DEVENDRA BANHART – Mala (2013)

  • 14 avril 2013
  • Par Eddie

DEVENDRA BANHART
Mala

(Nonesuch Records, 2013)



par Eddie

J’avais quitté Devendra Banhart en 2008 avec le clip de « Carmensita », dans lequel jouait sa petite amie de l’époque, une certaine Natalie Portman. Depuis ce clip j’ai un peu perdu de vue le charismatique dandy freak-folk au nom étrange. Je commence avec cette critique de Mala, son huitième album solo, ma redécouverte du riche et captivant univers musical de cet Américain d’origine vénézuélienne. Devendra est une figure emblématique du new weird america, une sorte de sous-genre musical qui est un joyeux mélange de folk, musique psychédélique et rock, avec des tonnes d’inspirations des quatre coins du monde et des velléités expérimentales assez téméraires.

Une bande de hippies sous acide, quoi. CocoRosie, Animal Collective, Joanna Newsom, Ariel Pink, of Montreal, tUnE-yArDs, tous ces gens-là ont été d’une manière ou d’une autre rapprochés de ce genre que, personnellement, j’adore. Ils s’affranchissent de tout cadre musical pré-défini, tentent des choses tout en conservant des mélodies accrocheuses et en cherchant vraiment à faire plaisir aux auditeurs. Les regrouper sous une seule bannière tient plus d’une astuce marketing que d’une claire connivence artistique car ils partent tous plus ou moins dans tous les sens.

Voilà le souvenir visuel que j’avais de Banhart, quelque part en 2008 : cliquez ici

Et voilà comment je le retrouve en 2013 : cliquez là

Plus très freak, hein ? Fini la barbe de trois kilomètres et le look à la Jack Sparrow en vacances, pour cela allez plutôt chercher du côté de l’excellent Edward Sharpe et ses Magnetic Zeros ! (ici ou )

Mais musicalement, soit ce qui nous intéresse, plutôt que la longueur de la barbe du bonhomme, c’est toujours aussi diversifié et captivant. Autant vous le dire tout de suite, le principal défaut de ses albums est leur irrégularité, avec des morceaux complètement inintéressants et transparents, et d’autres absolument sublimes. Bref, parfois, il s’éparpille. Mais quelque soit le style musical qu’il choisit, il sait nous sortir une mélodie simplissime et jamais entendue, qui se glisse sans mal sous la peau pour ne plus nous quitter. En plus de ça il touche sa bille au niveau des paroles, dans lesquelles il soigne un style romantique et drôle. Et pour couronner le tout sa voix est loin d’être désagréable, que ce soit en mode crooner-bohème ou en mode folkeux-latino-plage-et-feu-de-bois. Il a donc tous les ingrédients pour créer de sublimes petits morceaux, et il touche au but assez régulièrement.

Alors certes, Mala n’est pas un nouveau Cripple Crow, il n’y a pas autant de perles, mais dieu que ce disque est agréable à écouter. Pour une fois, il a réussi un album dans lequel les morceaux s’enchaînent sans rupture. Moins d’arrangements grandiloquents, moins de dérapages stylistiques incontrôlés, mais une qualité constante tout au long du disque. Une certaine retenue aussi, peut-être.

Cela fait argument commercial à la Auchan, mais je m’en fous : c’est un album de vacances. Cette remarque est probablement influencée par le fait que je sois en vacances et que, comme vous l’avez remarqué, il fait beau dehors aujourd’hui. Mais quand même, écoutez « Mi Negrita » et dites-moi que vous ne vous imaginez pas en train de déguster un cocktail sur une terrasse en bord de mer. « Für Hildegard Von Bingen », le morceau qui détonne le plus par rapport au reste, avec sa ligne de basse funky, a quelque chose d’une fin de soirée d’été. « Won’t You Come Over » et « Cristobal Risquez » et dans une moindre mesure « Hatchet Wound » sont bien plus lumineuses et me rappellent les nombreuses petites perles légères et joyeuses des précédents albums de Banhart.

Même s’il ne semble plus aussi déluré qu’avant, Devendra Banhart reste un artiste des plus originaux et, j’insiste, captivants. Une bulle de tendresse et de douceur sous la forme de musique folk originale et romantique. Le bonhomme est toujours aussi imprévisible et même si ce disque surprend moins que les autres, il n’en reste pas moins l’un des plus réussis de l’éternel dandy folk.

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