe qui : membre de la team de base du Cypress Hill (dans laquelle il officie depuis toujours comme DJ), Muggs amène le son très particulier de ses mixs sur le même mode que son imposante carrure : ça pulse sur un beat sale et fracassant, et pourtant ça groove aussi lorsque le pitch fait s’écraser les pistes d’une platine à l’autre, le tout dans une maîtrise technique que tant lui envient, inimitable définitivement. La foule de gamins survoltés se compacte de minute en minute et l’on ne sait plus s’ils jouent des coudes pour sauter, danser ou hurler sur chaque beat de rap électrisé que Muggs lance pour faire rebondir les mesures. Même un léger problème technique ne déconcentrera pas ce grand pro des platines, et c’est avec classe qu’il laisse la scène au groupe buzz du moment, C2C. C2CAlors je ne vous cache pas que le contact média fut assez désagréable : leur « manager », un jeune gamin à mèches blondes très sûr de lui, interdisant toute photo off (avec main tendu dans le plus pur style « star mégaplanétaire à protéger, merci »), puis déprogrammant les interviews et pour finir, interdisant le shooting sur scène. Ce sera le seul groupe à jouer ce jeu un peu décalé avec l’esprit très « friendly » de ce festival, lequel sort plutôt la carte du fun et beachy. C’est donc avec un peu de réserve que je fais leur promo, et comme ils estiment ne pas en avoir besoin, personne n’en sera frustré… Je dirais juste que le show était ultra-calibré, au point musicalement. La singularité de C2C résidant surtout dans le parti pris de chorégraphie visuelle plus que dans l’originalité musicale. Car s’il est vrai que l’ensemble est dansant, aucune révolution électro à l’horizon de cette scratch-musique, qui reste très bien maîtrisée, la partition de chacun étant manifestement réglée au millimètre. Lorsqu’ils entonnèrent le « Intergalatic » des Beastie Boys (en hommage à Adam Yauch), je ne pouvais qu’apprécier… tout en ressentant un léger agacement devant ce qui pouvait aussi passer pour l’auto proclamation d’héritiers d’un groupe de cœur mythique, et encore bien vivant sur nos platines.Dans l’ensemble, une excellente soirée, aussi surprenante que raisonnable (service de sécu exemplaire, un concert qui se finit à 00h30, pas de débordements honteux pour le public comme pour les orgas). Les Plages Electroniques c’est la preuve que l’on peut faire une proposition musicale pointue, dans un cadre parfaitement géré, accessible à tout le monde et surtout à des jeunes n’ayant pas nécessairement le réflex de programmer ce type de groupes dans leurs playlists éléctros. Enfin je le répète, si tout le monde attendait C2C, mon coup de cœur reste pour les Marseillais de MC2 : parce que ça vit, que c’est brut mais travaillé, parce que ces garçons adorables n’ont pas encore viré star… Tweeter Publié par Laura-Maï le 21 juillet 2012 dans la catégorie Concert. « JESSIE WARE (feat. Sampha) – « What You Won’t Do, Do For Love » » LA MIGRA – « Feels Like Summer »Laisser un commentaire Annuler la réponse.