Girl Talk, le roi du sample

  • 1 juillet 2008
  • Par Eddie

girltalk2.jpgGirl Talk c’est le nom de scène de Gregg Gillis, un mec qui arrive à faire rentrer dans une seule chanson de 4 minutes Nirvana, Fergie, Earth, Wind & Fire, Michael Jackson, Roy Orbison, INXS, Kraftwerk, Prince, P Diddy, The Beach Boys et Snoop Dogg. Ce qui en résulte est un mashup ultra-dansant, super-agréable et qui n’a rien d’une bouillie informe. Son nouvel album Feed the Animals est géniallissime, impossible de m’enlever mon sourire pendant 53 minutes et demi !

Reprenons du début. Girl Talk utilise des samples, c’est-à-dire des bouts de chansons d’autres artistes, qu’il combine pour donner quelque chose de nouveau. Cette technique s’appelle le mashup. Elle s’est beaucoup développée grâce aux rappeurs, plus récemment grâce à Eminem et Kanye West en tête, mais beaucoup de personnes se sont amusées à mixer, remixer, mélanger, souvent pour le fun et pour donner quelque chose de dansant. On peut remonter à Frank Zappa et l’énorme opéra-rock Joe’s Garage où Zappa combine en studio des solos de guitare enregistrés en live et un morceau de batterie enregistré en studio. Les puristes pourront sûrement remonter encore plus loin, et même aux origines de la musique. Mais restons au 20è siècle !

Ce que vous connaissez sûrement c’est « My Name Is », de Eminem sur The Slim Shady LP où il a pris un sample de Fatboy Slim (« Funk So brother »), ainsi que « Ice Ice Baby » de Vanilla Ice, qui a utilisé (illégalement, ça lui a valu quelques problèmes d’ordre juridique) un sample de « Under Pressure », le tube de Queen et David Bowie :

Vous vous en doutez, il y a eu des tas de procès car des artistes n’ont pas apprécié que d’autres artistes utilisent certains samples ou riffs.

Girl Talk a utilisé dans Feed The Animals environ 300 samples différents. Un truc de malade je vous dis. Je sais girltalk.jpgpas s’il a les droits ou non (il est produit par Illegal Records…), toujours est-il que c’est super bien fait. Je saurais pas vous expliquer en détails comment il fait (ou plutôt quel logiciel il utilise), ce serait pas intéressant en plus, mais en concert ce doit être vraiment impressionant. Le type n’a aucune limites puisqu’il arrive à placer un sample de Radiohead entre Jay-Z et Mary J. Blige, il utilise le riff énorme de « One » de Metallica, des bouts de Nirvana, Daft Punk, Nine Inch Nails, Diana Ross…

Tous les styles y passent, c’est vraiment jouissif d’entendre tous ces artistes s’entre-mêler ainsi. Surtout que c’est fait avec un talent certain. La plupart des samples utilisés ont été listés sur la page Wikipédia de l’album, mais le plus marrant c’est quand même d’essayer de découvrir au fur et à mesure des secondes quels samples ont été utilisés. Feed The Animals est un vrai album, pas une suite de délires persos, il y a un vrai boulot de recontextualisation, de logique, c’est minutieux et extrêmement bien réussi. Vous serez surpris, je peux vous le garantir ! Pour animer une soirée, c’est un must-have.

7,5/10

Girl Talk a pour cet album la même démarche qu’a été celle de Radiohead pour In Rainbows à savoir que vous pouvez télécharger Feed The Animals et donner ce que vous voulez, de 0$ à l’infini. Si vous donnez 10$ ou plus, vous recevrez l’album dès qu’il sera sorti, en septembre. Je vous rappelle que 10$ = 6,34€, c’est vraiment pas grand-chose. Pour vous inciter à l’acheter, voilà un extrait de l’album, « In Step », où vous pourrez (ou pas, héhé) reconnaître Fergie, Earth, Wind & Fire, Roy Orbison, Michael Jackson, Prince, Nirvana, Kraftwerk, The Beach Boys, Snoop Dogg, INXS…

Le mashup le plus improbable de tous les temps est sans doute celui qui a réuni 50 Cent et les Bee Gees, gros buzz sur YouTube, super marrant :

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