Critique de Two Thousand and Ten Injuries (2010) de Love Is All image photo pochette cover
Love Is All
Two Thousand and Ten Injuries

Label : Polyvinyl (site)
Sortie : 23 mars 2010
Stéréotype : Indie-Pop-Punk-Palapapa

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Un micro-blog très moche et rempli de mauvaises choses (ou pas) nous affirme que les Suédois auraient inventé la pop. Ce qui est sûr c’est qu’avec Radio Dept. ou Miike Snow, ils font tout ce qu’ils peuvent pour mettre au point des mélodies à apprendre par coeur en moins de 5 secondes et faire fondre les coeurs avec leurs paroles mélancoliques. Love Is All est un quintet indie-pop de Göteborg, mais leur truc c’est pas trop la mélancolie, mais plutôt un bazar post-punk avec des « palapapa », un saxophone, des beats disco, qui tient ses racines dans les clubs, les machines à fumée et la dance… C’est une pop qui ne tient pas en place !

Le thème principal, vous vous en doutez, à moins d’être en état de mort cérébrale, c’est l’amour. Josephine Olausson ‒ qui réalise aussi les pochettes et les clips du groupe ‒ n’y va pas par quatre chemins pour faire un constat de ses expériences en la matière, faits de joies, déboires en toutes sortes, regrets… En observant d’un peu plus près les paroles on est pas loin d’une auto-critique en règle ! Elle sait se faire riot-grrl, à chanter à tue-tête un peu comme une ado qui voudrait emmerder ses parents en imitant Joan Jett devant son miroir, mais sa voix sait aussi se faire super-mignonne (nul doute que certains la trouveront énervante au plus haut point) sur des morceaux un peu plus lents comme « Never Now », « A Side In A Bed » ou le velouté « Take Your Time » qui clôt le disque et donne envie de faire un câlin au premier truc à portée de main (« papaaaa ! »).

Love Is All maîtrise tellement bien leur son qu’ils peuvent passer sans effort de la twee-pop la plus chou au punk à la Slits, c’est-à-dire avec une forte influence reggae (« Less Than Thrilled »), puis revenir à un rock’n'roll basique et ultra-efficace à la Bo Diddley, et faire un tour du côté de la new wave, puis faire péter les percus ethniques… Le crédit revient musiciens, et particulièrement le bassiste Johan Lindwall (on parle rarement des bassistes, mais là son boulot et talent s’entendent très clairement), pour avoir rendu ce disque aussi éclectique sans jamais perdre en qualité.

Si les recettes sont vieilles et le thème usé jusqu’à la moelle, le groupe a réussi à trouver sa place dans la galaxie indie-pop suédois en s’efforçant de ne jamais se répéter d’une chanson à l’autre. Il y a mille façons de cuire un chaton (ouais) et mille fois plus de faire de la pop écoutable en boucle jusqu’à ce que les vers vous mordillent les fesses, et Love Is All a visiblement trouver un excellent bouquin de recettes (qui doit être distribué dans les écoles suédoises, j’vois pas d’autre explication).

C’est bien simple, il n’y a rien à jeter dans Two Thousand and Ten Injuries. Il y a des albums dans mon best-of 2010 que je ne pourrais écouter deux fois de suite, celui-ci s’écoute tellement bien, il y a tellement de petites choses à apprécier que j’y reviens régulièrement avec un plaisir inchangé. Si vous recherchez de l’indie-pop joyeuse et inspirée, jetez-vous sur Love Is All !