DVA – HU (2010)

DVA
HU

(Indies Scope, 2010)

par Théodore

J’ai découvert DVA au détour de leur collaboration à un jeu vidéo génial nommé Botanicula, où leur musique très organique, pleine de bruits, de clapotis, de tintements, s’installait à merveille dans la petite fable vitaliste développée par très mignon point’n’click. Quand bien même c’est leur plus récente production, je la trouve un poil trop dévolue à jouer la toile de fond (ce qui est bien normal). HU est leur dernier réel album : sorti en 2010, c’est un petit bijou de bruitisme, d’originalité, de diversité, où se croisent des mélodies folk, des thèmes franchement dansants, des morceaux qui s’encanaillent et frisent le slam, des voix toujours vaguement enfantines, le tout étant scandé dans des langues inventées, très musicales, immanquablement teintées de leur tchèque maternel.

Les albums de DVA racontent des histoires : Fonók se voulait une compilation de chansons folkloriques de nations imaginaires, HU se présente comme une compilation de chansons populaires de radios imaginaires (probablement de ces mêmes nations). Passons sur les ambitions du groupe, qui sont amusantes, voire touchantes, mais aussi démesurées : le titre se justifie comme étant une espèce de son originel, le cinquième nom de famille le plus répandu au monde, un ancien mot égyptien pour « Dieu », entre autres humilités. Mais quelques contorsions d’artistes pour défendre leur steak ne viendront pas gâcher mon plaisir.

Diversité, donc. Difficile de trouver un morceau représentatif de l’album, qui se revendique de ce côté catalogue et explore donc à droite à gauche sans vraiment se fixer sur une influence ou un genre : l’électro acidulée en ouverture avec « Animak », une bossa avec « Fattal », la ballade funèbre avec « Baltik », les couplets parlés de « Tihop »… « Hap Hej » serait peut-être le morceau le moins éloigné de l’ADN musical du groupe, et aussi un des plus beaux morceaux de l’album avec son refrain en forme d’envolée vocale enfantine.

Diversité, surtout, des sons. La majeure partie des arrangements semble faite à la bouche : le chant et les chœurs, bien sûr, mais aussi de nombreux petits bruits en retrait. Le reste prolonge ce côté très vivant, animal, avec beaucoup de choix de sons très organiques et naturels, même quand ils ne le sont pas réellement : on a toujours l’impression d’entendre un bruit d’eau, un grincement, un frottement. Quelques instruments acoustiques viennent souvent emporter les morceaux dans un élan trad au bout de deux ou trois couplets, et l’électro n’est pas non plus étrangère au duo DVA. Toutes ces origines différentes forment une espèce de maelström génial, une symphonie générale où tout s’imbrique et fonctionne ensemble.

Je ne sais pas trop comment terminer. J’écoute principalement la musique par albums entiers : pour que je revienne sur un, il faut en général un thème accrocheur dans les premiers morceaux, qui attire mon attention. Ici, c’est clairement « Tatanc ». Je ne sais pas si DVA a d’autres projets arrivant bientôt, mais je vous invite à prolonger le plaisir en jouant à Botanicula, dont ils ont composé cette année la musique, et qui semble avoir été fait pour eux.

→ Ecouter cet album sur Bandcamp
→ Ecouter cet album sur Soundcloud

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