Critique de « Skying » (2011) de The Horrors

  • 21 juillet 2011
  • Par Eddie

Critique de « Skying » (2011) de The Horrors


Label : XL Recordings
Sortie : 11 juillet 2011 (UK + web)
Stéréotypes : Pop, New Wave

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J’étais partie pour massacrer ce disque. Le réduire en bouillie, déverser un torrent de méchancetés gratuites sur un groupe qui ne m’a jamais vraiment plu. Tout était prêt : j’avais écouté NRJ pendant 28 secondes, j’avais englouti un demi-litre de café, mes arguments étaient prêts avant même d’avoir écouté le disque (honte sur moi). Les critiques anglais étaient extatiques, citant dans leurs papiers des références venues des années 80 (New Order, Simple Minds) qui m’ont convaincu que Skying était l’occasion de régler mes comptes avec tous les groupes abusant des synthétiseurs et de textures sonores qui m’ont toujours fait grimacer. Le couteau entre les dents, j’étais prête pour une critique négative qui allait générer des commentaires enflammés.

Et là, c’est le drame : l’album me plaît.

J’exagère. Juger un disque avant de l’écouter n’est pas une habitude de la maison. Mais il est vrai que tout indiquait que ce disque allait vite finir à la corbeille. Au final, après plusieurs écoutes, je ne peux m’empêcher d’admirer le travail des Horrors, leur nouvelle appétence pour les mélodies pop grandioses et leur capacité à utiliser les synthés sans m’énerver.

Le premier album des Horrors, Strange House, était inécoutable, toute fan de garage psychotique que je suis. Primary Colours était bien meilleur, mais en même temps ils partaient d’assez loin. Du psychédélisme krautrock ancré dans les années 70 de Primary Colours, ils ont sauté à pieds joints dans la pop et la new-wave de nos chères années 80. Que leur musique vous plaise ou non, vous devez bien avouer qu’ils en ont dans le pantalon pour enchaîner trois virages à 180° en trois albums. Allez donc réécouter Strange House après Skying, vous vous rendrez compte du chemin parcouru par les cinq Londoniens.

Dès qu’il s’agit de vous décrire la musique de Skying, j’ai beaucoup de mal à ne pas empiler les références. C’est le niveau-zéro de la critique que de pointer de simples ressemblances entre les groupes, mais dieu sait qu’une liste de groupes longue comme mon bras va venir à l’esprit de ceux et celles d’entre vous qui ont un faible pour la pop de la fin des années 80 et début des années 90. Talk Talk me semble être la référence la plus à propos et qui devrait convaincre certains d’entre vous de donner sa chance à Skying. L’influence de My Bloody Valentine est toujours plus que palpable, mais les Horrors ont beaucoup d’autres cordes à leur arc et ils le démontrent avec éclat avec ce disque.

Un album qui respire, un album aux paysages sonores qui semblent s’étendre à l’infini, un album qui mélange pop, space-rock et shoegaze avec brio et met en lumière les talents individuels du groupe. Tout est plus léger, spacieux, épique. Primary Colours avait son lot de morceaux très accrocheurs, Skying également, mais ce ne sont plus les riffs de guitare qui impressionnent, mais tous les aspects du morceau qui font que vous n’arrivez pas à en détacher votre attention. Les changements de rythmes superbement bien placés, la voix plus lumineuse que jamais de Faris Badwan, les formidables montées en puissance orchestrées par les quatre musiciens derrière lui, à ce niveau-là on ne parle plus de maturité, les Horrors sont dans la cour des très grands.

Honnêtement, il n’y aucun titre à jeter. Sachant que j’étais partie pour massacrer ce disque, vous mesurez maintenant à quel point il est réussi. « Endless Blue » et « Moving Further Away » sont les deux très grosses sensations, mais « Changing the Rain », « I Can See Through You » et « Still Life » sont bien plus que convaincants.

Je me demande comment les fans de Primary Colours vont réagir en découvrant Skying. Le groupe montre clairement de nouvelles ambitions et devrait gagner des légions de nouveaux admirateurs grâce à ce disque, mais un tel virage pop devrait pousser de nombreux fans à sauter du wagon. Il y a vraiment un morceau qui fait penser à Simple Minds. Simple Minds, quoi, c’est dur à avaler. Mais croyez-moi sur parole : si j’ai pu passer outre mes a priori et aimer ce disque, alors vous pourrez le faire également. N’allez pas non plus vous forcer, hein. Mais personnellement cet album est la plus inattendue des réussites de l’année.

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