Critique de « Outland » (2008), de Marie Modiano

  • 29 octobre 2008
  • Par Eddie

Chronique

Marie Modiano - Outland Outland

par Marie Modiano

Naïve – 2008

Album 4 étoiles

 

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Outland, le deuxième album de Marie Modiano, est sorti ce mois-ci chez Naïve et le moins que je puisse dire, c’est que je ne m’attendais pas à vous en parler. Oui, encore une comédienne française qui s’est lancé dans la chanson, et une « fille de » en plus, la totale. Seulement voilà, elle est aussi et surtout la protégée de Peter Von Poehl qui, en plus de l’avoir emmené avec lui en tournée pour lui faire connaître la scène, lui a produit ce disque qui est une des très jolies surprises de l’année.

Je crois qu’il est bien pire pour une artiste d’avoir un nom qui dit vaguement quelque chose que de sortir de la « Nouvelle Star ». Le mieux est de se faire oublier, et d’avancer discrètement en se faisant épauler par les bonnes personnes. Et auditivement, Marie Modiano a fait les bons choix. Je ne saurais pas vraiment vous expliquer pourquoi, mais elle me fait penser à Scarlett Johansson. Ou plutôt à la voix de la blonde plantureuse. Ou plutôt à la voix que j’avais espéré entendre et qui fut cachée derrière des arrangements douteux, voilée de mille et une façons pour obtenir un disque très loin d’être agréable.

Sur Outland, la voix de Marie Modiano est parfaitement mise en valeur : elle est sereine et grave, classique tout en étant intriguante, toute en retenue, sans accroc, sans tics vocaux horribles ou volonté d’impressionner, non, juste une volonté de plaire, sans en faire trop, ni pas assez. Elle porte des textes admirablement bien écrits et assumés, en anglais, mais qui, traduits en français, garde leur sens. J’insiste là-dessus car c’est tout à fait inédit, et j’exagère à peine. Et lorsqu’elle nous perd un peu en chemin, c’est le talent de Peter Von Poehl qui nous prend par le bras.

Les compositions de l’album touchent plusieurs fois à la perfection. Encore une raison de se prosterner devant le génie de ce Suédois qui n’a pas fini de nous pondre des perles mélodiques comme « Searching for Pearls », « Butterfly Girl » (ma préférée de tout l’album, une vraie merveille, les Beatles n’auraient pas fait mieux) ou la bulle de savon « Drifters in the Woods ». Toute en délicatesse et subtilité, la pop-folk de Outland sait se faire reposante, mais aussi entraînante et enlevée comme sur « Butterfly Girl » précédemment citée, et dont je ne sais déjà plus me séparer.

Les arrangements très sixties sont parfaits eux aussi, rien d’ostentatoire, on reste dans une sobriété toute suédoise. L’ensemble est merveilleusement fluide, travaillé par les petites mains de la Française et du Suédois, couple dont on espère qu’ils continueront de travailler ensemble. Tout n’est pas parfait toutefois, certaines chansons manquent d’originalité et peinent à capter l’auditrice, mais restent agréable à écouter, tout en sachant qu’on les passera lors de la troisième ou quatrième écoute de l’album (je pense à « Carson, Flannery & Jean » sur laquelle j’ai failli m’endormir).

Marie Modiano et Peter Von Poehl ont réalisé le meilleur album de pop-folk à la française que j’ai écouté, plus intriguant et original que Keren Ann, moins chiant que Charlotte Gainsbourg, et dont les subtilités se révèleront à vous au fil de vos écoutes, nombreuses j’en suis sûre. 

 

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