Critique de « The Creatures in the Garden of Lady Walton » (2010) de Clogs

Clogs
The Creatures in the Garden
of Lady Walton

Label : Brassland (site)
Sortie : 2 mars 2010
Stéréotypes : Classique, Folk
Site officiel
MySpace
Acheter (mp3, 8,70€)

Avez-vous vu cet épisode de Fringe dans lequel Walter démontre que la musique classique permet de calmer l’activité neuronale, ou quelque chose du style ? Je ne sais pas pour vous, mais j’aime beaucoup travailler en écoutant de la musique, le problème c’est que mes goûts… Disons qu’à un moment dans mes playlists de révision il y a toujours quelques morceaux qui auraient tendance à abîmer les tympans les plus fragiles. J’ai donc pris la décision d’écouter un peu plus de musique classique pour mettre mon cerveau dans les meilleures conditions lors de mes séances de travail. Je doute que cette motivation fasse long feu (Black Flag + révision = examen réussi), mais ça fait au moins office d’ouverture à la phrase suivante : cet album de Clogs est donc arrivé au bon moment, celui où mon intérêt pour la musique classique est de retour.

The Creatures in the Garden of Lady Walton n’est pas un album classique au sens strict, loin de là. Un mini-opéra folk est le terme, probablement incorrect, que j’utilise pour le décrire autour de moi (ce que je déteste, soit dit en passant, parce qu’il faut résumer la musique d’un groupe en moins de deux phrases avant que l’attention de l’auditeur ne disparaisse). Je déclarai récemment sur Twitter en avoir marre d’écouter de la musique formatée, lorsque la seule manière de différencier les groupes est la voix du chanteur ou que vous pouvez citer de tête 15 groupes qui font à peu près la même chose. Après avoir tweeté ça sur un coup de tête je me suis replongée dans mes piles de disques (<= double-métaphore) et dans celle labellisée « à chroniquer d’urgence avant qu’un cancer ne t’emporte » se trouvait cette créature. Elle est l’œuvre de Padma Newsome (<= homme), qui signe tous les titres, et Bryce Dessner (The National). Des invités prestigieux prêtent leurs voix aux compositions merveilleures de Clogs : la fabuleuse Shara Worden (My Brightest Diamond) sur 5 chansons, Matt Berninger (The National) sur « Last Song » et Sufjan Stevens (Sufjan Stevens) sur « We Were Here » qui clôt joliment le disque (mais c’est vraiment pas ma préférée).

La musique de Clogs m’étant jusqu’alors inconnue, « Cocodrillo » eut la lourde tâche de me convaincre d’en écouter plus. Shara Worden et Padma Newsome, a cappella, des noms bizarres d’animaux, « these are the creatures in Lady Walton’s garden ». Je pense avoir eu pendant ce morceau la meme expression qu’Alice en entrant au Pays des Merveilles. Un mélange de « what the f*** » et de « woôôow.. » (la WTF-woôôow face est une marque déposée Eddie Williamson). Bref, mon exigence de musique non-formatée était remplie, même si tout ça ne faisait pas grand sens et que j’appréhendais la suite du disque qui aurait pu s’avérer être un enchaînement de trucs prétentieux et vaguement arty. Je me trompais complètement.

Après avoir écouté leur précédent disque, Lantern (), je me rends compte de l’évolution du groupe : là où Lantern était instrumental, The Creatures… fait la part belle aux performances vocales. Shara Worden, sans qui cet album n’aurait pas la même saveur, a l’air de prendre un plaisir fou sur des pièces baroques comme les exceptionnelles « On the Edge » ou « The Owl of Love ». Cette dernière illustre à merveille ce que je veux absolument souligner : nul besoin d’une quelconque éducation musicale classique pour apprécier ce disque. Pas la peine de vous taper l’intégrale de Brahms ou de Mozart, vous savez, celle que vous avez rangée dans un coin de votre ordinateur en vous promettant d’élever enfin votre culture musicale. Bon, si comme moi votre mère vous a fait écouter Le Carnaval des Animaux () de St Saëns quand vous étiez gosse, ça peut aider. La musique de Clogs fait appel à des choses familières, la folk, la pop, le post-rock, en associant ces influences à des arrangements de cordes et de cuivres typiques de la musique de chambre.

Le résultat ? Je parie que vous arriverez à la fin du disque sans vous être rendu compte que 40 minutes viennent de s’écouler. En tout cas c’est ce qui m’est arrivé, preuve que Newsome et Dessner sont parvenus à créer une oeuvre cohérente, accessible et franchement grandiose sur plusieurs morceaux. Très peu de disques sortis cette année m’ont ainsi époustouflée, ne passez pas à côté de The Creatures in the Garden of Lady Walton.

Reçois tous les nouveaux articles par email

Rejoins les 1000+ abonnés ! Entre ton adresse email, clique sur le bouton, entre le code pour vérifier que t'es pas un robot, puis direction ta boite email pour valider ton abonnement et commencer à recevoir les nouveaux articles publiés (1 à 2 emails par semaine) :


Il y a 2 commentaires.

  1. Oui oui c’est un épisode assez récent, il dit également que la musique électronique provoque une réaction contraire :)

    Il est vraiment bien ce Clogs sinon. J’avais commencé à écrire dessus au début de l’année, puis mécontent du résultat, j’avais supprimé. Ca m’a donné envie de le réécouter (ce que je fais de suite).

  2. In reply to Benjamin F

    J’sais plus si c’était uniquement la musique électronique, ou la musique rock/pop/électro en général. Enfin bref ça m’a marqué d’une certaine manière. J’adore Walter :)

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

hello