Critique de « Far » (2009) par Regina Spektor

Far (2009)Far

par Regina Spektor

Album 3 étoiles
Sortie : 23 juin 2009
Label : Sire
Stéréotypes : Anti-folk, Alternative
Liens : Ecouter l’albumVoirTélécharger

Née à Moscou il y a 29 ans où elle suivit une formation classique de piano, Regina Spektor est arrivée avec ses parents dans le Bronx à New York à 10 ans, et décida de se lancer dans la pop au lycée, après avoir été initiée aux Beatles par son papounet. Elle a profité à fond de l’effervescence musicale new-yorkaise et plus particulièrement du côté de l’East Side, où avait explosé le punk quelques décennies auparavant. Très vite on la remarqua en la décrivant avec trois adjectifs qui la suivront vraisemblablement toute sa vie : mignonne, originale et drôle.

J’pourrais passer les 3 prochains paragraphes à paraphraser autour de ces 3 mots !

Connaissez-vous la série Sex and the City ? C’est une série qui se déroule à New York, avec 4 New-Yorkaises-types, leurs déboires amoureux, sexuels, professionnels… Regina Spektor pourrait être la cinquième, celle qui s’assoit à une table à côté de celle des 4 personnages de la série, s’inspirant de leurs discussions pour en écrire des chansons, avec une bonne dose d’ironie et de recul. Nul ne sait où Regina trouve son inspiration. Lorsqu’on la questionne sur son processus d’écriture et de composition, elle répond toujours la même chose : elle a une vie plutôt normale, aime aller boire le thé avec des copines, faire ses courses au supermarché du coin, et s’assoit chaque jour 2 heures devant son piano, laissant les idées venir à elle tout en pianotant.

De son imagination fertile sortent de temps à autres de petites merveilles comme « The Calculation », « Folding Chair », « Laughing With » qui m’ont éblouie dans la première moitié de l’album. J’ai utilisé l’expression « collection de chansons » plus haut, c’est l’impression que me donne tous les disques de Regina : dans chacun de ses albums il y a toujours 6 ou 7 chansons que j’adore, tandis que les autres me touchent moins, sans que je puisse pour autant leur trouver de défaut majeur. C’est toujours le cas avec Far, même si pour une fois il y a un couple de chansons que je trouve ratées, j’y reviendrai. Il n’y a pas de cohésion au niveau des paroles (musicalement c’est différent, j’y reviendrai aussi), c’est une suite d’idées sans vraiment de rapport les unes avec les autres.

Far est beaucoup moins ambitieux, et contient moins de « grandes » chansons que Begin to Hope, son précédent album. Il y a moins de chansons qui s’imposent à la première écoute comme des tubes potentiels ou des futurs singles. En ce sens c’est difficile pour une fan de ne pas ressentir une toute petite pointe de déception. Trois ans, c’est long !

Musicalement, l’album conserve du début à la fin un côté enjoué, très pop, avec seulement 2 morceaux un peu plus sombres (« Machine » et « Genius Next Door »). La mélodie de « Eet » me fait penser à du Coldplay, ce qui n’est pas un très bon point, sauf que là où Coldplay m’ennuie profondément avec des paroles inintéressantes au possible et une interprétation copiée-collée d’une chanson à l’autre, Regina Spektor surprend !

C’est un peu sa marque de fabrique, ces petites friandises vocales qu’elle distille ici et là, qui peuvent agacer certains, mais que je trouve parfaitement irrésistible. En l’occurrence dans « Folding Chair », vous trouverez une imitation plutôt réussie d’un dauphin (!). Voilà pourquoi j’aime tous les albums de Regina Spektor, et qu’au final cette fille ne peut pas me décevoir. Elle peut chanter n’importe quoi, elle trouvera toujours quelque chose pour le rendre unique et délicieux.

Et en même temps… En même temps on peut s’dire que ce côté rigolo, mignon, peut finir par être un peu redondant. En fait les meilleures chansons de ce disque sont les plus ambitieuses, comme « Human of the Year », « Laughing With » et « Man of a Thousand Faces », l’un des plus beaux textes de Regina. Les chansons les moins intéressantes sont celles qui sont construites autour d’une jolie petite mélodie pop et l’histoire qui va avec. Alors oui, c’est joli, ça se laisse écouter avec plaisir, mais on est quand même loin de l’audace de « Fidelity » ou « Samson » (sur Begin to Hope). Et puis il y a des chansons que je trouve vraiment ratées, comme « Machine » ou « Dance Anthem of the 80s » : Regina pousse trop loin son côté « excentrique » et ça en devient ridicule et franchement inintéressant.

Liste de lecture
    1. The Calculation
    2. Eet
    3. Blue Lips
    4. Folding Chair
    5. Machine
    6. Laughing With
    7. Human of the Year
    8. Two Birds
    9. Dance Anthem of the 80s
    10. Genius Next Door
    11. The Wallet
    12. One More Time With Feeling
    13. Man of a Thousand Faces

Arrivés au cinquième album, il est normal que la recette ne fonctionne plus à tous les coups, me direz-vous. Et puis peut-être que j’commence à en « exiger » un peu plus. Une petite moitié des chansons sonnent comme des b-sides de Begin to Hope ou Soviet Kitsch. Certes ces chansons un peu moins réussies sonneront sûrement très bien pour la bande-son de scènes de Grey’s Anatomy, mais sinon il y manque quelque chose.

Au final je trouve que Far est un album qui confirme, s’il le fallait, le talent de mélodiste et de parolière de Regina Spektor, sans pour autant atteindre les sommets des précédents albums. Mais mine de rien, il possède, comme les précédents, plus de 5 chansons que j’adore, donc je ne vais pas me plaindre. Vivement le prochain !

[audio:http://2w.radio.free.fr/wjkbx/sons/thecalculation.mp3|titles=The Calculation|artists=Regina Spektor]
[audio:http://2w.radio.free.fr/wjkbx/sons/laughingwith.mp3|titles=Laughing With|artists=Regina Spektor]

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