Critique de « Mrs Jones’ Cookies » (2011) de The Sandwitches

The Sandwitches
Mrs Jones’ Cookies
Label : Empty Cellar
Sortie : 19 mars 2011 (US)
Stéréotypes : Pop, folk, indie

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Les filles de The Sandwitches me font penser à celles de CocoRosie, complètement à l’aise dans leur étrangeté. Celle des Sandwitches est moins pan-dans-ta-face-je-me-colle-des-moustaches-bleues, il faut gratter un peu la surface pour s’en rendre compte. Prenez « In the Garden », le morceau d’ouverture de leur second album, et dites-moi que vous n’avez pas l’impression de flotter dans une énigmatique et confortable brume. Mauve, la brume. Ou alors ce sont les effets de mes antibiotiques. Bref.

Cet album n’est pas outrageusement exceptionnel, c’est pourtant l’un des plus agréables et rafraîchissants que j’ai pu écouter cette année. Les Sandwitches (quel nom ridicule) évoluent au sein de la même scène pop et psychédélique que les Fresh & Onlys, les Sic Alps et compagnie, dont le QG est la Baie de San Francisco. Aucun des groupes de cette scène ne produit une musique comme celle des Sandwitches sur cet album. Déjà, personne à ma connaissance ne s’est fendu d’un solo de piano jouet. C’est une variation pop plus aérée, plus harmonieuse, plus folk, plus country, plus tout un tas de choses qui en font une vraie petite merveille. Si vous aviez eu la chance d’écouter leur premier disque, le relativement brouillon How To Make An Ambient Sadcake, vous serez peut-être surpris (agréablement je l’espère) de la direction prise par le groupe. Le résultat est toujours un peu inégal, mais bien plus réussi.

Certains moments sont moins agréables que d’autres, évidemment, comme leur « Summer of Love » où les voix de Heidi Alexander et Grace Cooper se la jouent Icare. A l’inverse, l’inquiétant « Heaviest Head in the West » ou le lumineux « Lightfoot » sont les hôtes de performances vocales rares et bienvenues. Je trouve assez difficile de cerner ce qu’elles ont voulu faire sur ce disque. Il y a un côté « sépia » qui explique peut-être pourquoi je m’y sens si confortable (oui, j’aime les vieux machins, et ceci n’est pas une allusion graveleuse). Les influences country et folk y sont définitivement pour quelque chose. « Over the Moon » me rappelle au bon souvenir d’Alela Diane ou Bosque Brown, des artistes dont l’authenticité et les voix d’un autre temps font merveille.

Mrs Jones’ Cookies, nébuleux et clair-obscur, est une réussite qui en appelle d’autres. Je n’imagine pas les Sandwitches passer plus longtemps inaperçu dans le paysage musical américain. Quant à les voir un jour en France, il faudra attendre encore un peu.

« In the Garden »

« Over the Moon »

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