THE REBELS OF TIJUANA   La Bourgeoise (2012) image photo pochette cover

THE REBELS OF TIJUANA
La Bourgeoise

(Echo Orange, 2012)

par Eddie

Jacques Dutronc, j’espère que tu vas pouvoir écouter cet album. Tu vas kiffer, vieille branche. Pose ton cigare, sinon tu vas mettre des cendres partout. Le rock français et moi, ça fait deux. Généralement. On ne va pas refaire le match, comme dirait l’autre, faire sonner correctement le Français sur du rock, c’est difficile, et je n’ai que très rarement trouvé de choses audibles à me mettre sous la dent. Je suis également encore un peu traumatisé par le phénomène « baby-rockers » qui m’a franchement fait mal à la France. Quand soudain surgit de la nuit un groupe originaire de Lyon, basé à Genève : The Rebels of Tijuana.

C’est avec leur EP J’adore ce flic qu’ils avaient attiré mon attention pour la première fois. Ça sonnait bien. J’ai eu l’occasion de les voir en concert une semaine après. Ça sonnait encore mieux. C’est une chose de sortir trois bons morceaux, c’en est une autre d’en aligner dix pour faire un album. C’est pourtant chose faite avec La Bourgeoise, un vrai bon album de rock francophone. Je n’en ai pas entendu depuis… euh…

D’abord, vous avez d’excellents musiciens. Genre, vraiment. Les passages instrumentaux de « Dr Gonzo » me foutent la chair de poule. Il y a des tas, mais alors des tas de moments dans cet album où la classe de ces mecs vous explose à la figure. Il y a aussi des moments, un peu moins nombreux, où je m’emmerde royalement et retrouve les travers du rock en français. Sur « Bleu », « La Chimère » et « Gigolo », ça ne le fait tout simplement pas. On ne va pas en faire un fromage.

Ensuite, vient leur musique délicieusement vintage. Pour obtenir un son pareil, leurs guitares sont certainement d'époque avec des condensateurs papier! Concrètement, The Rebels of Tijuana font revivre le rock yéyé des sixties, quand des types comme Jacques Dutronc ou Eddy Mitchell mélangeaient la langue de Molière avec les rythmes diaboliques des Byrds et autres Kinks. En plus de cela, ils balancent du riffs à la Grateful Dead, des morceaux à la Jim Morrison, d’autres à la Serge Gainsbourg, et des clins d’oeils dans tous les sens aux années 60.

Sur le papier, vous serez d’accord avec moi, il y a de quoi saliver si avez un jour eu envie de twister en regardant une émission de France 3 consacrée au rock yéyé. Sur la platine, je peux vous assurer que le groupe ne déçoit pas. Leur talent de musiciens, la subtilité avec laquelle ils dépoussièrent le rock français des sixties… que voulez-vous que je vous dise, mêmes les interludes déchirent.

Je n’ai qu’une hâte, c’est de les revoir sur scène, encore plus aguerris et confiants que la dernière fois.