Interview de RUSSIAN RED

Interview de Russian Red

Lourdes Hernandez, aka Russian Red, était en concert récemment en France, et à cette occasion j’ai pu lui poser quelques questions. Pour vous familiariser avec sa musique en lisant l’interview, je vous invite à écouter Fuerteventura grâce au lecteur Grooveshark ci-dessous.

Comment es-tu devenue musicienne ? Est-ce que c’est juste arrivé comme ça ou est-ce que tu as eu une révélation en écoutant un morceau des Beatles par exemple ?

C’est arrivé comme ça. J’avais appris à jouer de la guitare quand j’étais adolescente, mais je n’avais jamais pris ça au sérieux. Quand j’étais à l’université j’ai rencontré Brian [son guitariste, NDLR] et nous avons commencé à jouer ensemble juste pour s’amuser. On a fait quelques concerts, rencontré quelques personnes, enregistré le premier album… c’est arrivé comme ça. C’était plutôt une surprise !

Tu avais travaillé sur ton premier album avec Brian, ton guitariste, puis vous n’avez plus fait de musique ensemble pendant quatre ans. Que s’est-il passé ?

On jouait ensemble avant que l’on enregistre le premier album. Une fois l’enregistrement terminé, on a décidé de faire un bout de chemin chacun de notre côté. Mais nous sommes restés amis pendant tout ce temps. Même si j’avais un groupe, avoir un son super-parfait a fini par m’ennuyer. Je voulais vraiment revenir à ce qui m’avait donné envie de faire de la musique en premier lieu. J’ai donc appelé Brian et lui ai dit : “Je ne joue plus avec ce groupe, j’aimerais plutôt jouer avec des amis” et il a répondu : “Génial ! Nous pouvons maintenant vraiment jouer ensemble !”

Sur Fuertaventura tu as collaboré avec les musiciens de Belle & Sebastian, comment cela est-t-il arrivé ?

Je les ai rencontrés grâce à mon producteur, Tony Hoogen, qui a produit plusieurs de leurs albums et m’a proposé de jouer avec eux. Ils ont cette qualité exceptionnelle qui consiste à avoir un son parfait qui conserve une âme. C’est ce que tu cherches à atteindre, non ? Tu cherches à devenir très bon dans ce que tu fais, mais sans perdre ton âme. Je n’aurais pas pu trouver de meilleures personnes pour travailler sur cet album, j’ai été vraiment chanceuse.

C’est un peu un cliché, mais l’on dit souvent que le deuxième album est celui de la maturité. Je trouve que c’est le cas avec Fuertaventura qui me paraît plus cohésif et sonne plus comme un album que I Love Your Glasses, qui ressemble plutôt à une collection de chansons. Est-ce que tu es d’accord avec ça ?

Je suis d’accord, bien sûr ! Quand nous avons enregistré le premier album, nous ne savions pas ce qui allait arriver, nous ne faisions pas trop attention à la qualité du son. Nous étions assez indifférents à tout le processus d’enregistrement. Mais c’était bien parce que l’on a gardé une certaine fraîcheur ! Le second album a été enregistré avec des personnes beaucoup plus expérimentées, avec de super goûts musicaux. Mais au-delà de cela, il y a mon propre travail qui n’est pas encore mature du tout ! Ces deux albums sont pour moi le début d’un processus.

Sur scène, tu es maintenant accompagnée de seulement deux musiciens. Est-ce qu’une des prochaines étapes de ce processus est de diversifier ta musique, d’avoir plus de musiciens sur scène ?

Pour les concerts, j’avais toujours eu au moins quatre musiciens avec moi sur scène. J’ai toujours pensé que c’était beaucoup, même si cela donnait une musique très riche, ce qui était bien dans un sens. Depuis j’ai préféré partir sur un format plus simple. Pour le troisième album, je suis déjà en train de l’enregister avec Pablo et Brian. Ils sont devenus mon véritable groupe, ce sont les gens avec qui j’ai vraiment envie de jouer. C’est la chose la plus importante. Cela ne m’était jamais arrivé parce que pour la première tournée et le début de la tournée de Fuertaventura je jouais toujours avec les mêmes personnes. Je n’ai jamais honnêtement considéré ces gens comme mon groupe. C’était juste quelque chose de pratique. Maintenant j’ai ces deux personnes avec qui je peux jouer, on se comprend tous les trois très bien, on est sur la même longueur d’ondes. C’est le changement le plus important de ma vie professionnelle. C’est comme si j’avais enfin trouvé ma place !

Quand je tournais avec mon ancien groupe, j’étais gênée car je n’étais pas sûre de tout ce qui se passait sur scène. Maintenant je me sens plus à l’aise. Même si je me sens parfois trop fatiguée, timide, ou que je n’ai juste pas trop envie de jouer, je sais que j’ai ma famille sur scène, c’est la chose la plus importante pour moi en ce moment.

Est-ce que tu continues à écrire pendant la tournée ?

Oui bien sûr, que ferais-je sinon ? [rires] J’écris toujours dans ma chambre d’hôtel. Ce sont de super endroits pour écrire ! Et chez moi aussi. L’ambiance est différente quand tu es sur la route que lorsque tu es seule chez toi, avec tous tes repères. Chez moi je suis bien plus détendue.

Est-ce que tu tentes de nouvelles choses au niveau des paroles ? De nouveaux thèmes, de nouveaux concepts ?

Dernièrement j’écris des chansons pour certaines personnes et dans chacune j’essaye de faire passer un sentiment différent, de raconter une histoire différente. Je donne aux chansons le nom des gens à qui elles sont adressées. Ce sont comme des lettres, des captures de moments que j’ai partagés avec ces personnes. Ce sera un album plus conceptuel que les deux précédents. Je pense déjà l’appeler Boys, n’avoir que des chansons avec des noms de personnes et les leur dédier parce qu’ils me les sont inspirés. C’est assez honnête et simple, et j’aime bien quand les choses sont ainsi.

Tu as repris un morceau des Magnetic Field sur scène, est-ce que tu es inspirée par d’autres groupes contemporains ?

The Magnetic Field est l’un de mes groupes préférés du moment, tout comme Low. Je suis une grande fan de Low ! A vrai dire ce groupe a changé ma manière d’écrire des chansons. Evidemment ce n’est pas comme si notre travail se ressemblait, nous sommes sur deux planètes différentes. Je les ai vus au moins quatre fois sur scène, c’est vraiment quelque chose d’exaltant. Ils créent quelque chose d’unique, hypnotique, leur musique est brute, distordue, ils arrivent à vous toucher de manière très intense. J’aimerais pouvoir être capable de transmettre la même émotion aux gens qui écoutent ma musique.

Tu aimerais pouvoir jouer avec eux ?

J’en raffolerai ! [rires]

Est-ce que tu as des idoles musicales ? J’ai mentionné les Beatles tout à l’heure parce que cela me semblait être une influence évidente.

Oui, les Beatles, c’est vraiment plus que de la musique, c’est une icône de la culture pop, leurs chansons sont des leçons de vie ! Mais Alan Sparhawk [guitariste et chanteur de Low, NDLR] est vraiment l’une de mes idoles actuelles, like… crazy shit ! [rires]

Est-ce que tu travailles sur d’autres projets en ce moment ?

Non, je suis concentrée sur la musique en ce moment. Mais je n’ai pas peur de devoir faire autre chose. J’étais à l’université et j’ai travaillé si longtemps comme serveuse, je sais ce qu’est le travail, les études. J’ai hâte de revenir à l’université pour étudier autre chose, faire autre chose de ma vie. C’est comme si… [elle réfléchit] je n’arrive pas à trouver le mot en anglais… claustrophobique ? Quand tu es dans un ascenseur, qu’il ne veut plus s’ouvrir et que tu a peur de ne plus pouvoir en sortir… C’est un peu comme ça avec moi quand je pense que je ne ferais que de la musique toute ma vie. Je veux faire d’autres choses.

Qu’est-ce que tu attends du public qui vient te voir sur scène ?

Quand je vais à un concert, j’aime bien comprendre des choses universelles grâce à la musique. Comprendre quelque chose d’une manière générale, or juste apprécier de me sentir en sécurité, c’est que j’aimerais que mon public ressente en écoutant ma musique.

C’est comme ça que tu te sens sur scène, en sécurité ?

Hmm, maintenant oui, parce que je suis entourée des personnes par lesquelles je veux être entourée, et je pense que je me rapproche de ce que je veux faire. Je ne cesse d’apprendre et j’ai le sentiment d’être au début d’un processus très important.

www.russianred.es

Merci à Lourdes, A Gauche de la Lune et Sony Music !

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