CAVEMAN – Caveman (2013)

CAVEMAN
Caveman

(Fat Possum, 2013)

par Eddie

Pour avoir un blog musical, il faut avoir une bonne mémoire. Tu passes ton temps à te balader de site en site à absorber des tas et des tas de noms d’artistes, et le truc est de se rappeler de ce que tu avais aimé il y a un, deux, cinq ans pour cliquer là où il faut et se remettre à niveau sur ce que le groupe en question a fait depuis le temps. Je passe en gros mon temps à faire mon plissement d’yeux qui veut dire « mmh, tu me dis quelque chose toi mon coco ». Et avec un peu de chance, je passe du plissement à l’écarquillement et au « oh putain c’est bon ça ». C’est ce qui s’est passé avec Caveman, découverts en 2011, re-croisés en 2012 et finalement adorés en 2013 avec la sortie de leur deuxième album.

Ils font une sorte de folk-pop avec un son assez grandiose par moments, dans le sens où en fermant les yeux vous sortez de votre chambre et vous retrouvez perdu dans l’espace, ou en haut d’une colline verdoyante (comme votre fond d’écran Windows), vous voyez ? L’écho est utilisé à foisons, les synthés semblent agrandir encore plus l’univers sonore dans lequel évolue le groupe, quitte parfois à donner l’impression que le groupe joue carrément en apesanteur… L’adjectif qui ressort souvent dans ces cas-là est « atmosphérique ». Vous risquez de vous sentir très léger en écoutant ce disque, il réussit quasiment à chaque morceau à occuper complètement l’esprit et à faire voyager. C’est con ce que je raconte, mais c’est l’impression que j’ai.

Pour le coup, le « oh punaise c’est bon ça » est arrivé dès le second morceau, « In the City », après une introduction (« Strange to Suffer ») qui avait déjà réussi à retenir mon attention, ce qui n’était pas gagné puisque j’étais au boulot (et qu’au boulot je suis relativement concentré sur… mon boulot) (spéciale dédicace à ma chef qui me lit peut-être). Ce morceau, et les deux qui suivent, « Shut You Down » et « Where’s the Time », sont mes trois préférés. C’est un super-combo de la mort qui tue ahurissant. Ahurie, ça devait justement être la tête que j’avais en l’écoutant. Le groupe a cette capacité à faire décoller un morceau doucement mais sûrement, à faire grimper le niveau d’intensité jusqu’à une sorte d’apothéose qui vous laisse complètement satisfaits. Je crois qu’on appelle ça un orgasme. La plupart des morceaux de l’album ne sont toutefois pas comme cela et sont un peu plus linéaires. Mais c’est tout aussi bien, sauf quand il n’y a pas suffisamment de relief et que le morceau devient plus soporifique qu’autre chose (« Over My Head » qui m’est juste passée complètement au-dessus, ou « I See You »).

Si vous avez aimé The War on Drugs ou Grizzly Bear, ou même The Fleet Foxes, vous apprécierez sans doute Caveman, ils partagent ce don pour le folk-rock atmosphérique et délicieusement mélodique. Cet album a plusieurs morceaux qui se ressemblent un peu, ce serait ma seule critique négative, et j’ai parfois l’impression que le groupe pourrait aller plus loin. Je ne sais pas comment ni finalement dans quelle direction, donc mon commentaire ne les aidera pas beaucoup, mais là où chaque morceau de Grizzly Bear est un monde à part entière, et que les War on Drugs ont créé un son qui leur est propre, Caveman n’a pas encore atteint ce niveau d’expertise. L’esthétique sonore de cet album est déjà assez différente de leur premier disque, donc il semble qu’ils se cherchent peut-être encore un peu. J’espère vraiment qu’ils persisteront dans la voie qu’ils ont commencé à tracer avec ce disque car je pense qu’ils ont mis la main sur un bon filon de pépites sonores.

Ecouter l’album sur Spotify
Ecouter l’album sur Grooveshark
Site officiel de Caveman

Il y a 1 commentaire.

  1. Ca fait également énormément penser à Local Natives !

    Mais en même temps, c’est grâce à eux que je viens de découvrir ce petit blog qui m’a l’air des plus fameux :)

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