Critique de Oracular Spectacular (2008), par MGMT image photo pochette cover

Critique de Oracular Spectacular (2008), par MGMT image photo pochette cover Oracular Spectacular

par MGMT

Columbia – 2008

Critique de Oracular Spectacular (2008), par MGMT image photo pochette cover

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Vous devez vous dire : « Ah ben c’est pas trop tôt ! ». Il est vrai que j’ai pris mon temps pour me faire mon idée sur le premier album des new-yorkais MGMT, Oracular Spectacular, sorti dans les bacs en janvier dernier. J’ai adoré lire les réactions, contrastées, à cet album. S’il faut lui reconnaître une qualité, c’est d’avoir fait parler de lui, et dans des termes complètement dingues parfois, divisant les critiques, intriguant, énervant, enthousiasmant de manière délirante parfois, bref, ces deux joyeux drilles ont incontestablement marqué de leur empreinte cette année 2008.

À croire que je peux tout aussi bien complètement me faire prendre dans la hype qui accompagne un disque (prenons pour exemple Late of Pier ou Flying Lotus), mais également passer complètement à côté et sortir d’un de ces disques complètement interloquée et penser quelque chose du genre : « Ouais, ok, il y 2 méga-tueries, mais bon, le reste est merdique, non ? ».

Il existe deux positions face à ce disque. Celle, analytique, froide et chiante de Kevin O’Donnell de Rolling Stone : « This space-rock gem mocks the clichéd coke-and-hookers rock-star lifestyle, over big synth whooshes. », ou s’enthousiasmer de manière complètement délirante comme Andrew VanWyngarden, chanteur du groupe : « The apocalypse is in the zeitgeist… but it doesn’t have to be about death and destruction; it could be the shattering of a mass hallucination…where the human race realizes its true potential! ». D’un côté on nous dit : c’est une bande de néo-hippies fans de synthés qui s’amusent des clichés du rock, et de l’autre on vous présente une nouvelle vision du monde sous la forme d’un méga-trip hallucinatoire révélateur, une espèce de breakthrough à la The Doors.

Je me situe entre les deux. Sur « Time to Pretend », « Electric Feel » et « Kids » je suivrai Andrew et Ben au bout du monde, mais sur le reste de l’album, j’ai plus tendance à me complaire dans un non-enthousiasme plat comme le critique de Rolling Stone.

« Time to Pretend », que visait particulièrement la phrase de O’Donnell, me fait penser à « Immigrant Song » de Led Zeppelin, sorte de manifeste rock épique et magnifique. Une de ces chansons qui ne peuvent souffrir d’aucune critique. À quoi bon ? Tout ce qui fait l’essence de la musique de MGMT se trouve dans les 20 premières secondes de cette chanson qui touche en plein coeur, en pleines tripes. Le genre de chanson qui vous donne une envie de vivre gigantesque, qui donne envie de faire avancer tous les projets que vous aviez remis à un peu plus tard, et qui, dans 50 ans, vous rappellera votre jeunesse, vous fera pleurer de nostalgie et de mélancolie. Il n’y en a beaucoup des chansons comme celle-là, je n’ai pas assez d’expérience pour vous sortir un truc du genre « tous les 5 ans », mais je peux vous dire que c’est vraiment très rare.

Et ce qui est encore plus rare, c’est d’en trouver 2 comme ça, sur un même album. « Kids » repose sur le même principe, une mélodie simplissime au synthé, un space-rock disproportionné, une nostalgie palpable… Ces deux chansons sonnent terriblement neuf mais en les réécoutant, j’ai déjà l’impression d’écouter des classiques. Ce sentiment ne trompe pas !

Mais, mais, mais, il y a un mais, un assez gros mais même. Je suis passée complètement au travers de la deuxième partie de l’album, je n’y vois rien de bon. MGMT m’a même fait penser au pire de Muse, c’est vous dire l’horreur. « 4th Dimensional Transition » est incompréhensible et à la limite du supportable, « Pieces of What » est étonnante, bien qu’inintéressante, et la dernière minute est inaudible, et le reste n’a rien de bien original, si ce n’est ce mélange d’éléments de new-wave-synth-pop, de disco, et même de britpop, qui fonctionnait admirablement bien dans la première partie du disque et qui perd complètement de sa saveur et de son efficacité dans la deuxième.

« Time to Pretend », « Electric Feel » et « Kids », voilà les 3 étoiles de ce disque, qui, un peu à la manière du All Hours Cymbals de Yeasayer, enthousiasme démesurément au début et déçoit progressivement jusqu’à la fin du disque, à tel point qu’on serait en droit de se demander si ces groupes seront capables de confirmer leurs talents. Et puis je me rappelle que ce sont tout deux des premiers albums, et que la raison de ma relative frustration à la fin de leurs disques respectifs est dû à leur potentiel gi-gan-tesque.

Combien d’étoiles pour ce disque ?
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