Jane’s Addiction – Nothing’s Shocking (1988)

Chronique

Jane's Addiction - Nothing's Shocking (1988) Nothing’s Shocking

par Jane’s Addiction

Warner Bros – 1988

Album 5 étoiles

 

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2 femmes à poil avec la tête en feu, non, vous ne vous trompez pas, Jane’s Addiction est bien un groupe de hard rock, et Nothing’s Shocking leur premier album studio, produit par la Warner. Le groupe de Los Angeles est un des premiers groupes du mouvement « rock alternatif » à avoir, d’une part, signé avec une major, et d’autre part à connaître un grand succès populaire (et donc commercial). De quoi donner un coup de projecteur monstre sur la scène alternative naissante (suivront le grunge aux Staïts, la britpop chez les Anglais, le rock gothique, etc.), et devenir presque instantanément un classique, dans le bon sens du terme.

Influencés par Led Zeppelin, The Cure, le punk, le rock psychédélique, et toute la nouvelle scène californienne en pleine ébullition, Jane’s Addiction produit un son puissant (on en attend pas moins d’un gorupe de hard-rock vous m’direz) et bâtit un pont entre la musique punk et la musique postpunk. Le jeu de guitare atmosphérique et hypnotique de Dave Navarro et les rêves mises en rimes et chantés par Perry Farrell et sa voix suraigüe (on dirait parfois qu’il s’aide d’hélium) (non, sérieusement !) rappellent les meilleurs moment du groupe de Robert Smith (que Navarro admire plus que tout), tandis que la batterie surpuissante de Stephen Perkins (un des plus grands batteurs de l’Histoire), agrémentée de quelques percussions exotiques, et le mur du son qui s’abat sur vous sur la plupart des pistes fait penser au meilleur de Led Zeppelin ou des Guns ‘N Roses et vous rentrent sous la peau pour ne plus vous quitter.

Nothing’s Shocking est ponctué par de véritables hymnes, qui deviendront les morceaux les plus connus du groupe, comme « Summertime Rolls », « Mountain Song » ou « Jane Says » (dont les paroles vous feront penser au new-yorkais Lou Reed), deux énormes moments du disque, et encore terriblement contemporains. Les riffs de Dave Navarro sont tout simplement monstrueux et rivalisent de férocité comme dans « Ted, Just Admit It… » (sur le tueur en série Ted Bundy), qui se termine dans un déchaînement de guitares à faire frémir les morts, ou même John McCain (attaque totalement gratuite je le concède).

Il ne me semble pas inutile de préciser que les membres de Jane’s Addiction étaient sans trop de doutes tous plus ou moins sous l’influence de l’héroïne et de toute une panoplie d’autres substances, ce qui explique en partie l’étrangeté de ce disque, son originalité, mais aussi pourquoi (et un peu aussi comment) le groupe explosa au tout début des années 1990. Nothing’s Shocking est loin, très loin d’être un album de hard-rock terne et répétitif, loin, très loin de là. C’est un album changeant, plein de nuances, de dynamiques parfois difficiles à saisir sur lesquelles le groupe joue pour produire des ambiances diverses, tourmentées, entêtantes, cataclysmiques, funky même sur « Idiots Rule » !

Les paroles ne sont pas en reste, et on y retrouve la violence évoquée sur la pochette de l’album (qui occasionna quelques problèmes lors de la distribution, certains magasins refusant de mettre le disque dans les bacs). « Had a Dad » évoque clairement le viol d’enfants, « Standing in the Shower…Thinking » parle d’une relation violente (Is my woman afraid of me? … She let me twist her good) tandis que le refrain de « Ted, Just Admit It… » est « Sex is violent », donc en matière de paroles dures, de sexe, de drogue, de violence, vous avez votre dose. Et à l’époque (on en encore en plein dans les années 80), des textes aussi forts passant à la radio, ce n’est pas monnaie courante (l’album sera nommé aux Grammys en 1989).

Nothing’s Shocking ne marque pas un tournant, mais ouvre plutôt les portes du grand public sur la musique alternative, et de quelle manière ! Ce disque, parfaitement homogène et énorme de bout en bout, ne souffre d’aucun des défauts que l’on retrouve habituellement sur un disque de hard-rock, et la diversité de la musique de Jane’s Addiction est tout simplement incroyable. Heavy, glam, trash, funky, cet album est tout ça à la fois. Un disque à posséder absolument, ne serait-ce que pour la pochette complètement dingue, du meilleur effet dans votre salon.

 

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Il y a 4 commentaires.

  1. Pourquoi ce site Web n’ont pas l’autre appui de langues ?

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