PORT ST. WILLOW – Holiday (2012)

  • 22 septembre 2012
  • Par Eddie

PORT ST. WILLOW
Holiday

(auto-produit, 2012)

par Eddie

L’album le plus confortablement tristounet de l’année. Je doute qu’il y ait beaucoup de concurrents de toute manière. Nick Principe se situe dans la même famille musicale que The Antlers (dont le chanteur est un de ses amis d’enfance), Bon Iver ou Rhye, avec leur mélange de folk, dream pop et rock qui se donne pour mission d’abattre la forteresse qui protège votre petit cœur tout mou pour déclencher une ribambelle d’émotions.

Bon, et il y a surtout cette voix. Une certaine idée de la pureté. C’est un falsetto, si je ne m’abuse, et l’ingrédient principal du premier album de ce jeune New Yorkais. Si la musique n’a pas suffit à vous faire baisser votre garde, la voix de Nick Principe devrait finir le travail en quelques secondes. S’il est facile de comprendre l’histoire derrière le premier disque de Bon Iver (une rupture sentimentale), ou le troisième des Antlers (pareil, mais racontée à travers l’analogie d’un infirmier et d’un patient en phase terminale), et donc plus facile d’être touché à la fois par la musique et les mots, les paroles de Holiday sont relativement obscures. Nick Principe ne nous expose pas littéralement sa vie, ses problèmes et questionnements, mais laisse leurs évocations faire écho aux nôtres.

Leur précédent album manquait de percussions, et donnait plus envie de dormir qu’autre chose. C’est le problème de ce genre d’albums aux textures ambient, qui se reposent beaucoup sur l’atmosphère créée par des bidouilles sonores et tombent vite dans la monotonie. Il y a certes une certaine monotonie sur Holiday, des pistes qui s’enchaînent sans même que l’on s’en rende compte. Mais l’omniprésence des percussions donnent du relief à l’ensemble, tandis que les drones en arrière-plan (sortes de bruits de fond incessants) créent une atmosphère enveloppante et confortable. Ce falsetto est également des plus addictifs. Et il est ainsi facile de se surprendre à souhaiter rester dans cet état de douce tristesse pendant plusieurs jours, du moment que Port St. Willow en compose la bande-son.

Holiday est un album éthéré et élégant, mais ne donne toutefois pas l’impression d’exploiter au maximum le potentiel du groupe. Il y a des moments où j’aurais envie qu’ils lâchent un peu les chevaux et confèrent un peu plus de puissance à leurs morceaux. C’est parfaitement égoïste évidemment, mais j’espère qu’ils auront un jour l’envie et la confiance d’aller plus loin et de donner plus d’ampleur à leur musique.

→ Ecouter cet album sur Bandcamp

Il y a 1 commentaire.

  1. Cool, moi qui suis fan de The Antlers je vais écouter ça tout de suite !

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