FUZZ – Fuzz (2013)

  • 27 septembre 2013
  • Par Eddie

FUZZ
Fuzz

(In The Red Records, 2013)

par Eddie

Je vous préviens, je risque de citer pas mal de noms de groupes dans ce papier. J’essaye d’éviter cela d’habitude, parce que je pars du principe que faire des comparaisons avec des groupes que vous ne connaissez pas forcément n’est pas la meilleure façon de vous donner envie d’écouter un album, mais là, ça va être dur. Fuzz est un groupe américaine formé vers 2011 par Ty Segall, un Californien dont je vous parle à peu près toutes les deux semaines sur ce site parce qu’il est complètement génial. Il est accompagné de Charlie Moothart, qui officie à la guitare et qui fait également partie du Ty Segall Band, et de Roland Cosio à la basse. De part son talent, son hyper-productivité et son éthique, Segall est à mon sens d’ores et déjà une icône du garage-rock, de la même manière qu’un John Dwyer (Thee Oh Sees) ou les Sic Alps. Alors quand il a annoncé qu’il allait lancer un nouveau groupe appelé Fuzz (nom d’un effet sonore lié à la saturation utilisé par les guitaristes et bassistes, popularisé en partie par Jimi Hendrix<), et que les termes « heavy », « proto-metal » et autres « Black Sabbath » ont commencé à apparaître dans ses interviews, vous pouvez imaginer mon excitation, qui s'est traduit comme à l'accoutumée par un « Oh putain ! » sonore.

Je partage pas mal de groupes et morceaux de garage-rock, psychédélique ou non, sur Le Choix, parce que c’est mon style de musique préféré. Expliquer pourquoi pourrait prendre des plombes, mais ce que j’aime est que ce style nous ramène aux racines du rock’n’roll, tout en ayant digéré le rock psychédélique, le blues-rock, le punk-rock et le rock alternatif des années 90. Une solide section rythmique, des riffs de guitare super accrocheurs et une bonne grosse louche de fuzz. Vous ajoutez à ça un chanteur ou une chanteuse à la voix pas trop désagréable, beaucoup de talent, et vous obtenez un groupe de garage prêt pour faire vrombir des amplis Marshall et les tympans et entrailles de milliers d’auditeurs en manque de friandises rock’n’roll non aseptisées.

Le premier album de Fuzz est donc un sacré bon album de garage-rock psychédélique. Rien de moins, rien de plus, j’essaye de me calmer au niveau des superlatifs en ce moment. Vous ne trouverez pas beaucoup d’albums de garage-rock aussi bons qui soit sortis ces dernières années. Croyez-moi, j’en ai écouté une tripotée. Steven Segall et le Colonel Moutarde s’en sont donnés à cœur joie dans cet album : il y a des riffs de guitare délicieux à tous les coins de rue, Segall s’est probablement déboîté douze fois les épaules à la batterie et à part deux morceaux un peu moins inspirés que les autres (« What’s In My Head », qui ressemble à un mashup Black Sabbath/Nirvana sans trop de saveur, et « Raise » qui est super bien exécutée mais sans rien de franchement excitant) ce disque s’écoute du début à la fin et douze fois d’affilée sans perdre une once de puissance et de fun. Ils se sont clairement éclatés à enregistrer cet album, ça saute aux oreilles. Ils semblent avoir une idée bien précise de ce qu’ils voulaient faire et ce qu’il en ressort est un album cohérent et homogène, c’est-à-dire une bonne tranche de heavy-rock plein de bonnes idées, à écouter bien fort dans l’casque.

Hé, finalement je n’ai pas cité tant de groupes que ça ! Mais bon sang ce que cet album baigne dans un océan de bonnes influences : j’entends les Stooges, Black Sabbath, MC5, Metallica, Nirvana, T-Rex… Boum, j’ai fait péter mon quota. Mais Fuzz a un son tellement distinct, et d’ailleurs tous les projets de Ty Segall ont un univers sonore et une imagerie tellement spécifique qu’il serait dommage de ne réduire son œuvre, et cet album, à une succession de bonnes influences. Comme je l’écrivais plus haut, le garage-rock est un style assez ancré dans le passé et il serait facile de dire que tout a été fait et refait un milliard de fois, quel tel morceau fait beaucoup penser à tel autre morceau, et blablabla. Mais c’est alors une performance d’autant plus impressionnante que de réussir à pondre, comme Ty Segall et ses acolytes, des centaines de nouveaux morceaux qui ne cessent de surprendre par leur qualité, inventivité et, beaucoup plus important, par le plaisir qu’ils procurent à leur auditoire. Cet album est tout simplement une nouvelle fournée de nuggets par trois des meilleurs artisans rock’n’roll du siècle (soyons fous). Mention spéciale à Charlie Moothart qui est franchement impressionnant pour le coup.

→ L’album sort le 1er octobre, vous pouvez le pré-commander ici et écouter trois extraits

Il y a 2 commentaires.

  1. Et pour ceux qui étaient à Bruxelles Mercredi et ben l’avant première était géniale (déjà quelques copies de l’album vendue aussi)

  2. Mais putain de merde d’album qui retourne la planète quoi

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