Critique de « Frauhaus! » (2010) de Wetdog

  • 4 février 2010
  • Par Eddie

Ma note

Liste de lecture
1 | Lower Leg
2 | Trehorne Beach Song
3 | Tidy Up Your Bedroom
4 | Trees Fall
5 | That Man Delivers Paper
6 | Night Comes Down
7 | Ehtiopia
8 | Women’s Final
9 | Fist Face
10 | Snapper
11 | Round Vox
12 | Long Long Time to Go
13 | Waiting List
14 | New Year

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Extrait

J’ai été plus souvent acerbe qu’élogieuse dans mes commentaires de groupes lo-fi. Il faut préciser que si vous passiez autant de temps que moi à explorer la toile, machettes à la main, tel une Indianette Jones musicale, à la recherche de diamants musicaux, vous en auriez bouffer du lo-fi. Oooh oui. Et ce « ooooh oui » est loin d’être un « ooooh oui » aux inclinations sexuelles, mais un « ooooh oui » comme celui que votre mère lâche régulièrement quand elle parle de vous à ses amies. Ooooh oui, j’en ai bavé du lo-fi.

Mais ces filles ont quelque chose. Et quoiqu’elles ont, elles ne l’exploitent pas assez, car Frauhaus! me laisse une impression mitigée.

Bon, déjà, elles ne cachent pas leur voix derrière un mur d’effets irritant comme tomber nez-à-nez sur l’affiche du spectacle d’Arthur. Impossible de ne pas fuir en lâchant un « eeuaââh.. ». Non, la chanteuse Leur musique me rappelle – façon de parler, je n’y étais pas (j’me sens obligée de préciser puisque certains pensent que j’étais à Woodstock en 1969) – ces groupes punk éphémères avec des filles dedans qui émergèrent dans la deuxième moitié des années 1970 ou au début des années 1980, comme Nikki & The Corvettes (l’équivalent féminin des Ramones, en raccourci), X-Ray Spex, les Slits, les Adverts, etc. Tous ces groupes finirent par splitter au bout de quelques années et ne se reformèrent jamais dans la grande majorité des cas, devenant donc objets de culte pour fans de punk, cultureux et historiens du rock.

Alors quand un groupe de filles sort des ténèbres de Londres pour balancer un (post-post-)post-punk étrange, approximatif, influencé par tout un tas de groupes que je tiens en très haute estime… mon coeur flanche. Ce n’est pas tant que cet album est excellent, loin de là, mais plutôt que je ne peux m’empêcher d’éprouver une drôle d’affection pour ce groupe.

D’une manière générale, les groupes qui jouent de manière brouillonne, dont les paroles ne veulent rien dire (sérieusement, si vous comprenez la moindre chose à n’importe laquelle des chansons de ce disque, prévenez-moi), qui ont l’air de jouer tout ce qui leur passe par la tête et voient après si c’est accrocheur ou non, le tout avec une confiance en eux délirante, personnellement, j’adore. Le truc, c’est qu’avec Wetdog, c’est très souvent accrocheur. Le morceau qui illustre parfaitement ça, c’est « Fist Face ». Tout semble sonner faux. Mais alors vraiment tout. Mais c’est comme certains de ces groupes qui passent dans Tracks, l’émission d’Arte. C’est bizarre, souvent mal joué, mais impossible de les zapper.

La musique de Wetdog a du être avant-gardiste à une époque. Voilà ce qu’elles font : du punk avant-gardiste de la fin des années 1970. Si vous considérez que la musique doit être de son temps pour être bonne, fuyez et ne revenez pas ! Sinon, passez au paragraphe suivant.

L’atmosphère de Frauhaus! met plutôt mal à l’aise. La faute à ce jeu de basse pesant, hypnotique, à la limite du drone, et aux choeurs qui viennent rendre le tout encore plus inquiétant (« Round Vox ») voire suffocant (« Tidy Up Your Bedroom », ). « Ethiopia », au milieu du disque, illustre bien cela : la rythmique est lourde, les petites mélodies aux synthés sont dignes d’un film d’horreur de série Z… Et alors « New Year », j’vous en parle même pas. Même quand les oiseaux sifflotent et que le chant se fait plus mélodiques (« Trees Fall »), c’est pour mieux nous remettre un drap noir sur la tête.

Tout n’est pas toujours aussi noir, mais les meilleurs morceaux le son. Il y a bien « Trehorne Beach Song », beaucoup plus pop que le reste et ensoleillé (si j’ose ce jeu de mots à la JD Beauvallet), ou encore l’excellent « Lower Leg », que je me suis surprise à fredonner plusieurs fois depuis quelques fois. Entre deux expérimentations un peu ratées mais pardonnables (comme l’horrible « Long Long Time to Go » ou l’horripilant « Night Comes Down »), les Anglaises sortent des morceaux qui me font dire que ces filles ont, définitivement, quelque chose. Là où le bas blesse, c’est quand le lo-fi perd de son charme et que le manque de consistance des morceaux se fait ressentir brutalement. L’impression d’être en face d’un album de démos risque alors de vous gâcher complètement l’écoute de Frauhaus!.

C’est pas encore au point, ce ne le sera peut-être jamais, on s’en fout, c’est pas ça qui importe. Ce qui compte c’est qu’elles arrivent a me donner envie de vous en parler longuement, alors même que leur disque est loin d’être excellent. Moins carrées que leurs copines Vivian Girls, Wetdog tire plus du côté de la no wave que du punk, et j’pense que si elles arrivent à gagner en consistance et à aligner 8 à 10 morceaux vraiment solides, elles tiendront un troisième album du tonnerre de Zeus (celui-ci représente déjà une avancée : le premier totalisait 21 morceaux !).

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