Critique de « Coconut » (2010) de Archie Bronson Outfit

  • 13 avril 2010
  • Par Eddie

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Liste de lecture

1 | Magnetic Warrior
2 | Shark’s Tooth (mp3)
3 | Hoola
4 | Wild Strawberries
5 | Chunk
6 | You Have A Right to a Mountain
Life / One Up on Yourself (Medley)
7 | Bite It and Believe It
8 | Hunt You Down
9 | Harness (Bliss)
10 | Run Gospel Singer

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Cliquez sur la pochette pour écouter l’album.

Je découvre Archie Bronson Outfit avec cet album. Evidemment, depuis ma première écoute de Coconut j’ai écouté les deux précédents, dont Fur, le 1er, produit par un certain Jamie Hince (The Kills). Mais c’est sans rien connaître du groupe, de leur réputation, de leurs antécédents, et donc sans aucun a priori que Coconut m’est arrivé dans les oreilles lors d’une énième razzia chez mes dealers d’albums préférés. Ils sont donc Anglais, ce disque est leur troisième, il est produit par môssieur Tom Goldswhorthy (DFA Records), et je l’adore.

J’sais pas si vous êtes au courant, mais il y a une réédition du Raw Power des Stooges qui devrait arriver incessamment sous peu dans les bacs – une expression en voie de disparition – et qui devrait être absolument merveilleuse. Je vous en reparlerai. Coconut n’a pas grand-chose à voir avec la merveille du groupe d’Iggy Pop, à part sur « Wild Strawberries ». Ce morceau à lui seul vaut que vous vous attardiez sur l’album. Pfffouah. Quelle puissance, les enfants ! 2’40 » d’une vague psyché foudroyante et sans compromis, puis 23 secondes de calme pour fermer votre bouche et remettre votre cerveau à l’endroit. RaaaAAAh quel pied !

Niveau psychédélisme, le trio anglais avait frappé fort d’entrée avec « Magnetic Warrior », un morceau mastodonte que j’imagine très bien joué sur les flans d’un volcan en pleine éruption, la barbe de Sam Windett prenant feu, tous les membres du groupe se transformant en démons cornus, enfin vous voyez le genre. C’est plus du rock fiévreux à ce niveau-là, ça sent carrément le souffre ! « Wild Strawberries » et « Magnetic Warrior » sont deux des trois gros délires jouissifs et psychédéliques du disque et, vous vous en doutez, mes morceaux préférés. C’est comme ça, j’aime les trucs puissants qui me mettent des images de volcans et de démons en tête. Je m’étonne moi-même de ne pas aimer le métal à vrai dire.

Coconut est un disque très bizarre. Il n’y a pas vraiment de fil conducteur, il n’est pas non plus uniformément excellent, le très folk et surtout très répétitif et lassant « Hunt You Down » m’a fait bailler à de nombreuses reprises tandis que « Run Gospel Singer », aussi bizarrement joyeux soit-il, me sort par les trous de nez.

Il y a donc des moments vraiment à chier, et d’autres absolument géniaux. Prenez « Shark’s Tooth », le single, digne des plus grands morceaux des Flaming Lips, terriblement groovy, le groupe trouvant l’alchimie parfaite entre disco et garage punk. Et croyez-moi, pour que ça me plaise, c’était pas gagné. Ils transforment l’essai – oui, j’ai regardé le rugby dimanche – sur « Hoola », une des chansons les plus accessibles du disque. En fait j’ai un peu perdu la notion d’accessibilité, donc peut-être que ce morceau vous semblera aussi obscur qu’une b-side de krautrock irlandais, mais j’en doute. C’est post-punk, c’est accrocheur, c’est excellent. Il y a même une voix féminine enchanteresse (dieu sait qu’on ne trouve pas ça dans le krautrock irlandais).

Et, sorti de nulle part, un morceau délicieusement funky. Résumons : un volcan, des démons cornus, des baillements, de la disco, du garage punk, du post-punk groovy et maintenant, du funk. What the fuck. C’est complètement inattendu et le pire, c’est que c’est sacrément efficace. On dirait du Gang of Four pour sortir la référence incontournable, mais ça m’a surtout fait penser au Tom Tom Club de Tina Weymouth. « Chunk » n’est que le 4ème morceau, mais arrivée là j’en avais déjà pour mon argent (si j’ose dire).

La seconde moitié du disque est plus décevante, mise à part « Harness (Bliss) », qui semble aller de pair avec « You Have A Right to A Mountain / One Up On Yourself », le troisième missile thermonucléaire psychédélique de l’album. Percussions tribales, ambiance très space, ce morceau est juste complètement timbré. Il n’atteint pas les niveaux de puissance frénétique de « Wild Strawberries », mais il m’a sacrément impressionné également.

Grand album, même si ça me semble évident qu’Archie Bronson Outfit peut faire encore mieux et je ne doute pas qu’ils y arrivent. Coconut s’impose en tous cas comme l’un de mes albums préférés de l’année !

Photo d’illustration : davema

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I’m discovering Archie Bronson Outfit right now with this album. Indeed I’ve had an ear on the two albums preceding Coconut, including Fur which was the first one, produced by some guy called Jamie Hince (The Kills). Knowledge-free of the band or their reputation, or whatever they did before landing in my ears during the latest raping of my favorite album-dealers, I’m judging with nothing to expect from it. Here’s what I know : they’re English, that’s their third disc and it’s produced by meister Tom Golsworthy (DFA Records) and I love it.

‘Don’t know if you heard about that but there’s a re-edition of Stooges’ Raw Power coming up later on which is expected to be severely awesome, if one may say. But let’s talk about it when it’s there. Coconut has nothing to do with that latest marvel from Iggy Pop’s, except on “Wild Srawberries” : it is itself good enough a reason to get the album. Jeez, how blowing is that ? 2’40” of uncompromising psychic wave then 23 quiet seconds allowing your brain to come back where it’s supposed to be. Heaven !

On the psychedelic level, this English trio nailed it from the very beginning with “Magnetic Warrior” : a huge piece which couldn’t fit anywhere better than on the flank of an erupting volcano with Sam Windett’s beard ablaze, and the other members turning into demons.
That disc is gonna take down all European flights soon, I tell you. “Wild Strawberries” and “Magnetic Warrior” are two of the three big orgasmic deliriums on the album, making them my two favorites, as you guessed it. Can’t help it. I just like powerful stuff displaying volcanoes and demons in my head. Surprising fact that I don’t like metal, if I’m honest.

Coconut is a very weird disc. No real “storyline”, and all the titles aren’t really on the same level of excellence. “Hunt You Down”, very folkish and repetitive as hell, made me yawn several times while “Run Gospel Singer” is just unbearable, as strangely happy as it may be.

So bits of the album are really nothing to be proud of, and others are simply genius-like. Take “Shark’s Tooth” for example. It could seriously be in Flaming Lips’ top songs : harshly groovy and stunningly blending disco and garage punk. Believe me, for me to like that kind of stuff you really ought to make something big. Score on “Hoola”, the most easy-access song of the album. I might have lost it a bit about what’s “accessible” though, so maybe this song will sound like a b-side from an Irish Krautrock but I doubt it. It’s post-punk, it’s catchy, it’s excellent. There’s even a bright feminine voice (and god knows that’s nowhere to be found in irish krautrock).

And out of nowhere, a delicious funk. Let’s sum up : a volcano, demons, yawns, disco, garage punk, post-punk and now, funk. Que cojones…? Unconceivable, and much worse : it works. Sounds like Gang of Four if I’m allowed to use such a classic as a reference, but that made me think more especially about Tina Weymouth’s Tom Tom Club. “Chunk” is only the 4th song, but at this point it’s already worth the money you spent for the whole album.

Second half of it is a bit more disappointing, except “Harness (Bliss)” which seems to pair with the third nuclear bomb of the album : « You Have A Right to A Mountain / One Up On Yourself ». Tribal drumming, unearthly ambient, just a silly song. Doesn’t reach “Wild Strawberries’ ” density but yet very impressive.

Great album. But there’s more to be expected from Archie Bronson Outfit. They can do better and they will. Coconut is now in my box-o’-favs year 2010 !

Photo : davema

Il y a 7 commentaires.

  1. Enfin une critique positive, je me sentais seul.

  2. L’album de l’année un point c’est tout !

  3. Je les ai vus (à moitié endormi) à « Ce soir où jamais », et j’ai halluciné…

  4. In reply to Marc

    Ils ont joué « Shark’s Tooth », mais je préfère la version studio pour le coup. Jolis costumes sinon :p

  5. pas si seul que ça matador, j’ai mis les pouces bien haut aussi chez moi :-)

    et pour l’instant je trouve qu’il tient la distance :)

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