Je ne vous ai pas beaucoup parlé de Bob Dylan. Il y a des bouquins qui ont été écrits sur lui, des millions de billets de blogs, des films qui ont été tournés, je n’ai rien à vous apprendre que vous ne pourriez lire ou entendre autre part alors ça me gène un peu. J’ai remarqué une chose ceci dit, c’est qu’énormément de gens semblent avoir succombé à Bob Dylan lors de leur seconde rencontre avec son oeuvre. La première fois, c’est sa voix qui étonne et dégoûte un peu, beaucoup. Si vous êtes jeune en plus, il est trop facile de jeter le disque à l’autre bout de votre chambre et de remettre la radio. Mais la deuxième fois… ou la troisième… J’ai cette impression là, l’impression qu’il faut que certains éléments soient réunis pour comprendre pourquoi Bob Dylan est tellement important, l’un de ces éléments étant d’y avoir été exposé une première et d’avoir été peut-être un peu dégoûté. C’est ensuite plus facile d’aller au-delà de ce qui vous a d’abord gêné pour apprécier tout ce qu’il y a derrière. Et puis, plus tard, vous faites partie de celles et ceux qui répondent avec un sourire et un silence à l’ami qui vous dit « Il a une voix bizarre », parce que vous savez qu’un jour il retombera sur Dylan, au détour d’un billet de blog comme celui-ci par exemple, et qu’il se prendra une claque. C’est pour ça que j’blogue, rien d’autre. En fait j’aime mettre des claques. J’devrais appeler le site « Le Choix de Maîtresse Eddie ». Et puis j’rajouterais des piques au logo-sucette. Et j’vous ferais écouter Michel Sardou au Stade de France reprenant du Muse en gaélique, rejoint par les BB Brunes, les Enfoirés, Régine et tous artistes qui ayant une pub audio sur Spotify.
« Blind Willie McTell » est extrait de The Bootleg Series Volumes 1-3 (Rare and Unreleased) 1961-1991) sorti chez Columbia en 1991. La chanson est un hommage au bluesman Blind Willie McTell dont je vous ai parlé dans la première partie de mes Indispensables Blues et duquel un morceau a déjà été publié sur Bonjour Blues. Cette chanson fait référence à un moment au St. James Hotel, qui est vraisemblablement elle-même une référence à la chanson « St. James Infirmary », dont la mélodie a très largement influencé Dylan pour « Blind Willie McTell ». Ah oui, et c’est Mark Knopfler à la guitare à 12 cordes, producteur de l’album Infidels (1983) sur lequel ce morceau aurait dû apparaître, mais fut finalement laissée de côté. C’est pourtant, peut-être, le meilleur morceau des années 1980 de Dylan. Comme d’habitude avec lui, allez lire les paroles et faites marcher votre cerveau.
PS : J’ai entendu ce morceau hier à 3h21 sur une radio néerlandaise, et j’ai découvert en même temps que mon lecteur mp3 avait une fonction « enregistrement FM ». D’habitude je note le nom de la chanson sur le calepin près de mon lit, ou des bouts de paroles pour ensuite chercher le titre dans Google, en m’étant préalablement arracher deux ou trois mèches de cheveux en cherchant le titre dans ma tête. Mes nuits sont passionnantes parfois, vous n’imaginez même pas.