QUEENS OF THE STONE AGE – …Like Clockwork (2013)

QUEENS OF THE STONE AGE
…Like Clockwork

(Matador Records, 2013)

par Eddie

Voici un groupe dont j’ai parlé en tout et pour tout zéro fois sur ce site qui, soit dit en passant, approche dangereusement les cinq ans d’existence, ce qui vient de me foutre un coup de vieux comme c’est pas permis à l’instant où j’écris ces mots. Queens of the Stone Age est typiquement l’un de ces groupes qui, sur le papier, a tout pour me faire grimper au rideau. Ils font du rock qui est est souvent qualifié de « stoner rock » (ou « desert rock ») (ou « space rock ») (allez savoir), un style qui se rapproche du heavy metal, c’est-à-dire que vous avez toujours cette basse très lourde, répétitive (ct’une basse, quoi) qui fait trembler les amplis, avec des touches de blues-rock et de rock psychédélique, mais sans que cela parte pas dans un délire à la Iron Maiden, mais plutôt un croisement entre le heavy metal de Motörhead (\m/ \m/) et le rock psyché de Pink Floyd, ‘voyez. La première minute de « Keep Your Eyes Peeled », le premier morceau de …Like Clockwork illustre relativement bien ce que je viens de vous raconter, je vous assuez. Toujours est-il que j’ai toujours été plus ou moins hermétique à la musique de ce groupe.

En y réfléchissant deux minutes (pas plus, sinon mon cerveau commence à faire mal), je me dit que c’est probablement la voix de Josh Homme, chanteur (forcément), guitariste, et seul membre fondateur du groupe a être resté constamment au sein du groupe. Sans doute que sa voix était un peu trop parfaite pour moi. Enfin pas parfaite, mais « clean ». Pas suffisamment punk. La musique du groupe en elle-même était probablement trop parfaite pour moi, pas suffisamment abrasive. Bref, difficile de me rappeler précisément ce qui clochait maintenant que mon ressenti a changé du tout au tout.

Je trouve cet album particulièrement impressionnant. Impressionnant de puissance d’abord, banal à dire puisqu’on a affaire à une sorte de hard rock, mais l’expression « envoyer du bois » semble avoir été forgée pour des morceaux comme « I Sat by the Ocean », « My God is the Sun » ou « Smooth Sailing ». C’est quelque chose que l’on apprend à apprécier encore plus à force d’écouter de la musique 24 heures sur 24, mais bon sang ce que le groupe joue bien ensemble. L’harmonie est palpable, les timings sont respectés au milliardième de seconde, le moindre son fait sens au sein de chaque morceau, il n’y a rien qui dépasse, bref, plus pro, tu meurs. Entre les riffs crunchy de Josh Homme, la batterie puissante de Dave Grohl, la basse lourde sus-décrite, les claviers de Fertita, et tout le reste, tout s’articule à merveille. Leur musique est dense, complexe mais parce qu’elle jouée avec une telle précision, elle est rendue très accessible. Josh Homme est vraisemblablement perfectionniste et stakhanoviste.

Autant vous dire qu’aucun album sorti cette année ne m’a fait une plus grande impression. Les cinq premiers morceaux de …Like Clockwork sont une suite de potentiels singles, tous très accessibles, tous plus bons les uns que les autres. Je pourrais passer mon temps dans cet article à vous décrire chacun des morceaux pour vous expliquer pourquoi ils me mettent bouche bée. « The Vampyre of Time and Memory » est sans doute le morceau le plus dramatique de tous, où le chant délicat de Josh Homme fait des merveilles. Ce morceau semble fait pour la bande-originale de la série Californication, à jouer lorsque le moral de Hank Moody est au plus bas. Il n’y a que « Like Clockwork », qui me fait énormément penser à Pink Floyd, qui atteint un pareil niveau d’intensité. Et qui est parfaite également. Sur ces deux morceaux, Josh Homme expose, sans fard, une vulnérabilité touchante.

Au final, il n’y a guère que « Kalopsia », où Trent Reznor fait une apparition et que je trouve assez transparente, qui n’a pas vraiment sa place au sein de cette collection incroyable de bons morceaux. « Fairweather Friends », avec Elton John (!) au piano, Mark Lanegan et Trent Reznor, est assez grandiose dans sa construction, mais me laisse relativement de marbre, malgré le petit solo de guitare qui fait tout de même bien plaisir. « Smooth Sailing » remet les choses en place, c’est-à-dire au firmament de l’excellence rock’n’roll, avec un morceau pan-dans-ta-face qui n’est pas sans rappeler les meilleurs moments de Eagles of Death Metal, l’un des autres groupes de Josh Homme.

Pour avoir réécouté leurs précédents albums, avec donc une nouvelle perspective, …Like Clockwork ressemble à un best-of de tout ce qui fait le « son » Queens of the Stone Age. Un rock très musclé, qui sait se faire vulnérable, agressif ou carrément épique, sans jamais perdre en maîtrise ; que du plaisir. Je conseille vivement ce disque à tous les amateurs de rock au sens large, vous devriez y trouver de quoi vous mettre sous la dent.

→ L’album sort le 2 juin mais 6 morceaux sont à écouter sur la chaîne YouTube du groupe
→ Ne manquez pas également la vidéo de leur concert à Los Angeles le 23 mai dernier

Il y a 8 commentaires.

  1. Pingback: Le Choix : QUEENS OF THE STONE AGE – Concert intégral (Los Angeles, 23 mai 2013)

  2. Au mieux on attend le prochain, mais limite http://0z.fr/kQdLn

  3. Comment c’est possible de ne pas avoir parlé des QOTSA en 5 ans ? Mais mieux vaut tard que jamais…

  4. Je trouve la voix de Josh Homme totalement insupportable. Je suis fan de Kyuss, le premier groupe de Homme, mais je n’ai jamais réussi à écouter une rondelle de QOTSA en entier.

  5. Tout en sachant qu’il n’y a pas que Homme qui chante.
    Lanegan, Oliveri ont, entre autres, participé au vaste projet QOTSA.

  6. QOTSA existe depuis 5 ans ???? Je signale juste au passage que le groupe existe depuis 1996, soit 17 ans…..

  7. @LOuveau : Relis l’article, j’ai écrit que c’est ce site qui a 5 ans, pas QOTSA ;-)

  8. salut et merci pour toutes les découvertes proposées par le site.
    Pour précision, le groupe a bien plus de 5 ans contrairement à ce qui est indiqué dans l’article (sans compter les prémices avec Kuyss qui comprenait déjà des membres actifs de QOTSA). Notons également que mis à part sur l’album « songs for the deaf » (sorti en 2002, c’est dire!) sur lequel on retrouve effectivement Dave Grohl, la collaboration de ce dernier à QOTSA se limite à cela. On retrouve donc Jon theodore à la batterie (ex « the mars volta ») sur la dernière prod du groupe.
    Voilà, merci encore et bonne continuation

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