Critique de « Hidden » (2010) de These New Puritans

These New Puritans
Hidden
Label : Domino
Sortie : 18 janvier 2010
Stéréotype : Pop, Expérimental
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Amazon MP3 (5€)
Extraits

Dès les premières minutes de Hidden, je me suis dit que les p’tits Anglais avaient pris la grosse tête. Bah oui, une intro orchestrale pareille (avec hautbois et cor il me semble, je n’y connais pas grand-chose), suivies d’un « We Want War » qui part dans tous les sens, pas de doute possible. Après un excellent premier album, chroniqué ici, These New Puritans reviennent dans les bacs accompagnés d’une « hype » pas possible, salués par Pitchfork et les Inrocks et descendu en flammes par Magicrpm. Une fois n’est pas coutume, je me range du côté des deux premiers.

Se ranger d’un côté ou de l’autre, c’est bien ce dont il s’agit dans une critique de Hidden, tant les réactions qu’il a suscité sont parfois extrêmes, dans un sens comme dans l’autre. D’un côté on parle de disque « immense », de l’autre on parle de bouillie infâme… De mon côté, j’ai trouvé ce disque passionnant. Démesurément ambitieux, parfois indigeste, mais véritablement passionnant. Ecouter ce disque, c’est perdre tous ses repères. C’est pas du rock, c’est pas de la pop, t’as un hautbois qui côtoie un beat à la Jay-Z, et au milieu de tout ça : Jack Barnett et sa voix de sale gosse.

Bon dieu que ce type est énervant. Il dit ne rien aimer du rock contemporain et n’admirer que des compositeurs morts et des producteurs de rap et r’n’b. Ce qui est sûr et intéressant pour nous, c’est qu’il déborde d’idées musicales en tous genres. Il a essayé sur Hidden de trouver une sorte de cohérence à ses délires, entre ses envie de hautbois, son attirance pour les rythmiques acrobatiques, les choeurs extravagants…

Vous vous en prenez plein les oreilles pendant 43 minutes. C’est difficile de ne pas trouver ce disque indigeste par moments (« Three Thousand », « Hologram »), mais encore plus difficile de ne pas lui reconnaître les qualités d’un grand disque : d’une part, le critique a vite fait de s’emmêler les pinceaux en essayant d’en décrire le son. Je ne m’y aventurerai pas, mon boulot c’est de vous donner envie d’aller l’écouter. D’autre part, il ne fait aucun compromis à une quelconque mode, il est inétiquetable, mais n’en reste pas moins abordable pour le/la néophyte. Impressionnant, certes, mais qui ne doit pas vous faire peur.

Je n’ai même pas essayé de comprendre quoique ce soit aux paroles. J’avais tenté de le faire pour le précédent, les adjectifs cérébral et abstrait m’étaient venus à l’esprit, ce qui vous situe un peu le niveau de bizarrerie. Beat Pyramid avait déjà suscité des réactions extrêmes, à l’époque déjà je parlais d’un des groupes les plus intéressants de l’année, de la voix énervante de Barnett et de l’étonnante maturité du groupe. Avec Hidden, le « intéressant » s’est transformé en passionnant. Ne passez pas à côté de ce disque ! (visitez les liens ci-contre)

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Two minutes of Hidden were just enough to think those Englishmen went bananas from fame. See from yourselves : an orchestral introduction (English horns, French horns and…er…Whatever horns, I don’t know much about orchestras anyway), and then “We want War” literally going mad. Their first album (reviewed here) was excellent. Now they’re coming back with an astounding “hype”, acclaimed by Pitchfork and Inrocks, shot down by Magicrpm. As it happens once in a while, I’m with the first two on that one.

So far, it seems if you want to make a good review of Hidden you have to choose either one extremum or the other, e.g. join the “immense” side or the “ignominious chicken soup” one…
From where I’m standing, this disc is really exciting. Overwhelmingly ambitious, sometimes hard to swallow, but eventually, exciting. Listening to it is forgetting most of what you knew about rock or pop. It is supposed to be either of them, or maybe both, but it’s none. Finding an English horn over a Jay-Z-ish beat with Jack Barnett’s lad teenager voice quite explains that.

God that guy is frustrating. He says he doesn’t like anything from modern rock at all, ‘says he only admires dead composers and R’n’B or rap producers…What’s sure and relevant to us is that he’s filled up with musical ideas from any kind. On Hidden he tried to give some sense to his deliriums, fulfilling his needs for brass,acrobatic rhythms and unusual choirs.

You’ll spend 43 minutes wondering what the hell is happening to your ears. It’s quite hard not to find some songs difficult to listen to (“Three Thousand”,”Hologram”), but it is harder not to find any adjective you’d use speaking of a great album. On the one hand, critics spend a hard time trying to describe the sound coming from this disc. I won’t even try, my job is just to make you listen to it. On the other hand, probably nobody will ever find a label that would fit to it, so it’s not compromising any kind of trend, but yet neophytes shouldn’t be afraid of listening to it. Impressive indeed, but don’t be scared.

I didn’t even try to understand a word of the lyrics. I gave it a shot, for the previous album. “Cerebral” and “abstraction” would be the two adjectives I’d use, just to give you a rough idea of how bizarre it is. Beat Pyramid already had his own extreme critics. Back then, I believed they were one of the most interesting bands of the year. Barnett had already an annoying voice, and they already had a stunning maturity. Hidden just turned the “interesting” into “exciting”. Don’t miss this album !
(check out the links)

Il y a 5 commentaires.

  1. Je me méfie souvent des critiques trop élogieuses, et surtout du mot « hype » collé à cet album, un simple effet de mode ? Mais là, je dois dire qu’après avoir écouté quelques titres et vu le superbe clip WWW, ça donne vraiment envie de poursuivre l’aventure… Tu aimes ou tu détestes mais en tous cas tu ne restes pas indifférent

  2. Un album incroyable de la part d’un groupe dont je n’attendais rien. C’est pas de la pop ni du rock effectivement, on s’approche plus de la musique contemporaine répétitive élaborée par Steve Reich. Trés bonne chronique dans Noise Magazine également.

  3. très bonne surprise en première partie de The XX à l’ancienne belgique, ya du coil, du neubauten, du in the nursery, mais en plus rèche et groovy

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