Critique de « Loyalty to Loyalty » (2008) des Cold War Kids

  • 8 octobre 2008
  • Par Eddie

Chronique

Cold War Kids - Loyalty to Loyalty Loyalty to Loyalty

par Cold War Kids

Mercury – 2008

Album 4 étoiles

 

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Le succès inattendu de Robbers and Cowards (2006) aurait pu leur donner envie de se reposer sur leurs lauriers et de reproduire de nouveaux « Hang Me Up To Dry » ou « We Used to Vacation », mais les Cold War Kids nous prouvent qu’ils ne mangent pas de ce pain là en sortant Loyalty to Loyalty, un second album moins accessible que le premier et toujours aussi sombre.

Avez-vous aimé Robbers and Cowards ? J’ai adoré. J’y suis entrée sans difficultés, comme si cet univers m’appartenait déjà. L’univers des Cold War Kids est sombre, pas drôle du tout, et certaines chansons sont capables de vous foutre un cafard plus énorme que celui procuré par l’enterrement de votre hamster. C’est dire. Une fois que vous avez intégré ça, vous pouvez vous plonger dans Loyalty to Loyalty, où les 4 Californiens distillent un blues-rock à la fois traditionnel, mais aussi expérimental. Il ressort de ce disque une confiance récemment acquise – notamment grâce à la scène – et une envie évidente de la part des kids de faire évoluer leur musique. Mais pas de là à y apporter un peu de lumière, non.

En un sens, c’est dommage, car quelqu’un qui découvrira le groupe avec cet album pourrait être effrayé – j’exagère un peu. Parce que le son de Cold War Kids est absolument unique, reconnaissable en trois secondes, avec leur blues est déstructuré et la voix de Nathan Willett est vraiment bizarre, il faut bien dire ce qui est, réminiscente parfois de la paire de cordes vocales d’un Jeff Buckley tout en étant complètement unique (pour dire ça trivialement, on aime ou on aime pas, un peu comme les voix de Bob Dylan ou Townes Van Zandt) parce qu’ils ne font aucune concession à la mode, pour tout ça, cet album est excellent.

Suicide, violence domestique, on se croirait parfois dans un bouquin de Bukowski, mais non, c’est ce qui inspire les enfants de la guerre froide (avec un nom pareil on ne peut pas faire du Pussycat Dolls). L’album est à prendre dans son ensemble. Tandis que Robbers and Cowards possède en son sein des titres imparables, seul le single, « Something Is Not Right With Me » se détache clairement du lot par son rythme très rapide. L’album prend des proportions carrément épiques avec « Avalanche in B » ou « Cryptomesia », se permet une virée du côté sur les plate-bandes d’un Tom Waits dans « Golden Gate Jumpers », et l’on peut même sentir un semblant éphémère d’optimisme sur « Dreams Old Men Dream », mais ce n’est peut-être qu’un mirage.

Au final, Loyalty to Loyalty emportera tous les suffrages de ceux et celles qui sont tombés sous le charme des Cold War Kids avec leur premier album, et laissera peut-être sur le bas de la route ceux et celles qui les découvrent avec ce second opus.

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Il y a 6 commentaires.

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  2. Tombé sous le charme des accords chaotiques de de We Used to Vacation, la mélancolie de Hospital Beds ou le blues de morceaux comme Saint John, tu me donne sacrément envie de me replonger dans l’univers des Cold War Kids avec ce nouvel album !

  3. ça par contre j’ai totalement adoré.
    Je n’avais jamais écouté le premier, j’ai donc commencé par Loyalty to Loyalty et je suis tout de suite tombée amoureuse.

    <3
    J’adore.

  4. alors
    jeff buckley en plus braillard quand même
    +un coté blues +un coté hip hop
    donc
    jeff buckley+zach de la rocha+screamin jay hawkins= cold war kids
    ok c’est douteux
    mais je continue de préférer le premier qui reste pour moi l’un des meilleur truc que j’ai entendu ces dernières années en rock (avec black mountain aussi forcement)

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