The Doors – The Doors (1967)

  • 27 novembre 2008
  • Par Eddie

Chronique

The Doors (1967) The Doors

par The Doors

Elektra – 1967

Album 5 étoiles

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S’il fallait décerner le prix du « Meilleur premier album », nul doute possible : la première galette en vinyle de Jim Morrison, Ray Manzarek, Robby Krieger et John Densmore se trouverait dans le top 5 (je prends quelques précautions). Vous allez finir par me dire que je suis une femme battue, mais bon sang, quelle claque que fut cet album ! La rencontre de ces 4 types nous a donné à entendre l’un des premiers disques de rock où toutes les chansons sont sur un pied d’égalité, mis à part « The End », qui ne soit pas une collection de singles, formatés ou non, comme ce qu’on pouvait écouter à l’époque. À tel point qu’en lisant la liste des chansons, on a l’impression que ce disque est un best-of.

Et le fait est que la plupart des chansons que j’écoute régulièrement des Doors figurent sur ce disque. « Break on Through (To the Other Side) », « The Crystal Ship », « Twentieth Century Fox », « Alabama Song (Whisky Bar) », « Light My Fire », « Back Door Man », « End of the Night », « Take It as It Comes », « The End », que voulez-vous que j’vous dise… Quand j’entends sur un disque une seule chanson du calibre de l’une ou l’autre des 11 pistes de l’album, je saute déjà au plafond, alors là, je grimpe au rideau dès les premières notes, et je n’en redescends qu’à la fin, lessivée, comme après l’amour.

Passons rapidement sur Jim Morrison, vous connaissez tous le personnage, ou alors vous avez vu le film d’Oliver Stone. D’une beauté ravageuse, poète, fasciné par le chamanisme, la transe, et qui trouva dans le rock le medium idéal pour toucher les foules. Passons également rapidement sur les drogues et le sexe, Morrison en consommait à foison, il est l’un des archétypes du rock et du stupide schéma « sex, drug & rock ‘n roll ». Même si c’est intéressant pour comprendre ce qu’il est devenu, pour décrypter ses textes, ce n’est pas la raison principale (c’en est une, évidemment) de mon ébahissement devant la qualité de la musique des Doors.

Ce disque est leur meilleur, car il est le plus consistant. Les 3 suivants ne comprendront que quelques titres vraiment très bons (et les 2 derniers seront presque aussi bon que celui-ci, et s’il n’était pas mort… raah…), mais celui-ci frappe juste d’entrée. Les claviers hypnotiques de Ray Manzarek sont appuyés à la guitare par Robby Krieger et à la basse par John Densmore. Ces 3 messieurs, tous parmi les meilleurs dans leur domaine, fusionnent leur influences blues, rock, jazz et même classique, pour construire un son très ambitieux (surtout à l’époque), ambition qui atteint son sommet dans les 11 minutes 4à secondes de l’inqualifiable « The End », où Morrison captive par ses textes complexes et ambigüs, chef-d’oeuvre épique et psychédélique, où tant de sentiments se mélangent, véritable voyage qui vous emmène de l’amour à la haine, où au Vietnam, si vous avez été marqué, comme des millions de personnes, par la première séquence de Apocalypse Now.

Mais quelle erreur ce serait de passer à côté des autres chansons. La recette est imparable : la beauté des paroles, provocantes, habitées, les mélodies incroyables de Manzarek, les riffs de Krieger et la batterie parfaite d’un Densmore, le tout aidé par un peu de LSD, et vous obtenez des moments de génie comme dans « Light My Fire » où les solos de claviers et de guitare vous envoient une double-couche de bonheur tandis que la voix de Morrison est plus sexuelle (à ce niveau on peut plus dire « sensuel ») que jamais. Le manifeste « Break On Through (To the Other Side) » ouvre l’album, que dis-je, propulse l’album avec son rythme rapide et ses paroles évocatrices et censurées (« she gets high » a été remplacé par le « she gets … »).

« The Crystal Ship » est une vraie chanson de rupture (« we’ll meet again »), les paroles étant un des poèmes présents dans le recueil que Morrison avait écrit avant même la création du groupe, et qui se fit descendre par la critique (la poésie et moi faisant douze, je préfère m’abstenir de commentaires). La reprise de la « Alabama Song » de Bertold Brecht et Kurt Weill (qui a mis le poème de Brecht en musique) est une de mes chansons préférées lorsqu’il s’agit d’une soirée privée et arrosée (bah oui, que voulez-vous…). La reprise du classique blues « Back Door Man » de Willie Dixon est complètement… acide, si vous voyez ce que je veux dire, Morrison y ajoute une charge sensuelle gigantesque, avec ses cris, ses « c’mon yeah » et autres « oh baby », et en concert, je vous raconte pas l’ambiance…

Un album intense et dionysique, qui sait se faire frénétique, mystérieux, fiévreux ou paisible, porté par les talents mélodiques et conjugués de ces 3 musiciens et de ce personnage génial et illuminé dans un sens pas une seconde péjoratif (la drogue, c’est mal) qu’était Jim Morrison, le Hendrix des chanteurs, dont la voix grave n’a pas fini de faire frissonner nos cages à miel, et bien plus.

Combien d’étoiles pour cet album ?
[ratings]

Et pour le plaisir, mes 3 chansons préférées des albums suivants :

[audio:http://2w.radio.free.fr/wjkbx/sons/thedoors/The Doors – 03 – L.A. Woman.mp3|titles=L.A. Woman|artists=The Doors]
[audio:http://2w.radio.free.fr/wjkbx/sons/thedoors/The Doors – 04 – Riders On The Storm.mp3|titles=Riders on the Storm|artists=The Doors]
[audio:http://2w.radio.free.fr/wjkbx/sons/thedoors/The Doors – 06 – Love Her Madly.mp3|titles=Love Her Madly|artists=The Doors]

Allez donc les télécharger là-bas, pendant qu’il est encore temps ! (comme d’hab’, clic droit, enregistrer sous)

Il y a 11 commentaires.

  1. Pingback: tapemoi.com

  2. J’approuve à 100% ! J’adooore !

  3. bon article, surtout que c pas facile de parler d’un album aussi légendaire ;)

  4. ton blog est vraimnet joli! superbe :)

  5. Hello Eddie,

    Bravo pour ton site, c’est vraiment bien, j’aime beaucoup ta façon de parler des albums, ça se sent que tu fais ça sérieusement et que tu aimes vraiment la musique.

    Seulement, je dois dire que je ne suis pas entièrement d’accord avec toi concernant les Doors… Je te conseille vivement de réécouter ‘Waiting for the sun’ (l’album, la chanson se trouve sur ‘Morrison Hotel’) et ‘Morrison Hotel’ justement, pour moi ce sont les deux meilleurs albums des Doors.

    Enfin, je te conseille aussi le coffret 4cd, avec plein d’inédits (inégaux), un superbe livret (agrémenté de belles photos, d’anecdotes et de commentaires) et surtout un Live exceptionnel à NYC en 70… Une version de ‘Ceremony of the Lizard King’, qui dépasse 10 fois le génie déjà établi de ‘The End’, pour moi LE morceaux/rite initiatique/transe chamanique des Doors. Une pure merveille (oui, j’ai écouté ce live tous les soirs en me couchant pendant plus d’un an!)

    Bonne continuation!

  6. In reply to Coon

    Celebration of the Lizard… et pas Ceremony (rah, m’énerve de faire des fautes de débutant)

  7. tout à fait d’accord avec toi,article très bien écrit,difficile de faire mieux après quand on a mis la barre aussi haut pour un premier album.pour l’album en lui même, la pour le coup »il faudrait que j’invente des mots qui sont pas dans le dicos »

  8. Je suis tout à fait d’accord avec toi, cet album est gigantesque… Toutefois pour que ça puisse être mon best-of des Doors il aurait fallu que Riders on the Storm apparaisse aussi sur celui-ci…
    Qu’à cela ne tienne, il faudra ré-écouter tous les albums! miam!

  9. pas mal mais du as tes progrés à faire
    bisous quand même

    philippe

  10. merci pour ton travail
    il faut bosser plus’je peux t’aider

  11. « Les claviers hypnotiques de Ray Manzarek sont appuyés à la guitare par Robby Krieger et à la basse par John Densmore. » …si je puis me permettre, Densmore n’est pas bassiste, mais batteur. Il a d’ailleurs un jeu de batterie tout à fait particulier dû à sa formation orientée jazz. La basse était tenue par Ray Manzarek qui jouait sur un clavier basse (un des premiers de l’époque et offert par le père de R. Krieger) de la main gauche et de l’orgue de la droite; ce qui en fait un zikos plutôt balaise…
    Lors des albums studios suivants, la basse sera tenue par des musiciens de studio, ce qui permet à Manzarek de se concentrer pleinement sur son jeu d’orgue, tout en ayant une basse beaucoup plus groovy et organique puisque ces basses seront jouées sur une « vraie » guitare basse (chaud évidemment plus chaud lorsque l’on sort de micros, plutôt que d’un clavier qui ne « capte » pas la vibration d’une corde mais « reproduit » le son). Ceci explique donc le choix de Bruce Botnick de proposer aux Doors d’engager un bassiste pour les enregistrements studios.

    Voilà pour la petite rectification sur cet article.
    Et bonne continuation dans les articles.

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