Avant tout, big up à Fabrice qui m’a envoyé un petit mail (via le formulaire) pour me parler de son dernier coup de coeur, ce que vous devriez tous faire. Car ce mail m’a donné envie d’aller écouter l’EP de Florence & The Machine qui traînait depuis quelques semaines sur mon ordi, et suite à ça de me procurer l’album. Et tout ça débouche sur un de mes gros coups de coeur de l’année. Lungs est le premier album de ces Anglais, et très certainement une des meilleures choses que la Grande Île nous a offert depuis Bat For Lashes.
Sortie : 6 juillet 2009 (G-B)
Label : Island / AZ
Stéréotypes : Pop-rock
Liens : Ecouter - Voir - Télécharger
Je ne vous ai, il me semble, jamais parlé de Lily Allen dans ce blog, mais j’ai eu l’occasion à d’autres occasions de dire tout le bien que je pensais de la petite Londonienne. Oui, j’aime bien ce qu’elle fait. Ok, c’est affreusement formaté, lisse, mais c’est de la pop efficace et c’est super agréable à écouter, en plus d’avoir donné un coup de frais à la pop britannique qui en avait bien besoin.
J’vous ai, brièvement, parlé de La Roux, autre phénomène proclamé “next big thing” par la presse britannique comme une douzaine d’autres groupes qui finalement ont toutes les chances de finir en “one-hit band” avant de retomber dans l’anonymat (White Lies, VV Brown, je vous regarde). À moins d’un reboot à la Jack Peñate. La Roux est différente, mais son album est largement décevant par rapport aux singles qui ont fait monter la hype.
‘faut que j’arrête les anglicismes now. Florence & The Machine est aussi objet de culte par les adorateurs de la hype, mais faites-moi confiance, elle est différente.
Ce premier album attire les superlatifs. Je vais essayer d’être méthodique (une fois n’est pas coutume).
Tout étonne, en fait. La voix de Florence Welch est l’une des plus belles à éclore dans le paysage pop mondial depuis un trèèès long moment. Influencée par la soul, le psychédélisme de Grace Slick du Jefferson Airplane, le gospel, l’excellence pop de Tori Amos, sa compatriote Kate Nash, Florence a un potentiel vocal incroyable et, chose incroyable : elle l’utilise !!! Qu’elle murmure, hurle, ou se la joue diva r’n'b, tout fonctionne parfaitement. J’en ai tellement marre des chanteurs et chanteuses qui semblent avoir la capacité de lâcher les cheveaux et qui n’arrêtent pas de se retenir, de se la jouer modeste.
Florence est un peu barjot sur les bords et surtout elle ne cherche pas à se conformer à ce que recherchent les maisons de disques (certes, le single “Rabbit Heads” lui a été commandé, si j’ose dire, pour des raisons commerciales, et se révèle être l’un des morceaux les moins intéressants du disque, à oublier). Toutes les chansons de Lungs où presque possèdent des climaxes, des sommets émotionnels, des “moments wahou” comme j’aime à les appeler. De grands crescendo (di ? da ? du ? mes années de latin sont trop loin…) qui portent la voix de Florence comme la vague porte la surfeuse, sans jamais la faire tomber.
Impressionnant. Il se dégage de Florence une assurance, une confiance en elle, une joie perceptible même derrière les chansons un peu plus mélancoliques que les autres (”Between Two Lungs”) qui se rapproche plus de la maturité que de la naïveté apparente d’une Lily Allen. Avec Florence & The Machine, z’arrivez dans une autre dimension. Fini de jouer, plongez dans l’magnifique.
L’homme aux manettes de la production s’appelle Paul Epworth (Bloc Party, Friendly Fires, Jack Peñate, Kate Nash (tiens !)) et ça se sent. Tout semble fait pour envoyer l’auditrice au 7ème ciel : une rythmique dantesque (”Drumming”, “Blinding”), des choeurs qui font s’envoler, et surtout une apparente maîtrise, à la fois par le backing band et le producteur, de la personnalité exubérante de Florence, de ses envies et idées pléthoriques. De ce côté-là, tout n’est pas parfait, j’me suis parfois dit qu’ils en faisaient peut-être un peu trop et que certaines chansons étaient gâchées par une instrumentation trop lourde, des choeurs inutiles, bref, qu’elles auraient pu être plus jolies en version acoustique (”My Boy Build Coffins”).
Mais en même temps, c’est ce qui fait le charme de cette fille ! C’est cette impression - qui est plus qu’une impression d’ailleurs - qu’elle fait réellement tout ce qu’elle veut, comme elle veut. Ça paraît bizarre de dire ça, mais la pop est tellement bouffée par les contraintes imposées par les maisons de disques qu’on se demande parfois si l’artiste dont le nom est en haut de l’affiche a effectivement bossé sur ce qu’elle interprète…
S’il vous faut des noms, je vous donnerai Bat For Lashes (”Cosmic Love”, “Blinding”), Adele et notre Camille nationale pour l’aisance vocale à toute épreuve, KT Tunstall (sur l’excellentissime “Kiss With a Fist”) pour son sens de la mélodie pop imparable et même carrément les White Stripes (”Girl With One Eye”), mais honnêtement Florence & The Machine transcende tous ces noms. L’impression qui gouverne l’écoute de ce disque, c’est celle d’avoir affaire à un classique pop, l’éclosion d’une très grande personnalité, prête à déferler sur l’Angleterre, puis toute l’Europe.
Lungs est un premier (!!!) album triomphant, c’est le moins que je puisse dire. Une vraie merveille. Avec des chansons comme “Dog Days Are Over”, “Drumming”, “Kiss With a Fist”, “Between Two Lungs”, “Hurricane Drunk”, cet album possède tout d’un classique et vous y trouverez très certainement votre bonheur si vous avez ne serait-ce que la moindre petite affinité avec la pop. Jetez-vous dessus. Et puis cette reprise de “You’ve Got the Love”, ma-ma-maaa…
Florence & The Machine est déjà réputé pour ses performances live bouillantes d’énergie, c’est à ne pas manque s’ils passent un jour près de chez vous (ceux qui les ont vus aux Eurocks de Belfort pourront confirmer).
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6 commentaires
En effet c’est vraiment pas mal du tout en Live (pour ce que j’ai pu en voir). Ça méritait d’ailleurs sans doute une scène un peu plus grande …
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“Avant tout, big up à Fabrice qui m’a envoyé un petit mail (via le formulaire) pour me parler de son dernier coup de coeur, ce que vous devriez tous faire.”
Je relis ces mots et je rigole bien, à chaque fois que j’ai voulu partager un groupe, je me suis pris un gros vent! Je saurais où ne pas partager la prochaine fois! Ahah!
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“You are not alooooone”
Je scotche pareillement sur cet album depuis quelque temps, et j’avais ce même sentiment de lâchage complet de sa part au niveau vocal. Elle hésite pas en effet, mais ne tombe pas du côté obscur de la force, c’est à dire du too much/ridicule. J’ai aussi pensé à Kate Bush en l’écoutant…
En tout cas merci pour cette chronique très juste!
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je suis complètement croque de kiss with a fist, un des meilleurs titres de l’année ^^
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Je découvre Florence & The Machine via ce mix de The XX :
http://thefader.cachefly.net/Youve-Got-The-Love...
Je suis en plein première écoute de l'album Lungs et je ne m'étonne même pas de trouver cette excellente critique ici :) Quel univers, je suis totalement embarqué !
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Jolie chronique, et je partage ton enthousiasme… : http://starsareunderground.fre.....lungs.html
Par contre il semble bien que la demoiselle commence à déchainer les passions, comme Muse avec les “pro” et les “anti”. Moi j’ai choisi mon camp!
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