DUCKTAILS – The Flower Lane (2013)

  • 9 février 2013
  • Par Eddie

DUCKTAILS
The Flower Lane

(Domino, 2013)

par Eddie

Les enfants, il y a quelque chose de nouveau dans ma vie. J’ai bien dire « les enfants » car je sais que parmi vous se trouvent des gens qui sont 2 ou 2,5 fois plus âgés que moi (bonjour maman et papa !), ça m’éclate. Il y a quelque chose de nouveau. J’ai l’impression de passer du côté obscur de la Force, celui du synthétiseur. J’ai toujours eu une saine horreur des synthés, probablement à cause d’une haine pavlovienne de la pop des années 70 et des années 80. J’sais pas, c’était physique. Mais depuis quelques temps, tout ça changé. The times they are a-changin comme dirait ce vieil SDF. J’ai pas pour habitude d’analyser les choses dès qu’il s’agit de musique, mais j’ai l’impression de trouver moins de nouveaux groupes rock intéressants, donc forcément je tourne mon attention vers la pop et tous les genres, sous-genres, styles, sous-styles, mouvances, sous-mouvances et autres machin-trucs qui gravitent autour. Peut-être aussi que cet attrait pour les sonorités pop-ïsantes sous inspiration eighties est une façon de sortir de cette zone de confort qu’est le garage-rock-psyché-roll-bidule-chouette dans laquelle je me complais depuis des années. Y a-t-il un psy dans la salle ?

Tout ça pour vous dire que des morceaux comme « Timothy Shy », l’un des titres-phare du nouvel album de Ducktails, me font grimper au rideau comme une des vingt-cinq mille pépites rock d’un Ty Segall par exemple. Qui l’eut cru.

Ducktails est le projet de Matthew Mondanile, qui se trouve être également le guitariste de Real Estate, groupe que je vous recommande chaudement. Il a déjà sorti trois albums et une paire de 45 tours, sur lesquels il peaufine un style regorgeant d’influences pop des décennies sus-évoquées. Et quand je dis influences, ce sont bien des influences, car son style est tout à fait particulier et en aucun cas une pauvre imitation. Difficile d’expliquer ce qui rend sa musique si unique sans tomber dans une description de tous ces petits éléments qui donnent à chaque morceau une saveur si particulière.

Ce n’est d’ailleurs pas un album très homogène, les morceaux ne fondent pas l’un dans l’autre comme ils peuvent le faire sur un album de Real Estate par exemple. Ce qui est conservé d’un morceau à l’autre, c’est cette douceur, cette tendresse, cette chaleur, cette impression que la musique vous enveloppe et que la voix de Mondanile vous guide au travers d’un rêve éveillé. Il vous emmène sur « Planet Phrom » ou « The Flower Lane », et si vous fermez les yeux, vous y êtes. Par contre, quand il m’emmène sur « Academy Avenue », je ne le suis pas. Placée à la fin de l’album, on dirait une démo, et il y manque tout ce qui fait que les précédents morceaux sont excellents : une production d’une clarté éblouissante (légèrement surfaite parfois), une instrumentation large avec une cohésion sans failles entre les différents musiciens, la chaleur et le groove dont je vous parlais plus haut… Et le chant de Mondanile ne rattrape pas l’affaire.

Cela ne fait qu’amplifier le plaisir ressenti à l’écouter de « Under Cover », « Timothy Shy », « The Flower Lane » ou « Assistant Director », mes quatre morceaux préférés : entendez par là que je me les écoute à peu près cinq fois par jour depuis trois semaines. Aucun intérêt à vous les décrire, vous comprendrez pourquoi je les adore en les écoutant. Je n’ai pas souligné l’omniprésence de la guitare de Mondanile qui fait tout simplement des miracles sur tous les morceaux, et notamment lorsqu’il nous gratifie de petits soli comme celui de « Timothy Shy », qui m’a littéralement achevé.

Il y aura peu d’albums pop aussi bons que The Flower Lane en 2013, vous devriez en profiter dès à présent !

→ Ecouter cet album sur Spotify
→ Ecouter des extraits sur Grooveshark

Il y a 2 commentaires.

  1. oui! cet album est très bon!! j’ai une question le chanteur de Real Estate est le joueur de synthé de Ducktails, ou il n’apparaît que pour quelques prestations?

  2. Une vraie découverte pour moi… dont le merveilleux et étheré « Letter of intent »….

Laisser un commentaire


Reçois les nouveautés par email

Rejoins les 1000+ abonnés ! Entre ton adresse email, clique sur le bouton, entre le code pour vérifier que t'es pas un robot, puis direction ta boite email pour valider ton abonnement :