Critique de « Shake / Shiver / Moan » (2010) des 22-20s

22-20s
Shake/Shiver/Moan

Label : TBD Records
Sortie : 19/5/10 (Japon), 22/6 (US)
Stéréotype : Pop-Rock

Site officiel
MySpace
Acheter (import)

L’annonce de la reformation officielle des Anglais en septembre avait été une vraie putain de bonne nouvelle. Ils s’étaient séparés après que Martin Trimble et les autres membres du groupe n’aient pas réussi à se mettre d’accord sur la direction artistique qu’ils souhaitaient prendre. Ils sont finalement arrivés à un accord, ont recommencé à tourner en Angleterre sous le pseudonyme Bitter Pills, l’un des titres qui figurent sur ce nouvel album, avant d’officialiser tout ça en sortant « Latest Heartbreak » en single (sans la moindre annonce, c’est en allant faire un tour sur leur MySpace que je l’ai appris !). Shake / Shiver / Moan n’a toujours pas de date de sortie en Europe, mais je peux déjà vous dire que c’est un digne successeur de 22-20s, sorti il y a déjà 6 ans.

Le premier album du groupe était un pur album de blues-rock, vous pouvez aller relire ma chronique ici. De l’aveu même de Martin Trimble, après la tournée qui suivit la sortie du disque, le son des 22-20s ne l’intéressait plus. Le nom du groupe provient d’une chanson de Skip James, le blues était l’identité même du groupe, mais Trimble voulait s’en détacher. De ce fait, Shake / Shiver / Moan est un véritable album de pop-rock, même si l’on peut toujours y trouver des traces de blues. Je m’attendais à un virage stylistique compte tenu des déclarations du leader, mais secrètement j’espérais aussi qu’ils réussissent à sortir un album de blues-rock de la trempe du précédent.

Mes morceaux préférés sont, vous vous en doutez, sont les plus étourdissants, ceux qui font monter l’adrénaline, et de ce côté on est plutôt gâté. En fait l’album alterne entre morceaux super énergiques et d’autres plus lents, où l’on retrouve le goût du groupe pour le blues et la folk (« Bitter Pills », « Morning Train », « 96 to 4 »). Cette alternance n’est pas déstabilisante pour un sou, les Anglais ont le don de nous accrocher quel que soit le rythme des chansons. Que ce soit par la mélodie, l’ambiance, souvent mélancolique, j’ai trouvé très facile de se laisser happée par chaque chanson.

« Heart on a String » est le parfait morceau d’ouverture. La batterie galopante, les guitares qui s’entremêlent, la moooontée en puissance progressive… Shake / Shiver / Moan, le titre de l’album ne laissait pas l’ombre d’un doute quant aux thèmes abordés par Martin Trimble. Peines de coeur (« Shake, Shiver, and Moan »), impression que sa vie ne va nulle part (« Bitter Pills », sur laquelle j’imagine Trimble, une cigarette à moitié consumée au coin des lèvres, yeux dans le vide), les déceptions qui s’accumulent… « Time has taught you so / Keep your expectations low / Time has taught you slow / But you should know by now », chante-t-il sur « 4th Floor ».

Le coeur de l’album, c’est « Latest Heartbreak » et « Shake, Shiver, and Moan », et ce sont en plus mes morceaux préférés. Le second risque de finir dans mon top 5 de l’année, je vais donc m’y attarder : GNNNNH, c’est bon ! Voila. Non, sérieusement, ce titre symbolise le succès du renouveau artistique du groupe, c’est une immense réussite, sur tous les plans. Les choeurs, absents du précédent disque, secondent à merveille le chant de Trimble, le crescendo est à se taper la tête de bonheur contre un mur quand, à la marque 4 minutes 2 secondes, la fusée 22-20s décolle enfin vers jenesaisoù, et nous avec. Gé-nial.

Difficile de reprendre après ce triomphe, mais « 4th Floor » s’en occupe plutôt bien : il ouvre la deuxième moitié de l’album qui ne sera plus marquée par un autre morceau gigantesque mais qui continue à me séduire. « 96 to 4 » m’ennuie un peu, tandis que « Let It Go » confirme l’intérêt nouveau du groupe pour les harmonies vocales, en plus d’être très bon. « Morning Train » clôt l’album tout en douceur ; le visage de John Lennon est soudain apparu dans ma tête. Splendide morceau.

Le morceau d’ouverture est parfait, le coeur de l’album est parfait, la conclusion est parfaite. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise. Il est bien difficile de ne pas penser à des classiques du rock américain et anglais, des Byrds à Oasis, en écoutant Shake / Shiver / Moan. Ce disque ne révolutionne rien, je m’y suis senti très rapidement à l’aise, mes repères n’ont pas été complètement bouleversés. Le premier album des 22-20s avait déjà été sous-estimé à mon goût, je doute que celui-ci bénéficie d’un traitement différent, je vous invite donc à vous le procurer, vous ne serez pas déçus !

Pas de commentaires

Laisser un commentaire


Reçois les nouveautés par email

Rejoins les 1000+ abonnés ! Entre ton adresse email, clique sur le bouton, entre le code pour vérifier que t'es pas un robot, puis direction ta boite email pour valider ton abonnement :