Je ne sais pas si c’est la fatigue, le froid, le boulot, l’enchaînement des concerts ces derniers temps, mais ça fait deux semaines que j’ai vu Patti Smith en concert à L’Olympia, et je n’ai pas pondu le quart de la moitié d’un dixième de compte-rendu. Et pourtant…
Et pourtant, ce serait stupide de ne pas vous parler des 2h de show que nous a offert la grande prêtresse du rock, de sa voix toujours intacte, puissante, venant du plus profond de ses tripes pour remuer les nôtres, aussi bien lorsqu’elle chante que lorsqu’elle harangue son public à prier pour les indignés et à œuvrer à un monde meilleur, ou même quand, émue, elle évoque son amie Loulou de la Falaise décédée au début du mois.
Ce serait stupide de ne pas vous parler du public majoritairement quadras et quinquas qui a recouvré une seconde jeunesse le temps d’un medley rock joué par le groupe historique de Patti qui s’est fini sur une reprise de « My Generation » des Who, royalement interprétée par le guitariste Lenny Kaye à l’impressionnante voix, de ne pas vous dire que la chanteuse n’a pas oublié comment sortir des riffs rageurs de sa guitare électrique, ni comment remuer son public en le menaçant d’aller se coucher s’il ne fait pas plus de bruit.
Ce serait stupide de ne pas vous dire que, de « My Blakean Year », une de mes chansons favorites de la dame, à l’enchaînement dantesque « People Have The Power » + « Rock’n’Roll Nigger », en passant par la classique mais efficace « Because The Night » et l’hymne « Gloria » , sans oublier quelques douces ballades, la chanteuse a renvoyé à leurs tourbus tous les groupes que j’ai vu en concert depuis cet été.
Patti has the power. Cela aurait été stupide de ne pas vous le dire.