Critique de « Latin » (2010) de Holy Fuck

Holy Fuck
Latin

Label : Young Turks / XL Recordings
Sortie : 11 mai 2010
Stéréotype : Electronica, Post-Rock

Site officiel
Acheter (8,91€)
Spotify

J’avais mis 4 étoiles à leur précédent disque, LP (ma chronique), sorti il y a déjà 3 ans et qui leur avait valu une nomination au Prix Polaris. Ils sont de nouveau nominés cette année, et les Canadiens ont véritablement bon goût car ce disque est l’un des rares à illuminer complètement mon premier semestre 2010. Holy Fuck est un groupe d’électronica instrumental, avec deux batteurs, et leur processus créatif repose essentiellement sur l’improvisation. Concrètement, ils envoient de la bûchette post-rock avec des soupçons d’électronica qui dérivent quasi-invariablement vers un raffut à s’en déchirer l’épine dorsale à force de secouer la tête et tous les organes qui ne sont pas paralysés par les déflagrations sonores des Canadiens.

Dit comme ça c’est pas très attirant j’en conviens, mais le talent de ces mecs est de dépasser toute notion de genre et d’entraîner l’auditrice dans un ahurissant vortex d’expérimentations sonores sensationnelles. J’crois que c’est au milieu de « SHT MTN » que j’ai eu l’impression de perdre pied la première fois que j’ai écouté Latin, alors que j’étais tranquillement allongée dans mon lit. C’est une sensation très bizarre. Il y a des musiques qui donnent envie de s’imaginer tout un décor, comme la folk des Fleet Foxes ‘voyez, vous imaginez des paysages champêtres et ce genre de conneries. La musique de Holy Fuck ne convoque pas vraiment l’imagination chez moi. On la ressent plus qu’elle nous imprègne, si vous voyez ce que je veux dire.

Depuis 2007 et LP, le groupe s’est solidifié autour d’un line-up à peu près stable autour des fondateurs Brian Borcherdt et Graham Walsh. Conséquence directe de cette évolution, le son du groupe paraît encore plus intransigeant et la basse trouve une place de choix dans la plupart des morceaux, comme sur « Red Lights » qui ouvre véritablement le disque après l’impressionnant « 1MD » qui pour le coup appelle chez moi pléthore de métaphores bizarres dont je vous épargnerai la lecture. « Red Lights », sa ligne de basse funky, un air de disco apocalyptique suivi par « Latin America », le single, sa petite ligne de piano, son psychédélisme, ses ruptures rythmiques idéalement bien placées, sa montée en puissance…

Les choses sérieuses commencent véritablement avec « Silva & Grimes » où j’retrouve les Holy Fuck de LP, encore meilleurs, encore plus précis, plus dingues, plus géniaux que jamais. C’est là aussi que j’me rends compte que le groupe a réussi à se créer une identité sonore particulière, avec ses générateurs de bruits électro et ses deux batteries qui vous martèlent les tympans sans pitié. « Stilettos » est ce qui se rapproche le plus de la dance-music, pas de la techno bête et méchante, mais de l’électro agressive et diablement excitante. « P.I.G.S. » est le morceau le plus épique du lot, difficile d’en sortir indemne, personnellement je lâche des « putain c’est bon » à chaque moment que nous laisse le groupe pour respirer quelques secondes. Soit 2 fois.

Latin est pour moi le meilleur album du groupe, d’abord parce tous les morceaux sans exception sont excellents, ensuite parce que le groupe continue sur la lancée des deux précédents disques en peaufinant un style qui leur est propre, sans tomber dans des choses inaccessibles, une sorte d’art-électro qui aurait desservi leur cause qui est, depuis le début, de faire vibrer les corps et danser les foules. Mission accomplie, et j’attends le prochain avec impatience.

————————————————————————————————————————————————————————————————-

Their previous album LP was worth 4 stars (reminder) out 3 years go and it was also worth a Polaris prize nomination but that doesn’t say as much as my 4 stars…Does it ? Anyway they’re nominated again this year. Both for the Polaris Prize and my 4 damn stars. Good job those Canadians did, brightened my life on this first semester 2010. Holy Fuck does instrumental electronica. Two drummers in the band and they create stuff mainly from improvisation. In the end they throw out a nice post-rock with bits of electronica in it and that creates some kind of noise loud enough for you to break your spine from banging your head around like an idiot.

It doesn’t sound very much attractive said that way, I know. But the talent there is about overcoming any music style notion and drag people listening into a stunning vortex of sound experimentations. It must have been in he middle of “SHT MTN” that I felt like going outside my body, on the first time I listened to Latin. Very weird feeling. With the Fleet Foxes, you’d imagine countryside picnic scenes or that kind of stuff, to go over the folk music. But Holy Fuck just doesn’t ask anything to my imagination. One feels it more than one can really describe it, if you see what I mean. (note from the translator : I don’t.)

Since 2007 and LP the band’s got a solid line-up built around Brian Borcherdt and Graham Walsh. As a result, it all sounds even better now and the bass has it’s very personal spot on almost every song, as on “Red Lights” for example, the true opening of the album after the impressive “1MD” which drags me into thinking about overly many and overly weird metaphors which I won’t write here now for your safety. “Red Lights”, a funky bass line, some kind of apocalyptic disco and then “Latin America” which is also sold as a single. Nice piano line, psychedelic, perfectly fitted rhythmic changes…

I finally recognize the Holy Fuck as I knew them on LP in « Silva & Grimes », and there start « the real stuff » if I may express myself in such a way. Better, cleaner, crazier, geniuses-er than ever. Now I see this band has it’s very own identiy due to the electro sound generators and the double drumming killing your ears softly. “Stilettos” might be what comes close to dance music. A little bit more aggressive and a lot more effective than basic techno. “P.I.G.S.” is the epic track on the album. I admit I’m always throwing some “Putain, that’s good !” (sounds cooler only half translated, don’t you think ?) every time the band lets us rest a bit. Which would be twice.

Latin is to me the best album so far from this band. Because all tracks with no doubt nor exceptions are excellent. And also because the band still walks on the tracks they started with the two previous albums, and improving their own style without becoming unlistenable. They’re creating some kind of art electronic music which doesn’t fail to its purpose of pushing crowds to dance. Mission accomplished. And I’m waiting for the next one.

Il y a 7 commentaires.

  1. Merci pour la chronique donc qui m’a bien donné envie d’écouter l’album ! Le premier titre me fait énormément penser à Boards of Canada dont je suis un grand fan (notamment l’album Geogaddi).

  2. Il faut avouer qu’il est impossible de comparer SHT MTN à une autre musique!
    Un très bon album quand même!

  3. Je cherchais un peu de musique fraîche pour égayer une semaine de travail très (trop ?) tranquille. Bon réflexe : le choix.fr et me voila habillé pour l’été ! Merci :p

  4. In reply to Simon Marcellin

    J’ai vraiment eu la même sensation !
    Je soupçonne d’ailleurs que ce morceau soit construit sur celui de Boards of Canada ( « Dayvan Cowboy » sur l’album « The Campfire Headphase » ), ce qui ne lui enlève rien du tout, bien au contraire à mon goût, Boards of Canada étant pour moi une référence dans le style :)

    En tous les cas, je viens de découvrir ce blog qui est une petite pépite ! Bravo à toi Eddie, et longue vie à ton blog !

Laisser un commentaire


Reçois les nouveautés par email

Rejoins les 1000+ abonnés ! Entre ton adresse email, clique sur le bouton, entre le code pour vérifier que t'es pas un robot, puis direction ta boite email pour valider ton abonnement :