THE WAR ON DRUGS – Lost in the Dream (2014)

THE WAR ON DRUGS - Lost in the Dream (2014)

THE WAR ON DRUGS
Lost in the Dream

(Secretly Canadian, 2014)

par Eddie

Le groupe d’Adam Granduciel est l’un de ceux qui arrivent à construire une discographie qui m’accompagne pendant des années, où je guette chaque sortie car je sais que chaque nouveau disque sera un plaisir, mais aussi un compagnon de route. Je pense qu’on en a tous des albums ou des morceaux comme cela, une musique qui est apparue dans votre vie à un moment où vous aviez besoin d’une bande-son et qui l’est devenue par la force des choses, parce que vous aviez besoin d’un compagnon de route.

Cet album de The War on Drugs continue sur la lancée des précédents, du folk-rock avec des morceaux plus entraînants, des morceaux plus atmosphériques, et toujours cette voix à la Dylan qui prend parfois des accents springsteeniens. Des montées en puissance, des paroles universelles, une production brumeuse et magnifique, un univers sonore où il fait bon s’immerger pour se relaxer, rêvasser, laisse libre cours à son imagination de peindre des images qui vous font du bien ou qui vous rendent mélancoliques.

J’écris ce papier dans un kebab de Dublin, ma nouvelle ville, entouré de gens qui parlent beaucoup trop fort une langue que je n’arrive pas à identifier, avec la télé branchée sur la chaîne qui passe en boucle les tubes les plus commerciaux du moment. La personne avec qui j’ai envie de partager mes frites est à 1200 kilomètres et je sais que je ne pourrais vivre avec avant un trop long moment. Je sors du travail et la seule chose dont j’ai envie c’est de laisser cet album m’apaiser et me faire me dire que tout ira bien, comme il le fait depuis un mois.

J’ai toujours écrit sur la musique de manière subjective, sans finalement jamais vous dire grand-chose sur moi, ce qui apparaît un peu comme une contradiction. Mais au final, je pense qu si vous suivez ce site depuis quelques années, vous devez mieux me connaître que pas mal de mes connaissances. Bien sûr, tous les albums qui me plaisent ne sont pas intrinsèquement liés à ce qui se passe dans ma vie. Très peu d’entre eux arrivent à prendre autant d’importance. Peu d’albums arrivent chez moi à agir comme une toile vide sur laquelle je peux peindre ce que je veux, et me raconter les histoires que je veux. Ce n’est pas parce qu’ils manquent de personnalité ou d’aspérités, mais parce que les paroles sont suffisamment universelles, que la musique a ce côté apaisant voire hypnotisant qui me mettent dans les meilleures conditions laisser mon esprit divaguer. Certains genres de musique ont chez moi un rôle précis, je suis sûr que c’est pareil chez vous, vous savez quelle musique écouter (ou éviter) dans telle ou telle situation, parce que vous savez l’effet qu’elle vous fait.

J’écris cet article sans même écouter l’album car je n’ai même plus à l’avoir dans les oreilles pour me rappeler ce son si distinctif, cet état de tranquillité dans lequel il arrive à me mettre. Le simple fait d’y penser, de me rappeler les morceaux-phare que sont « Red Eyes », « Lost in the Dream » ou « Eyes to the Wind » crée une sorte de bulle autour de moi qui m’isole du brouhaha autour de moi. Alors imaginez ce que cela donne lorsque j’écoute cet album. C’est magique.

Je suis dans une période ma vie où certaines émotions sont décuplées. Je n’ai jamais ressenti autant de bonheur et de tristesse. Parfois les deux en même temps, ce qui est assez chelou. Des albums comme celui-ci sont une bénédiction. Un récipient dans lequel déverser toutes ces émotions quand celles-ci débordent de partout, et essayer d’en faire sens.

Bref, tout cela pour vous dire que j’aime plutôt pas trop mal cet album et que vous devriez l’écouter un de ces quatre.

→ Ecouter l’album sur Spotify, Rdio, Deezer
(Re)lire ma critique de leur précédent album,
Slave Ambient (2011)

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Il y a 6 commentaires.

  1. Merci pour cette belle découverte, et surtout merci pour cette chronique qui fait du bien à la lecture. Une chronique qui ne ressemble pas à tout ce qu’on peut voir sur le web, une vrai chronique musical, subjective et humaine. Bon rêve !

  2. Oui, il est rare de savoir exprimer pourquoi un titre (ou un album) parait n’avoir été fait que pour soi, trouvant immédiatement à son écoute une résonance particulière. Très belle chronique en effet, empreinte de mélancolie.
    Mais c’est seulement la deuxième depuis Juin 2013. On en veut plus, Eddie !

  3. Merci Eddie, pour une fois je suis tombé sur l’album avant de lire ta chronique. Je grandis… Mais tes chroniques se font rares, trop rares…

  4. Très belle chronique comme d’habitude, je vais écouter cet album. Merci.

  5. Dans l’exil, le meilleur, c’est le retour.

  6. 22h37 un peu saoul, j’ai écouté beaucoup de musique dans la vie,mais ça fait du bien…

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