REGAL – Misery, Redemption & Love (2013)

REGAL
Misery, Redemption & Love

(Azbin Records, 2013)

par Maxime B.

La plupart du temps, lorsque les programmateurs du concert de tel ou tel groupe nous sortent une 1ère partie inconnue au bataillon, on écoute rapidement histoire de savoir si ça vaut le coup de se pointer à l’heure (ou de prévoir un budget bière d’un montant plus ou moins conséquent). Mais parfois, on finit presque par se demander si c’est pour la 1ère partie ou pour la tête d’affiche qu’on va finalement à ce fichu concert. La dernière fois que ça m’avait réellement fait cet effet-là, c’était pour The Experimental Tropic Blues Band en première partie de Heavy Trash au Grand Mix de Tourcoing, il y a quelques années de cela (et je ne m’étais pas trompé puisqu’ils ont fait un petit bout de chemin depuis, tout de même). Cette fois-ci l’une de mes révélations de ce début d’année sera ceux qui assureront la première partie de Thee Oh Sees au Marché Gare de Lyon le 24 mai prochain : Regal.

Regal, donc. Je ne connais que peu de choses sur ce groupe mis à part qu’ils viennent de Lyon. En cherchant brièvement je n’ai pas trouvé énormément d’articles ou autres sur eux– ce qui doit être en partie dû au fait que lorsque vous tapez « Regal » dans n’importe quel moteur de recherche vous avez plutôt tendance à tomber sur des trucs de type gastronomique, soit des choses qui n’ont absolument rien à voir avec le sujet de cet article. Misery, Redemption & Love, l’album qui m’a convaincu d’écrire un papier sur ces garçons, est en fait déjà la troisième sortie du groupe sur le label Azbin Records (White Fangs, Animal Trophies, Strange Hands…). Ce troisième album a en tout cas l’air d’être le bon pour les Regal puisque, bon dieu, quelle claque ! (J’ai bien conscience que cette expression doit être dans le top 3 du vocabulaire de ceux qui pondent des articles sur tous les webzines ou blogs musicaux ou tout ce que vous voulez, mais difficile de trouver un mot plus adéquat cette fois).

Misery, Redemption & Love esquisse un mouvement assez intéressant au fil de sa douzaine de titres parmi lesquels il n’y a définitivement pas grand-chose à jeter. Du premier titre, « Scarcity », à, disons, la septième piste de cet album, on a à faire à du bon garage. Et je souligne le terme « bon » qui sous-entend que les Regal ont su se détacher du côté brouillon et adolescent qui pourrait en agacer certains sur la scène garage actuelle. Mélodies de guitares d’inspiration surf music à la Black Lips (« Cat Rape Cuddle »), rythmiques simplistes mais c’est justement ce qui les rend parfois assez touchantes, un chant éraillé, aux accents torturés et chevrotant par intermittence, quelques refrains entêtants comme celui de « MHD »… A l’écoute de l’album, on sent tout de suite qu’on n’a pas à faire à un groupe qui répète tous les samedis dans son garage et qui a enregistré un semblant d’album avec un logiciel pourri histoire de le refourguer à ses potes, en somme.

On est comme happé par le rythme effréné et incessant des guitares mélodiques et rythmiques, et l’on se retrouve déjà sans trop s’en rendre compte à plus de la moitié de l’album.

La suite se veut plus calme, plus posé, mais tout en restant plus ou moins dans le même registre. Le son de guitare ainsi que la voix du chanteur s’en trouvent alors d’autant plus mis en avant. Le moment parfait de l’album intervient au onzième titre: « River Road », fait de pas grands choses (petits « ouh ouh » à la Jacuzzi Boys sur le refrain, mélodie de guitare composée seulement de quelques notes, rythmiques d’une simplicité touchante, encore une fois…) mais qui devrait émoustiller tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la scène garage actuelle type San Francisco –entre autres – et à tous ses dérivés.

L’album s’achève sur « Unveiled », titre magistral d’une demi-douzaine de minutes dont certaines parties instrumentales me font même légèrement penser à quelques passages de l’album commun de Ty Segall et White Fence sorti l’année dernière, Hair. Ce qui est un compliment. D’ailleurs si vous n’aviez pas encore compris, la plupart des remarques esquissées au cours de cet article sont faites sous formes de compliments. Ce qui implique que j’ai carrément aimé cet album et qu’il faudra encore attendre un bon moment avant que je ne me lasse de l’écouter.

Ecouter cet album sur Bandcamp

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