Marguerite vous raconte son Rock en Seine (3/3)

Marguerite vous raconte son Rock en Seine (3/3 – Dimanche)

Aujourd’hui, la météo semble plus clémente, mais le temps est quand même mitigé, tout comme mon état physique d’ailleurs. Heureusement ce troisième de jour de Rock en Seine 2011 est sensé être plus calme : moins de groupes à voir, pas de course d’un bout à l’autre du festival et un probable retour avant la fin d’Archive devrait me permettre de souffler un peu. Tu parles Charles…

Cette journée a été ponctuée de bonnes surprises, à commencer par The Vaccines et mon deuxième coup de foudre de midinette (encore pour le batteur). En deux chansons, j’étais complètement réveillée (ce que n’avaient pas réussi à faire le litre de thé et le litre de coca avalés avant d’arriver) et toutes mes courbatures étaient envolées. Pour lutter contre la fatigue, mieux qu’un médicament ces Vaccines (si, j’ai osé). Arrive le single « Post Break-Up Sex », ça chante, ça danse tout autour de moi. Le chanteur nous fait taper des mains tout le temps, il parcoure la scène de long en large avec ou sans guitare. Le batteur se lève entre chaque chanson (pour que je puisse mieux l’admirer ?…). 35 minutes de set, frais, efficace, qui se termine sur « If you wanna come back, it’s alright, it’s alright ». C’est plus que d’accord les mecs. Vous revenez quand vous voulez..

Le concert suivant sera Lilly Wood and The Prick, par curiosité, vu l’engouement médiatique (Victoire de la Musique, etc.) autour d’eux, et aussi parce que j’ai la flemme de me traîner jusqu’à la scène Pression Live pour Cat’s Eyes… Le groupe est heureux d’être là, la chanteuse le répètera assez souvent, mais surtout ça se sent. Leur enthousiasme est contagieux, même s’il ne réussiront pas à m’emballer plus que ça, sûrement un peu trop pop à mon goût.

Je continue la journée avec un autre groupe frenchie, Concrete Knives, 100% made in Normandie, à la scène de l’Industrie. Les quatre lettres C-C-K-S sont posées sur scène, les 5 membres arrivent au fur et à mesure : le batteur et le clavier, short en jean et t-shirt tête de mort, lancent le concert. Le clavier danse/gesticule/saute partout (je sais pas trop comment définir sa prestation, mais c’était bien fun) donnant le ton de ce qui va suivre. Ils sont rejoints par le bassiste et le guitariste, puis Morgane la chanteuse (photo ci-contre), tout de bleu vêtue et maquillée, avec son t-shirt « paon ». Elle promènera ses plumes sur toute la scène avec petites chorégraphies, bains de foule et ascension des enceintes. Un seul mot pour résumer leur set : Waouh ! C’est frais, ça rentre par tes oreilles et sort par tes jambes et tes bras qui bougent tout seuls. Un vrai coup de cœur ! Il faut croire que la Normandie ne produit pas que du bon camembert.

Les CCKS ont bien dépassé leur temps de passage et j’arrive en retard au concert des mythiques The La’s. En fait c’est bon, ils en sont encore aux balances, ouf. Ah bah non, c’est bien le concert qui a commencé… Lee Marvers (chant+guitare) et un bassiste sont seuls sur scène. Leur prestation était pathétique, je n’ai pas tenu deux chansons.

J’ai donc pu arriver en avance pour voir Miles Kane. Bien m’en a pris car le Liverpuldien était très attendu, vu le nombre de fans déjà présents trente minutes avant le début du concert, et aurait mérité une scène plus grande que celle de l’Industrie. Miles entre sur scène sur une chanson de Jacques Dutronc (au cas où on n’avait pas compris en écoutant son album qu’il aimait la pop des 60’s) en conquérant, le sourire aux lèvres et les bras en l’air. Et le set commence toutes guitares dehors, beaucoup plus rock que ce que j’avais imaginé. Miles Kane est un bien meilleur performer que son ami Alex Turner, à qui il devrait donner quelques cours. Il enchaîne les chansons de son album, le public les reprend toutes en chœur, sans exception. Ca pogote et ça danse. Enfin, une petite accalmie avec la belle ballade « Colour Of The Trap ». Mais la pause est de courte durée, puisque voilà le tube « Come Closer », suivi d’ »Inhaler », sur lesquelles il est impossible de rester plus d’une demi seconde en place et qui me font regretter la pinte de bière que j’ai bu juste avant le concert. Trois quarts-d’heure d’heure de concert sans temps mort, mais pas bâclé pour autant. Je suis totalement frustrée quand Miles Kane sort de scène : j’en veux encore !

Changement de style à la scène de la Cascade où j’arrive pile pour le début d’Anna Calvi (photo ci-contre). Je suis toujours méfiante face aux artistes qui sont l’objet d’un buzz médiatique. J’étais donc prête à détester cette nouvelle chanteuse blonde dès la première mention de son nom dans les Inrocks. Et puis j’ai écouté l’album qui est indéniablement bon, même s’il me rappelait souvent PJ ou Patti, et puis j’ai regardé la vidéo du concert sur le toit du magazine SPIN, et il fallait bien avouer qu’Anna Calvi n’est pas qu’une nouvelle jolie chanteuse. D’accord, c’est une femme fatale avec ses talons noirs, son chignon, son chemiser rouge et ses lèvres assorties. Mais avec son blouson informe, sa voix grave et sa guitare vissée à son torse comme une barrière entre elle et le reste du monde, elle semble rappeler que ce n’est pas qu’une chanteuse. Car c’est avant tout une guitariste, une vraie guitar hero.

Elle nous le prouve d’entrée de jeu avec la sublime instrumentale « Rider To The Sea ». Suivront « Suzanne and I », « Blackout », « I’ll Be Your Man », etc. Ces deux musiciens sont tout aussi excellent : un batteur et une guitariste-percussioniste-joueuse d’harmonium. Je ferme les yeux et me laisse complètement emportée par la voix d’Anna, qui prend toute son ampleur en live, et me fait oublier toutes les influences « harveyennes » et « smithiennes » que j’avais bien voulu lui coller. « Love Won’t Be Leaving » est magistral, avec son solo de guitare. Le concert se finit sur « Jezebel » (classique américain repris par Edith Piaf) qu’elle interprète en français ! Elle nous le fait remarquer timidement au milieu de la chanson « It’s the first time I have ever sung it in french. I did it for you. I’m nervous. I forgot the script. Can you forgive me ? ». J’avais juste envie de la prendre dans mes bras et de lui demander de devenir ma nouvelle meilleure amie.

Pause sandwich raclette devant (enfin, façon de parler, j’étais bien au loin assise sur la pelouse, mais le son était assez fort pour que j’entende) Deftones. Ventre affamé n’a point d’oreilles, je n’ai pas vraiment fait attention à leur prestation. De même pour Nneka, chanteuse d’origine nigérienne dont la musique mixe soul, reggae, hip hop. Elle a eu du mal à faire réagir le public de Rock en Seine qui devait commencer à montrer des signes de fatigue en ce dimanche soir.

En tout cas la fatigue était bien présente de mon côté, et j’avais prévu de faire ma mamie en partant à la moitié du concert d’Archive. Et puis à 22h, l’orchestre est entré sur scène. Le quoi ? Ah oui, Archive avec orchestre symphonique pour finir un festival, ça a de la gueule. Les violons ont commencé, et je crois que j’ai su dès ce moment là que ce n’est pas ce soir que j’allais rattraper mes heures de sommeil ! Le groupe entre sur scène sur une longue intro de l’orchestre et entame « Controlling Crowds ». Pour le coup, contrôler la foule, c’était bien parti.

Deuxième chanson : « Fuck You », certainement la plus connue du grand public. J’ai eu l’impression que la jouer en début de set était une manière de dire : vous l’avez eu votre tube, ceux qui veulent partir, allez y, maintenant on va faire notre show. Mais vous inquiétez pas les mecs, je reste moi ! Les chansons s’enchaînent, rock progressif, électro, trip hop, magnifiées par l’orchestre. David Penney et Pollard Berrier se partagent le micro, rejoints régulièrement par le rappeur Rosko John et la chanteuse Maria Q. Toujours dans le mélange des genres. Pas de blabla, juste quelques « Thank you » et « How are you ? ». J’ai l’impression de connaître toutes les chansons (ce qui n’est pas du tout le cas), je suis subjuguée par The Empty Bottle. Je ne sais pas où donner de la tête sur scène entre l’orchestre, les 2 chanteurs totalement habités, Darius Keeler, un des membres fondateurs du groupe, qui donne vie à son clavier, et tous les autres musiciens excellents.

Le concert termine sur « Dangervisit » et « Again » qui finiront de m’achever, avec mention spéciale pour David Penney (troisième coup de foudre de Rock en Seine 2011…) totalement en transe, et moi avec, sur cette dernière. Une fin juste parfaite, pour un très bon festival, qui me laisse juste assez de force pour rentrer chez moi me coucher.

Rendez-vous pour en 2012 pour la 10ème édition de Rock en Seine !

Photo 1 (Concrete Knives) : (c) StreetPress
Photo 2 (Anna Calvi) : (c) StreetPress
Photo 3 (Archive) : (c) isatagada

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