Critique de « End Times » (2010) de Eels

  • 16 février 2010
  • Par Eddie
Eels
End Times
Label : Cooperative Music
Sortie : 18 janvier 2010
Stéréotype : Pop-rock
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Extraits

Je ne pouvais pas laisser passer deux nouveaux albums d’Eels sans chronique. En fait, si je combinais les bons morceaux du précédent et les bons morceaux de celui-ci, j’arriverai à un vrai très bon album de 11 ou 12 titres. Le problème que j’ai avec Mark Everett, c’est que sa déprime perpétuelle a fini par me saouler. Un peu comme l’autre geignard de Conor Oberst. C’est sans doute le signe que je ne suis pas une « vraie fan ». Mais comme à chaque album, il y a des morceaux qui sont beaucoup trop beaux pour que je vous en parle pas.

Dans le précédent, mes morceaux préférés étaient les plus énergiques, quand E aboyait sa peine sur fond de guitares rageuses. Les morceaux déprimants n’étaient vraiment pas inspirants. La deuxième moitié de End Times est dans cette veine, franchement pénible. À certains moments j’ai vraiment envie de lui mettre une baffe et lui dire de se reprendre, bon sang d’bois. Dans « Little Bird » il s’adresse à un petit oiseau sur le rebord de sa fenêtre, dans « I Need a Mother » le pathos atteint son paroxysme, « I’m sorry but it’s true », pfffouuu. « I’m a man over great pain », sans blague, « not easy to stand on my feet », bah voyons, « still dying inside », ok, stop. Sauf que non, pas stop.

Pas stop parce que c’est Eels, et qu’il arrive toujours a faire craqueler ma carapace cynique. Sa voix légèrement cassée qui se fait soudain soyeuse sur « A Line in the Dirt » a suffit me rendre vulnérable. Le petit interlude « Apple Trees » a fini le travail. À partir de là, tout l’album prend une nouvelle dimension, j’y suis plus réceptive…

Avant ça, le Bob Diddley-esque « Gone Man » me rappelait que Mark Everett me plaît le plus quand il lâche un peu les chevaux et ironise sur ses soucis. « Unhinged » me laisse sur ma fin tandis que « Paradise Blues » se détache du lot encore une fois grâce à l’ironie du texte qui est une bulle d’air frais après le torrent de larmes que vous vous prenez juste avant.

J’me dis que sans ces morceaux déprimants à mourir, ces morceaux plus légers n’auraient pas la même saveur. C’est un passage obligé. J’aime pas ce passage. C’est pas que je fuis comme la peste les trucs tristes, comme une fuite en avant (y a un psy dans la salle ?), après tout j’adore The Antlers et Antony & The Johnsons, c’est juste que… j’sais pas, j’aime pas. Vous êtes du genre à décider de temps à autre de regarder un film déprimant juste parce que vous avez l’envie masochiste de déprimer ? C’est pas mon cas. Mais lorsque je finis par rencontrer ce disque ou ce film, s’il est bon, il finira par m’atteindre.

Et Eels, c’est toujours un gage de qualité.

Mais « I Need a Mother » et « Little Bird », là franchement E abuse. En les écoutant j’étais presque prête à me dévouer pour rendre sa vie amoureuse moins calamiteuse qu’il ne la décrit.

Il y a 12 commentaires.

  1. je suis persuadé qu’il y a beaucoup de second degré dans le pathos de eels.
    http://bertrandmusics.blogspot.com/2010/01/eels-end-times.html

  2. et c’est juste « little bird » non? 13 étant le numéro du track…

  3. In reply to Bertrand

    Oui, drame du copié-collé :/

  4. In reply to Bertrand

    Je n’y vois pas autant de second degré que toi, mais ta chronique est super intéressante, si tu as raison alors c’est que tout ça était vraiment trop subtil pour moi :D

  5. Il fait un peu réchauffé cet album non ?

  6. Ben, A line in the dirt est un morceau de l’ère « Daisies of the Galaxy » qu’il avait joué peut-être qu’une fois en live donc pour se morceau il a juste intégré à l’album, sinon c’est vrai qu’il ressasse toujours les mêmes thèmes mais il y a quand même un certain renouvellement je trouve, de plus je pense que l’album doit absolument s’écouter avec les 5 morceaux bonus.

    Si Eddie tu aimes les morceaux plus énergiques Walking Cloud de l’EP Bonus devrait te plaire !

  7. L’autre geignard de Conor Oberst…
    I’m Wide Awake, It’s Morning est pour moi l’un des plus beaux albums de tout les temps, et je sais pas, y a qu’à écouter des chansons comme Easy/Lucky/Free ou Four Winds pour voir que c’est pas simplement un geignard mais aussi l’un des meilleurs songwriters de sa génération.
    Et j’ai beaucoup aimé End Times. Je dois surement être un geignard ^^

  8. Ce qui est dommage mademoiselle eddie , c’est que vous ne pouvez difficilement vous passer de faire des chronique sur « eels » mais facilement omettre comme en 2009 de chroniquer des albums tels  » dead man’s bones  » ou humbug d’arctic monkeys voir last shadow puppets…

    Sachant en prime que eels reste relativement linéaire dans ses oeuvres (qui a mon avis ça n’appartient qu’a moi) sortent trop d’album a mon goût .

  9. Je viens de finir son bouquin (en anglais ouch), il a de quoi faire des chansons tristes je t’assure :/

  10. @rize : je ne suis pas tout à fait d’accord sur le fait qu’ils sortent « trop » d’albums. E en donne l’impression vu que l’intervalle de temps entre « Hombre Lobo » et « End Times » est le plus court ayant jamais séparé deux albums du groupe, mais en fait ces deux font partie d’une « trilogie » qui se terminera avec l’album qui sortira en août à savoir « Tomorrow Morning »

    Par ailleurs il me semble que Eddie n’est pas obligée de chroniquer tous les albums même les meilleurs, elle choisit ceux qu’elle veut.

    Sur ce bonne journée à tout le monde, et vivement Tomorrow Morning !

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