Critique de « Diaper Island » (2011) de Chad Vangaalen

Chad VanGaalen
Diaper Island
Label : Flemish Eye/Sub Pop
Sortie : 16 mai 2011 (US)
Stéréotypes : Folk, Rock

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Télécharger ($9,99)

« Replace Me »

« Peace on the Rise »

« Sara »

J’essaye de ne pas aller voir ce que les autres ont écrit à propos d’un album dont je veux parler, car souvent je trouve leurs critiques pleines de bons arguments et il est trop tentant de se contenter de reprendre leurs idées, reformulées à ma manière. C’est comme au lycée, quand tu as un devoir maison à faire et que tu trouves un truc tout fait sur le web, c’est difficile de ne pas choisir la solution de facilité ! J’suis allée voir plusieurs critiques de ce Diaper Island et j’ai trouvé qu’elles se ressemblaient toutes. Un peu comme en politique, on dirait qu’il y a des éléments de langage sur lesquels tous les membres d’un parti se sont mis d’accord. Et si je n’étais pas allée voir ce que les autres ont écrit, je serais sûrement tombée dans le même piège, j’suis pas l’exception.

Voici en gros ce que vous pouvez un peu partout : Chad Vangaalen et sa voix fragile à la Neil Young se sont enfin décidés à aller dans un grand studio, d’un côté c’est bien parce que les arrangements sont plus riches, mais d’un autre côté c’est dommage parce qu’il perd le côté intimiste de ses précédents albums enregistrés dans son sous-sol, et puis il est un peu tombé dans la facilité du « plus de moyens, moins de prises de risque », mais c’est pas grave, c’est toujours très joli.

Après avoir écrit ça, il faut que je suis obligée de vous ébouriffer avec un papier d’une classe fantastique. Ce ne sera pas le cas, on est pas chez KMS. De mon côté, j’essaye toujours de mélanger mes impressions et sentiments avec ceux de quelqu’un (vous, derrière votre écran) qui découvrirait l’artiste avec l’album en question. Si vous vous arrêtez à « Do Not Fear », vous risquez d’avoir peur pour la suite, et oui, ceci est un jeu de mots pourri. Chad Vangaalen a le don de vous immerger dans son univers en quelques secondes (« Willow Tree », « City of Electric Lights » sur son précédent album), ce n’est pas le cas de ce morceau, plus angoissant qu’autre chose. Heureusement la suite est bien plus plaisante.

Le Canadien a appris à faire beaucoup de choses avec peu de moyens et une créativité démentielle. Difficile de trouver deux morceaux qui se ressemblent dans sa discographie. Il aime aussi contourner le schéma couplet/refrain, et en fait tous les schémas classiques de la musique folk et pop en général. Du coup c’est toujours avec une certaine impatience mêlée d’appréhension que je passe de morceau en morceau : c’est toujours quitte ou double. C’était toujours quitte ou double. Comme l’on écrit de nombreux autres « collègues », la musique de Vangaalen a gardé en ampleur, en richesse. Certes. Il y a de belles harmonies qui remplissent l’espace, plein de petites choses en plus à apprécier. Mais c’est toujours dans l’économie que Vangaalen se démarque. C’est la marque des grands, serais-je tentée d’ajouter pour tomber joyeusement dans l’poncif. Il n’en fait jamais trop, il a confiance dans la force évocatrice de ses mélodies et paroles. Et il a maintenant suffisamment confiance en lui-même pour se permettre des trucs bien plus rock comme « Blonde Hash » ou « Burning Photographs ». Son expérience de producteur du groupe post-punk Women a forcément eu un rôle important dans cette évolution.

Ce qui me surprend à chaque fois c’est sa capacité à créer de petits phrases mélodiques (c’est plus joli que « riff », non ?) qui semblent tellement simples qu’on se dit « moi aussi je peux faire ça », bien naïfs que nous sommes. Je pense notamment à celle de « Shave My Pussy ». C’est grisant pour l’auditrice et, j’imagine, un peu irritant pour les guitaristes en panne d’inspiration. Dans le genre irritant il y a aussi le gentiment barré « Can You Believe It!? » qui risque de faire s’hérisser quelques poils sur vos bras, mais que personnellement j’adore.

Ah et puis il y a « Replace Me ». C’est un morceau fantastique, mon préféré de l’album. Plus énergique et électrique que les autres, il va droit au but, avec une mélodie et des paroles qui me parlent et restent dans la tête, bref, tout ce que j’aime. Chad parle à la première personne du singulier mais c’est comme s’il parlait de quelqu’un d’autre, il semble plus détaché qu’un morceau comme « Willow Tree » qui prend aux tripes en partie parce qu’il semble si personnel, comme sorti de son journal intime. C’est une impression difficile à expliquer, du coup je ne m’y étends pas de risque de vous perdre complètement.

Comme toujours avec Chad Vangaalen il y a des tas de choses à se mettre sous la dent, bien plus que dans ses précédents albums. Evidemment, vous risquez de passer à côté de tout ça si sa voix ne vous plaît pas. Ce qui serait bien dommage, mais je ne peux pas y faire grand chose. Je ne sais pas du tout ce que ça va donner sur scène, vous me direz.

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