Marguerite vous raconte son Rock en Seine 2011 (2/3 – Samedi)« Il est 15h et le public danse déjà. »Vu l’alternance d’averses et de grand soleil ce samedi après-midi, il y a vraiment de quoi se croire en plein mois de mars. Heureusement les Belges de The Black Box Revelation réussissent à faire revenir le soleil. Leur set commence pile au moment où je pose un pied dans le parc de St Cloud, je prends ça comme un signe que la journée sera bonne. Groupe inconnu pour moi avant Rock en Seine, la présentation du groupe citant Black Rebel Motorcycle Club dans leurs influences m’a tout de suite donné envie de me pencher sérieusement sur le duo. Batterie + guitare, rythme + riff : j’assiste à un concert de rock, brut et efficace. Il est 15h et le public danse déjà. Le batteur frappe comme un bourrin, le guitariste/chanteur ressemble à un pantin désarticulé, et moi je prends mon pied. Et c’est déjà le dernier morceau, pendant lequel on peut voir le guitariste utilisant sa bière comme bottleneck.C’est parti pour la Grande Scène où jouent les Hushpuppies, groupe garage originaire de Perpignan. Leur premier album sorti en 2005 avait tourné en boucle à l’époque sur ma platine. J’ai un peu décroché depuis, mais leur dernier album, mis à l’honneur pendant leur concert, prouve la qualité constante de leur musique. Je n’ai vu que les dernières quinze minutes de leur set (la faute aux Belges cités ci-dessus), mais la pêche est toujours là, les cinq musiciens se font plaisir et transmettent leur énergie au public.Retour à la scène de la Cascade pour un concert d’un autre style mais tout aussi énergique, celui de Cage The Elephant. Le site s’est rempli tout d’un coup et il y a déjà beaucoup de monde pour accueillir les Américains, au look un peu grunge, et leur punk rock. Le chanteur, véritable pile électrique, s’offre un bain de foule dès la première chanson. Ca manquait quand même un poil de nuance à mon goût.« Quand ça ne passe pas, c’est pas la peine d’insister. »J’avais coché Birdy Hunt, mais ça sera finalement Blonde Redhead pour le concert suivant. Déjà vu en 2007 en première partie d’Interpol au Zénith, je n’avais pas du tout accroché à leur musique. Et ben, exactement la même en 2011. Leur musique ne me parle pas et je supporte peu la voix de la chanteuse. Quand ça ne passe pas, c’est pas la peine d’insister.Le soleil en a profité pour se cacher derrière de gros nuages noirs, et c’est sous une pluie battante que je traverse tout le site jusqu’à la scène Pression Live pour aller danser au son de l’électro pop du Corps Mince de Françoise. Lorsque j’ai écouté l’album des Finlandaises la semaine dernière, je dansais devant mon ordi au bureau. Ce n’est pas une averse qui allait m’empêcher de recommencer ! Trempée mais le sourire aux lèvres, leur musique m’a fait oublier la pluie, qui s’arrêtera d’ailleurs à la fin de leur set.Quasiment 18h30, c’est l’heure d’approcher la Grande Scène pour me préparer pour Interpol. Oui, Paul Banks & co valent vraiment bien de se pointer 1h30 avant, de se frayer un chemin parmi le public de The Streets et les fans des Arctic Monkeys, de faire l’impasse sur Austra et The Jim Jones Revue.Je profite quand même de la fin du dernier concert français de The Streets, qui remplace le rappeur Q-Tip. Il y a deux ans, ils remplaçaient déjà Amy Winehouse, à laquelle Mike Skinner nous invitera à rendre hommage en nous faisant nous asseoir. Le set s’achève sur le tube « Fit But You Know It » qui fait danser la foule, et « Going Through Hell » où Mike finit torse nu dans le public.Les gens s’en vont voir Cocorosie, me permettant d’avancer presque jusqu’aux barrières en face de là où se trouvera Daniel Kessler, guitariste d’Interpol. La place est bonne, mais on est très serré, plus que je ne l’ai jamais été à un concert. 1h à attendre, ça va être difficile, mais pour entendre Paul Banks, je peux endurer beaucoup. Interpol est un de mes groupes préférées, vous l’aurez compris, même s’ils ne sont pas des bêtes de scène. Je garde un très bon souvenir du concert du mois de mars au Zénith qui était excellent (en toute objectivité bien sûr…). Ça allait être difficile de faire mieux en festival, et effectivement ils n’ont pas fait mieux. Le son n’était pas terrible, surtout au début où la basse, trop présente, masquait pas mal la voix. Presque toutes les chansons jouées l’avaient été au Zénith (sauf « Take You On A Cruise »). Le groupe était très raide dans leur costume-cravate, et une heure de concert c’est trop juste pour que les cinq musiciens trouvent leurs marques et se détendent, et que le public rentre vraiment dans le show.Mais… mais… mais… une fois que Paul a fait tomber la veste et la paire de lunettes de soleil en signe de délivrance,une fois qu’il a dit quelques mots en français (on notera son très bon accent), une fois « Barricade » et surtout « C’mere » et « Evil » (moins magistrale qu’au Zénith où toute la salle sans exception a chanté) envoyées, c’était magique. « Lights » et sa splendide montée en puissance, les tubes « The Heinrich Maneuver » et « Slow Hands » qui font danser les foules, la guitare de Daniel sur « Not Even Jail, » son jeu de jambes… Et puis sur 13 chansons, 7 (!) étaient tirés d’Antics, deuxième album du groupe, mon préféré que j’emporterais sans hésitation sur la fameuse île déserte où t’es tout seul mais tu as quand même de l’électricité pour écouter de la musique. Alors on peut dire que c’est un groupe froid, sans charisme, etc, mais ils ont un paquet de chansons que tu tuerais ta mère pour écrire juste l’intro, c’est tous de très bons musiciens (même si Carlos D ne fait plus partie du groupe), la voix de Paul pourrait faire fondre une banquise, et, en toute objectivité bien sûr, ils sont juste géniaux !Après cette heure au paradis, il faut redescendre sur terre et sortir de la foule compacte. Même pas la peine d’essayer de la traverser, c’est un vigile qui a dû me porter par dessus les barrières pour m’en extraire ! Une nouvelle expérience de concert…« Pas facile de danser en mangeant des fallafels »J’arrive à la scène de la Cascade pour la fin du set de Death From Above 1979, que je ne connaissais pas du tout, et leur rock venu tout droit de l’enfer. Pas facile de danser en mangeant des fallafels, mais pourtant ce duo batterie/chant + basse/synthé n’aura pas mis plus d’une minute à me faire bouger les fesses, et aussi les fallafels dans mon assiette. Ambiance totalement électrique, du bon gros son en pleine face, j’en veux encore ! Mais c’est déjà fini…Retour à la Grande Scène pour les Arctic Monkeys. Je m’avance autant que possible (mais pourquoi j’ai quitté mon premier rang moi ? Ah oui pour ne pas mourir étouffée entre deux ados groupies des Monkeys…), pour finalement trouver une place d’où je vois bien les deux écrans et où mes voisins passeront plus de temps à chanter et danser que raconter leur vie, ce qui n’est pas négligeable en festival. Je n’ai pas vu les Sheffieldois en concert depuis 2006. La bombe que fut leur premier (parfait) album n’a pas, ou peu, d’équivalent dans mon parcours de music addict. Whatever People Say I Am That’s What I’m Not fait aussi partie de ces albums à emporter sur la fameuse île déserte où t’es tout seul mais etc. Par contre, je n’avais pas trop suivi leur évolution jusqu’au dernier album, donc je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en concert. Et bien, ce fut très bon ! Ils attaquent avec « Library Pictures », du dernier album, puis « Brianstorm », histoire de bien réveiller le public. Alex Turner, totalement rockabilly, porte le blouson en cuir et la banane (il jouera d’ailleurs quelques riffs de « Johnny B Goode » pendant « Brick By Brick »). J’en étais resté au bas de jogging et aux « classic Reebok ». Les Monkeys auraient-ils grandi ? Heureusement le batteur, pas très subtil dans ses frappes, porte un jogging à 3 bandes et un t-shirt du groupe (histoire qu’on sache bien ce qu’on est venu voir). Ouf, je ne suis pas trop déstabilisée…Arrive « Still Take Your Home », 1ère chanson du 1er album jouée ce soir. Je connais toujours les paroles par cœur, je danse comme une folle (et je ne suis pas la seule) le sourire aux lèvres. Les chansons des différents albums s’enchaînent, enfin s’enchaînent, c’est vite dit, vu les blancs entre les chansons. Les Arctic Monkeys savent composer des pop songs parfaites, mais ils ont besoin d’améliorer leur prestation scénique, que ce ne soit pas juste une suite de (très bonnes) chansons. Après avoir fait produire leur album par Josh Homme, ils devraient prendre quelques cours de live avec Dave Grohl… Enfin bref, « She’s Thunderstorms », « Teddy Picker », « Brick By Brick », « The Hellcat Spangled Shalalala », etc, je passe un bon moment ce soir, jusqu’à l’enchaînement (pour le coup) de « The View From The Afternoon » et « I Bet You Look Good On The Dancefloor », ZE tube du premier album, où le public est limite en transe autour de moi, et moi, je viens de rajeunir de cinq ans, quand je n’étais encore qu’une jeune étudiante insouciante… Rah putain que c’est bon ! Surtout que ces deux morceaux sont jouées plus rock que jamais. On continue avec « All My Own Stunts », « If You Were There Beware », « Do Me A Favour » et « When The Sun Goes Down », reprise en chœur par le public, ou en tout cas par moi, marque la fin du set. Trois chansons quand même pour le rappel, « Suck It And See », « Flurorescent Adolescent » et « 505 », et voilà la fin d’une petite heure trente de concert. Les p’tits singes ont bien grandi et jouent maintenant dans la cour des grands. C’est tout le mal que je pouvais leur souhaiter.Le temps s’est bien rafraîchi : pause thé à la menthe devant Etienne de Crécy (je n’aurai jamais cru pouvoir écrire « thé à la menthe » et « Etienne de Crécy » dans la même phrase un jour). Son décor de cube est très beau, mais bon, comme pour Paul Kalkbrenner hier soir, je préfère les « vrais » instruments.Enfin un passage au concert des Wombats pour clore ce samedi, mais impossible de s’approcher de la scène tellement il y a de monde. Apparemment le public apprécie énormément, mais pas mes jambes qui me font comprendre que si je ne veux pas rentrer en rampant, il vaut mieux que je parte maintenant.Vous avez loupé le compte-rendu du premier jour ? Cliquez ici ! Si vous voulez savoir ce qui s’est passé dimanche, rendez-vous lundi ! (c’est pas banal comme phrase, tiens)Photo 1 (public) : (c) Achablive Photo 2 (Paul Banks) : (c) Olivier Peel Photo 3 (Alex Turner) : (c) Philippe Abdou