Les 30 meilleurs albums de 2010
01 | The Black Keys – Brothers
« L’album étonne par toutes les expérimentations stylistiques que Dan Auerbach (voix, guitare) et Patrick Carney (batterie, production) se permettent. Il n’y a pas de virage stylistique à 90°, ce sont des petites touches par-ci par-là, un clavecin, mellotron (plein de claviers en tous genres en fait), la voix d’Auerbach (dont la justesse, la maturité, les possibilités encore inexplorées jusque-là sont la grosse surprise de ce disque) qui est plus belle que jamais, la production très claire et très soignée… (…) Il y a deux ans j’écrivais ne parlant des Keys que mon groupe préféré de blues-rock venait de changer de nom à leur profit. En deux ans, rien n’a changé. »
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02 | Wombs – Unitopians
« J’aime les choeurs sur « God is My Co-Pilot », « Heart & Lungs » et « Ghost Roach » (mes morceaux préférés), la manière dont le groupe arrive à construire des morceaux puissants sans en faire des tonnes, des morceaux qui vous englobent et vous élèvent quelques centimètres au-dessus de votre chaise, de votre lit, de n’importe où. (…) J’aime comment le violon est martyrisé dans certains morceaux (Ana Vasquez est l’auteur de ces violences), j’aime être surprise par les distorsions acrobatiques de guitares, des cuivres qui arrivent sans prévenir, être surprise enfin par l’immmmense « Cone Bearing Trees », une calvacade instrumentale de cinq minutes. (…) Unitopians offre des plaisirs multiples qu’une seule écoute ne pouvait découvrir et qu’une critique ne saurait dévoiler. »
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03 | The Black Angels – Phosphene Dream
« Je pense que cet album suscitera deux opinions extrêmes : d’un côté la perplexité des fans habitués à des albums plus monolithiques et qui seront peut-être mal à l’aise face à des morceaux comme « Sunday Afternoon » ou « Telephone » ; et de l’autre côté l’admiration (ou à tout le moins une amorce d’intérêt) de ceux qui n’avaient pas du tout accroché aux deux précédents disques. Personnellement, c’est l’album que j’attendais depuis 2008. Les Black Angels ont ajouté des couleurs à leur rock psychédélique, et c’est pour le meilleur. (…) Très vite je me suis faite à ces nouveautés. Mieux, j’y ai pris goût. Pourquoi lutter ? Des tas de groupes jouent ce genre de musique, mais tombent invariablement dans les clichés. Très peu arrivent à transcender leurs influences comme les Black Angels. »
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04 | Wolf Parade – Expo 86
« Quand les beats dansants de Boeckner rencontrent les paroles étranges de Krug et son penchant pour un rock baroque, vous obtenez des classiques indie-rock. C’est aussi simple que cela. (…) Je le répète, cet album est le meilleur du groupe à ce jour. Jamais les personnalités musicales de Boeckner (le rockeur tatoué aux riffs implacables) et Krug (musicien à l’univers excentrique, aux mélodies complexes, avant-gardistes) ne se sont aussi bien combinées. « Pobody’s Nerfect » en est le parfait exemple : ça commence par une bonne gifle électrique, enchaîne avec la mélodie pianotée de Krug, et petit à petit la machine se met en route, passe la première, la seconde, et tout ça se termine dans un putain de feu d’artifices, pour l’un des meilleurs morceaux du disque. »
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05 | Caribou – Swim
« Pour vivre ce disque, il faut fermer MSN, Twitter, GMail, votre porte et vos fenêtres, tuer le bébé d’à côté et laisser votre esprit se balader librement. (…) En ne prenant en compte que mon expérience personnelle, j’pense qu’il y a un petit effort d’immersion à faire. Un peu comme lorsque vous êtes dans votre bain et que vous vous immergez volontairement pendant quelques instants. Mon expérience avec « Sun » était plus une coïncidence qu’autre chose. Dan Snaith ne vous y pousse pas, sa voix est toujours en retrait par rapport à la musique. Il n’essaye de pas de rivaliser vocalement avec elle, c’est impossible, il préfère plutôt l’accompagner et proposer une histoire, des mots sur lesquels on peut construire nos propres scénarios. »
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06 | Holy Fuck – Latin
« Holy Fuck est un groupe d’électronica instrumental, avec deux batteurs, et leur processus créatif repose essentiellement sur l’improvisation. Concrètement, ils envoient de la bûchette post-rock avec des soupçons d’électronica qui dérivent quasi-invariablement vers un raffut à s’en déchirer l’épine dorsale à force de secouer la tête et tous les organes qui ne sont pas paralysés par les déflagrations sonores des Canadiens. (…) Les choses sérieuses commencent véritablement avec « Silva & Grimes » où j’retrouve les Holy Fuck de LP, encore meilleurs, encore plus précis, plus dingues, plus géniaux que jamais. C’est là aussi que j’me rends compte que le groupe a réussi à se créer une identité sonore particulière, avec ses générateurs de bruits électro et ses deux batteries qui vous martèlent les tympans sans pitié. (…) Latin est pour moi le meilleur album du groupe. »
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07 | Ty Segall – Melted
« Vous m’avez entendue jacter à tout bout de champ sur le mouvement lo-fi. Et bien voila la cerise, la crème et la pièce montée toute entière. Là où 98% des groupes se contentent de faire du bruit, Ty Segall fait montre d’une grande créativité et d’une culture musicale à tomber par terre. (…) Il m’a fallu un temps d’adaptation pour comprendre que le frénétisme avait laissé place en fidélité, en songwriting, en clarté des lignes de guitare, et osons : en maturité. (…) Sur Melted, Ty met les freins, ralentit le rythme, sans que sa musique perde en puissance. En trente minutes chrono il nous claque onze morceaux de grande tenue. »
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08 | Laura Marling – I Speak Because I Can
« Le titre de l’album, I Speak Because I Can, plein d’assurance, prend corps avec le plus de force sur « Devil’s Spoke », « Rambling Man », « Alpha Shallows » ou encore « Hope in the Air ». Ce n’est pas moins que de la rage qu’elle semble exprimer dans sa manière de frotter les cordes de sa guitare. Le banjo et la mandoline rajoutent un côté dramatique, poignant, aux morceaux. Et cette voix… Si profonde, si calme, si étonnamment calme et sereine là où la tentation d’impressionner son monde doit être forte. Mais non, à 19 ans (elle en a 20 maintenant) elle fait preuve d’une subtilité, d’une finesse dans son chant qui m’a totalement captivée. Et puis elle articule très bien. »
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09 | The Sticks – The Sticks
« Ils tirent leurs inspirations du garage rock des années 1960, de toute la période punk et post-punk des années 1970s. Le terme « brut » n’est pas assez fort. Enregistré dans les conditions du live dans une salle à l’acoustique vraisemblablement merdique, avec un matériel à chier et des musiciens maîtrisant tout juste les rudiments de leurs instruments, cet album est sauvage, urgent, bref, c’est du rock’n’roll, du vrai, du beau gros rock’n’roll tout droit venu d’un garage de Brighton. C’en est presque émouvant, j’vous jure. Un retour aux sources plus que rafraîchissant, salutaire. »
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10 | Gil Scott-Heron – I’m New Here
« C’aurait pu être une catastrophe, retirer le poète soul de son environnement musical habituel et le plonger dans un univers dubstep noir et étrange. Mais ce qui caractérise les précédents disques de Gil Scott-Heron est toujours présent dans celui-ci : l’immédiateté avec laquelle il absorbe toute mon attention dès les premières secondes de « Coming From a Broken Home » est stupéfiante (sans jeu de mots). Le moindre doute sur la qualité du disque s’est envolé et à juste titre. 28 minutes plus tard, l’impression d’avoir écouté un grand disque n’allait pas me lâcher. »
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11 | Cheveu – 1000 Mille
 | 12 | Benoît Pioulard – Lasted
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13 | Archie Bronson Outfit – Coconut
 | 14 | The Fall – Our Clutter, Your Future
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15 | Suckers – Wild Smile
 | 16 | Clogs – The Creatures in the Garden of Lady Walton
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17 | No Age – Everything in Between
 | 18 | Swans – My Father Will Guide Me Up A Rope To The Sky
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19 | 22-20s – Shake / Shiver / Moan
 | 20 | Sharon Jones & The Dap-Kings – I Learned the Hard Way
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21 | Beach House – Teen Dream
 | 22 | These New Puritans – Hidden
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23 | John Grant – Queen of Denmark
 | 24 | Solar Bears – She Was Coloured In
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25 | The Black Box Revelation – Silver Threats
 | 26 | Love Is All – Two Thousand and Ten Injuries
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27 | The Soft Pack – The Soft Pack
 | 28 | Black Rebel Motorcycle Club – Beat the Devil’s Tattoo
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29 | Janelle Monae – The ArchAndroid
 | 30 | Liars – Sisterworld
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Eddie Williamson – 23 décembre 2010 – Lien à partager :