TY SEGALL BAND – Slaughterhouse (2012)

  • 22 septembre 2012
  • Par Eddie

TY SEGALL BAND
Slaughterhouse

(In the Red Records, 2012)

par Eddie

Ty Segall a longtemps été considéré à juste titre comme un « wünkerkid » du garage rock. J’ai l’impression que ce terme apparaît dans au moins un article sur deux lui étant consacré, encore aujourd’hui. Si j’étais à sa place, j’en aurais un peu ras le bol ! Il faut dire qu’il a commencé à faire parler de lui quand il était encore à l’université, et que des gens de 19 ans qui font trembler le petit monde du rock, il y en a peu. Et puis avec sa tronche de surfeur de 15 ans, forcément… Classé dans la catégorie « prodiges », il a enchaîné les albums remplis de ce qu’il est coutume d’appeler des pépites qui, en rétrospective, paraissent quasiment pop et légères par rapport aux meilleurs morceaux de Slaughterhouse. Il avait prévenu tout le monde dans des interviews qu’ils voulaient réaliser un album de « evil space rock », un truc heavy au possible. Mission accomplie, ce disque invoque ribambelle de métaphores à base de défonçage de porte de l’enfer, ouragan apocalyptico-ecstatique, carambolages de guitares en fusion et autres joyeusetés loufoques.

Aux commandes, Ty « Firestorm » Segall et ses musiciens de tournée : Mikal Cronin, dont les œuvres solos sont également dignes d’intérêt, Emily Rose Epstein, batteuse tatouée, et Charles Moothart, guitariste épicé.

Ce combo, judicieusement nommé Ty Segall Band, réussit dans cet album l’exploit d’enchaîner des morceaux de garage rock structurés. Ça paraît con comme ça, mais au-delà de tout l’aspect « je défonce tout sur mon passage avec ma guitare et mes pédales à effet », il faut derrière le morceau tienne la route. Et c’est la grande force de ce groupe : Ty Segall a un talent de mélodiste indéniable, et ce n’est pas le genre de compliment qui peut être fait à tous les types qui font du garage rock/punk/défonçage de porte de l’enfer. Melted était bourré de mélodies qui rendaient les morceaux écoutables par ta mère. Slaughterhouse risque de l’effrayer, mais on retrouve aussi des mélodies qui structurent chaque morceau et tous les moments où le groupe part en jam total.

Au-delà de tout ça, ce les moments d’intensité, d’agressivité et de folie dignes des Stooges et d’autres grands barbares du rock qui placent ce disque dans le top 3 des albums de Segall. Je ne peux pas vous les décrire sans vous ensevelir sous une avalanche d’adjectifs qualificatifs, mais sachez juste que chaque morceau possède un ou plusieurs de ces moments où qui te font lâcher un « ohooo putain », même à 8h du matin dans le métro. Que ce soit un moment où le groupe se lance dans un jam qui part complètement en steak avant de retomber invariablement ses pattes, Ty Segall qui hurle à s’en décrocher la glotte ou juste parce que tu viens de te faire pipi dessus tellement que c’est bon. Personnellement ça m’arrive à peu près à chaque fois que j’écoute « Oh Mary », 1 minute 38 secondes de tout ce qui fait que Ty Segall est indispensable aujourd’hui, et ça devient handicapant.

Et à la fin, tu as à juste envie de citer Ty Segall qui à la fin de « Wave Goodbye » nous fait part d’une réflexion particulièrement inspirée : « fuck, YEAH ! ».

→ Ecouter cette tuerie sur Grooveshark

Il y a 2 commentaires.

  1. Euh, pas de nouvelles chroniques d’album depuis le 22/09 ?

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