fun. – Some Nights (2012)

fun. – Some Nights (2012)

Fun – Some Nights by Eddie Williamson on Grooveshark

Label : Fueled by Ramen/Nettwerk | Sortie : 21.02.12
Stéréotype : Rococo pop-rock
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Ils s’appellent fun. , oui, en minuscule et avec un point, et comme au fond de moi je suis un petit gaga de Queen, de la pop ultra orchestrée, des millions de coups de poliche au mixage et du vocodage (mais j’ose pas trop en parler), leur deuxième album Some Nights m’a plus ou moins liquéfié. Désolé aux puristes du son pas trop retravaillé (j’en suis, parfois, mais ça dépend) que l’album laissera de marbre, nous on va faire du poney magique dans la forêt arc-en-ciel.

Oui parce que Some Nights ne fait pas dans la dentelle. C’est une avalanche de sons surfaits, de chœurs, de vocodeurs bizarres, c’est contrasté à l’extrême, ça crie à peu près tout le temps. L’ambiance est acidulée, préfabriquée, une sorte de symphonie pompeuse — ils ont même été inclus dans une B.O. des Sims. Autant être clair : ça va loin. Très loin. Dans « One Foot », les paroles frisent le « je mets le doigt devant, je mets le doigt derrière ». Mais je mets au défi quiconque de ne pas bouger un peu la tête dessus. Si l’artificialité était un problème pour tout le monde, Queen n’aurait jamais percé, ce qui serait vraiment dommage ; et avec l’intro, je défie quiconque (c’est une manie) de contester l’héritage de Freddy Mercury — imaginez-le vocodé à outrance, pitché, robotisé, et vous avez Nate Reuss, leader de fun. Il y a les chœurs d’une précision chirurgicale, les changements brusques d’ambiance, de volume, les entrées inattendues d’une guitare saturée : ça y va franco, ça n’est jamais frileux. C’est à peu près ce qu’il y a à dire de « Some Nights » (morceau éponyme), dont le rythme très voire trop entrainant en ferait une très crédible chanson officielle de Coupe du Monde, et aussi de « We Are Young ».

En général, les morceaux sont progressifs. L’entame est pop, presque acoustique, et attend l’explosion du refrain pour tout propulser dans la galaxie à coups d’effets divers, de pistes en plus et d’arrangements pompiers. Surtout, Nate Reuss est très doué pour amener des éléments inattendus au milieu des morceaux. Il lance un thème, le fait tourner juste ce qu’il faut, et attend deux minutes avant d’incorporer l’ingrédient magique: je pense notamment au refrain de » « Carry On », un accord en plus, un peu de cornemuse dans le fond et zou, on change de dimension. « Why Am I The One recèle son lot de jolies surprises aussi ; tout comme « All Alone » et son intro « ambiance clavecin ». Encore un point commun avec Queen : le souci du détail qui fait qu’on ne s’ennuie jamais. Il n’y a pas ou peu de routine dans les morceaux. En fait le seul moyen de s’ennuyer, je pense que c’est de s’en écœurer : et étant bizarrement assez immunisé contre l’écœurement en musique (plus y en a, mieux je me porte), je me permets encore une fois de mettre en garde l’oreille frileuse.

Sur la fin de l’album, nos gars ont pris soin de disséminer quelques sonorités un peu moins positives, d’amener un peu de mélancolie. C’est le cas de « All Alright » (pas de panique, on est encore à des années lumières de quoi que ce soit d’intimiste), qui donne une bonne place aux cordes. Je ne suis pas entièrement convaincu, mais j’apprécie le changement d’atmosphère. En fait, « All Alright » n’est qu’un amuse gueule : la grosse charge (on ne fait toujours pas dans la finesse) d’émotions de la fin de l’album, c’est Stars, lied choral interminable — le morceau le plus long, et de loin le plus fou. Le thème se transforme constamment, et frise l’expérimental : à la fin du morceau, on pense franchement à du James Blake. L’effet de plus en plus présent du vocodeur a un côté Terminator : plus il agit, moins la voix de Reuss a l’air vivante, comme si le masque humain tombait et révélait le droïde. C’est très troublant.

Bref, Some Nights n’est pas à conseiller à tout le monde ; certes, il faut avoir l’oreille disposée à apprécier le surarrangement symphonique et les empilements infinis de sons. Si Queen était l’opéra pop-rock des années 80, fun. tente bien, à mon avis, de jouer celui des années 2000 — la matière et le public sont différents, les dosages aussi, mais au fond la recette est la même, et j’adore.

Il y a 4 commentaires.

  1. nec+ultra…..ignoré des médias. cherche critiques et avis en vain ! dommage. c’est extra! original, génial un vrai bonheur!

  2. Some Nights est pour moi CLAIREMENT inspirée de Cecilia de Simon & Garfunkel (vous n’avez juste qu’à écouter la fin, et maintenant c’est moi qui vous défie de dire le contraire). A bon entendeur, salut.

  3. Merci de la découverte! Quel pied

  4. je trouve cet album genial etant aussi fan de simon et garfungel

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